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Dépistage des voyageurs : « Pas l’idéal » d’attendre 2 semaines, admet le Dr Njoo

Le Dr Howard Njoo en point de presse.

L'administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, presse les voyageurs de continuer à prendre des précautions contre la COVID-19 à leur retour au pays (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Les voyageurs sélectionnés pour un test aléatoire de dépistage de la COVID-19 devraient pouvoir faire ce test le « plus tôt possible » après leur retour au pays, concède le Dr Howard Njoo, l'administrateur en chef adjoint de l'Agence de la santé publique du Canada.

Deux Ontariennes, Maddi et Tori Nixon, ont raconté à CBC qu'elles n'avaient toujours pas reçu de trousse de dépistage, alors qu'elles sont rentrées d'un voyage en Irlande le 29 mai.

Leur cas a été chaotique, ajoutent les deux soeurs d'Oakville, près de Toronto.

Maddi avait été choisie pour un test aléatoire de dépistage, mais elle n'en a pas été informée à son arrivée à l'aéroport Pearson de Toronto.

« On ne nous a pas prises à part [à l'aéroport] ou dirigées vers une file séparée, tout était normal. »

— Une citation de  Tori Nixon, voyageuse
Maddi et Tori Nixon tiennent leur passeport dans les mains.

Les soeurs Maddi (à g.) et Tori Nixon ont appris dans un courriel trois jours après être rentrées au Canada que l'une d'elles devait se soumettre à un test de dépistage aléatoire de la COVID-19. Mais laquelle des deux?

Photo : Radio-Canada / Nicole Brockbank

Trois jours après leur retour au Canada, les deux soeurs ont reçu un courriel qui les menaçait d'une amende si le test obligatoire n'était pas fait. Mais laquelle des deux devait faire le test? Finalement, la semaine dernière, Maddi a eu un appel automatisé l'informant qu'elle était celle qui devait se soumettre au dépistage.

Toutefois, près de deux semaines après être rentrée au pays, la jeune femme attend toujours la trousse de test.

« Je n'ai pas de problème à faire un test aléatoire à l'aéroport. Mais à quoi ça sert plus d'une semaine plus tard? »

— Une citation de  Maddi Nixon, voyageuse

Sa soeur Tori est d'accord : Ça semble plutôt contre-productif à ce point-ci. Si nous avions la COVID en revenant, nous aurions pu propager le virus entre-temps. Si le résultat du test est positif maintenant, qui nous dit qu'on l'a attrapée à l'étranger?

Il y a des problèmes, admet Ottawa

L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) admet dans une déclaration à CBC que certains voyageurs comme les soeurs Nixon ne sont pas informés à l'aéroport qu'ils sont visés par un test de dépistage aléatoire.

L'ASPC collabore avec l'Agence des services frontaliers du Canada pour trouver une résolution. Les tests obligatoires aléatoires continuent à être un outil essentiel dans le cadre du programme de surveillance du gouvernement du Canada pour suivre l'importation du virus de la COVID-19 au Canada et identifier les nouveaux variants préoccupants, explique l'Agence canadienne de la santé publique.

En point de presse vendredi, le Dr Njoo a concédé lui aussi qu'on pouvait faire mieux, sans vouloir dire après combien de jours le test n'était possiblement plus utile.

« Oui, quelques semaines après, ce n'est pas l'idéal. »

— Une citation de  Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada

Il a toutefois insisté sur l'importance pour les voyageurs de continuer à prendre des précautions à leur retour au pays, qu'ils subissent un test ou non, soulignant qu'ils peuvent être infectieux sans le savoir.

Alors que les compagnies aériennes et l'industrie touristique pressent le fédéral d'abandonner les tests aléatoires aux aéroports, l'ASPC a annoncé la semaine dernière que les restrictions à la frontière resteraient en place au moins jusqu'à la fin de juin.

Depuis le printemps de 2021, le fédéral a octroyé 1,1 milliard de dollars au total à des fournisseurs privés pour des tests de dépistage de la COVID-19 à la frontière, selon Services publics et Approvisionnement Canada.

Des tests utiles?

Le Dr Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses au centre de santé St. Joseph's à Hamilton, pense qu'il serait beaucoup plus logique d'effectuer ces tests de surveillance à l'extérieur des aéroports.

Le dépistage des voyageurs symptomatiques pourrait être fait dans la communauté, selon lui. Si je descends de l'avion et que j'ai des symptômes le lendemain, j'aurais accès à un test PCR dans mon quartier. Le résultat pourrait être soumis au séquençage [pour les variants], dit-il.

Le Dr Santiago Perez Patrigeon, professeur en médecine à l'Université Queen's de Kingston, croit lui aussi que la stratégie actuelle n'est pas efficace.

« Ça n'a pas empêché du tout l'arrivée d'Omicron. De faire des tests à l'aéroport, même aléatoires, ça n'empêche pas l'entrée des nouveaux variants. »

— Une citation de  Dr Santiago Perez Patrigeon, spécialiste des maladies infectieuses

Il ajoute ceci : Ça provoque des délais énormes pour les voyageurs qui s'amassent tous à l'aéroport, créant une situation qui permet la contamination par la COVID-19.

De son côté, le Dr Abdu Sharkawy, consultant en maladies infectieuses pour le Réseau de santé universitaire de Toronto, se demande à quoi servent les tests dans les aéroports, à part embêter, casser la tête ou aigrir les voyageurs qui pourraient moins suivre les messages de la santé publique par la suite.

L'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto demande à Ottawa de simplifier ou d'éliminer ses restrictions de santé publique à l'arrivée dans les aéroports canadiens.

Avec les informations d'Andréane Williams et de Nicole Brockbank, de CBC

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