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Des bénévoles aident à accueillir des milliers de ressortissants ukrainiens à Ottawa

Des ressortissants ukrainiens, dont une femme et un enfant, qui fuient la guerre en Ukraine arrivent à l’aéroport Trudeau de Montréal avec leurs valises jaunes.

Des ressortissants ukrainiens qui fuient la guerre en Ukraine arrivent à l’aéroport Trudeau de Montréal le dimanche 29 mai 2022. On estime qu'un total d'environ 3200 ressortissants se trouvent actuellement à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

On estime qu'environ 3200 personnes qui ont fui l’invasion russe en Ukraine ont choisi de venir à Ottawa depuis le début de la guerre. Pour aider à accueillir cette vague soudaine de nouveaux arrivants, des organismes et des groupes de bénévoles mettent la main à la pâte dans des circonstances uniques.

Le groupe Réfugié 613, créé en 2015 pour aider à accueillir des réfugiés syriens, contribue maintenant à coordonner les efforts pour accueillir les Ukrainiens, notamment en ce qui a trait à la recherche d’un endroit sûr où se loger, à l’obtention de cartes d’assurance maladie, à l’ouverture d'un compte bancaire et à l’inscription des enfants à l’école.

Nous construisons la route pendant que nous sommes en train de conduire dessus, dit la directrice de Réfugié 613, Louisa Taylor, en guise d'illustration.

Parfois, les familles, souvent des mères qui voyagent seules avec des enfants ou des parents âgés, arrivent avec peu de préavis. C’est incroyablement chaotique, s’exclame Mme Taylor.

Si la plupart des Syriens sont arrivés au Canada à titre de réfugiés pris en charge par le gouvernement ou parrainés par le secteur privé avec un accès immédiat à un logement et à d’autres services essentiels, la situation est différente dans le cas des Ukrainiens.

Les Ukrainiens arrivent plutôt ici en vertu d’un programme de résidence temporaire spécialement conçu appelé Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU), grâce auquel ils peuvent vivre, travailler et étudier au Canada pendant une période qui peut aller jusqu’à trois ans. Cependant, une fois qu’ils ont atterri, ils sont en grande partie laissés à eux-mêmes.

Selon un sondage mené par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada auprès des demandeurs de l’AVUCU, on estime que 3200 Ukrainiens sont déjà arrivés à Ottawa et que jusqu’à 12 500 nouveaux arrivants de l'Ukraine pourraient s'ajouter d’ici le 30 décembre.

Toutefois, Louisa Taylor affirme que personne ne sait vraiment combien de personnes qui ont fui l’Ukraine sont déjà ici ni combien d’autres s’en viennent. Ce que nous savons, c’est qu’il y a déjà beaucoup d’Ukrainiens arrivés ici, que d’autres viendront et que nous ne sommes pas prêts, lance-t-elle.

De l’aide par l’entremise des réseaux sociaux

Au moment où la guerre a éclaté en Ukraine, des groupes créés pour venir en aide aux Ukrainiens ont commencé à faire leur apparition sur Facebook. L’un d’eux est le Ukrainian Settlement Helpers Ottawa (USHO), fondé par Rachel Horsley.

Formé de bénévoles, ce groupe a obtenu le statut d’organisme sans but lucratif la semaine dernière. Il compte désormais plus de 4400 membres et a contribué à l'organisation de près de 200 rencontres entre des hôtes de la région d’Ottawa et des réfugiés de l’Ukraine, soit l’équivalent de quelque 10 000 nuitées d’hébergement, selon le groupe.

En plus de trouver un logement temporaire pour les nouveaux arrivants, les bénévoles de l'USHO les accueillent à l’aéroport et les transportent à leurs rendez-vous. Il y a aussi des pique-niques, des visites à pied et des camps d’été gratuits pour les enfants ukrainiens.

Le groupe a également recueilli des milliers de dollars pour acheter des billets d’avion au Canada pour les Ukrainiens qui ont tout perdu.

L’administratrice du groupe – et amie de la fondatrice –, Sophie Hargest, estime que l'USHO a été en mesure de combler une lacune laissée par certains organismes plus établis qui continuent d'aider les vagues précédentes de réfugiés tout en offrant leurs ressources et leur expertise au réseau de groupes qui aident les Ukrainiens. Nous sommes un petit groupe de bénévoles, alors nous pouvons être agiles, dit-elle.

Les Ukrainiens fuyant la guerre qui fait rage dans leurs pays continuent d’arriver en grand nombre dans la région. Alors que le gouvernement fédéral a facilité leur arrivée au pays, plusieurs se retrouvent toutefois livrés à eux même une fois qu’ils ont atterri. Une situation que déplorent les bénévoles qui les prennent en grande partie en charge. Les précisions de Nafi Alibert

Vérification des hôtes et des employeurs

Au cours des dernières semaines, l'USHO a commencé à migrer vers un processus plus formel, selon Mme Hargest, notamment en formant des bénévoles pour effectuer des visites à domicile et des entrevues de premier contact, de même qu’en établissant des ententes formelles entre les hôtes et les réfugiés.

Ce qui nous préoccupe le plus, c’est que les gens emménagent dans des maisons qui n'ont pas été inspectées, soulève Sophie Hargest. Nous nous considérons comme un groupe sûr et nous devons prendre des mesures pour nous assurer que ce soit le cas, ajoute l'administratrice de l'USHO.

La directrice de Réfugié 613, Louisa Taylor, affirme être au courant de quelques cas où des réfugiés ont dû quitter leur maison d’accueil, car ils ne s'y sentaient pas en sécurité.

Bon nombre de ces hôtes n’ont fait l’objet d’aucune vérification. [L'USHO] fait de son mieux pour créer le meilleur processus d’auto-jumelage, mais leurs bénévoles sont les premiers à admettre que ce n’est pas infaillible, souligne Mme Taylor.

« De nombreuses personnes disent que nous avons besoin de bons systèmes ici, que nous avons besoin d’un contrôle, etc., mais la plupart des organisations officielles n’étaient pas disposées à assumer le rôle de jumelage d’hôtes bénévoles avec des Ukrainiens déplacés parce que leur assurance ne les couvre pas. »

— Une citation de  Louisa Taylor, directrice de Réfugié 613

Une autre préoccupation émergente consiste à détecter les risques parmi des employeurs potentiels, indique Sophie Hargest. En effet, malgré les bonnes nouvelles d’entreprises locales qui embauchent des Ukrainiens quelques jours après leur arrivée, il y a aussi eu des situations plus douteuses.

« Je pense que le plus grand risque actuellement, ce sont les gens qui exploitent les jeunes et les femmes qui ont des enfants en leur trouvant un emploi non sécuritaire ou peu défini, qui paie moins et qui n’est pas réglementé. »

— Une citation de  Sophie Hargest, administratrice du groupe Facebook Ukrainian Settlement Helpers Ottawa

Les gens parlent en fait de créer des agences de placement par l’entremise de ce groupe sans comprendre que ce qu’ils font, c’est de la traite d'êtres humains, poursuit-elle.

Réfugié 613 joue un rôle de berger en aidant à la fois les groupes de bénévoles et les organismes d’établissement à coordonner et à partager leurs connaissances et leurs ressources. Ils trouvent leur chemin ensemble, mais rien de tout cela n’est idéal, selon sa directrice, Louisa Taylor.

« Personne n’est emballé à l’idée que des personnes déplacées qui arrivent d’une zone de guerre soient accueillies par des bénévoles qui n’ont ni la formation requise ni la compréhension de l’expérience des réfugiés, et ce, dans la plupart des cas, sans vérification policière et avec très peu de soutien. »

— Une citation de  Louisa Taylor, directrice de Réfugié 613

Mais c’est ce qui se passe, parce que le gouvernement fédéral n’est pas encore intervenu, et la Ville ne le fait certainement pas. Les gens ne veulent pas que le résultat ressemble à cela, mais c’est là que nous en sommes, avance Mme Taylor.

De son côté, le groupe USHO, qui dit n’avoir reçu aucun financement pour effectuer son travail, recueille maintenant des dons pour créer une base de données qui pourrait aider à déterminer non seulement le nombre réel d’Ukrainiens déplacés à Ottawa mais aussi les endroits où les besoins en ressources sont les plus grands.

Avec les informations d’Alistair Steele, de CBC News

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