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Un comité de l’ONU est très préoccupé par le bien-être des enfants autochtones

Un enfant transporte des cruches d'eau.

Un enfant transporte des cruches d'eau en bouteille dans la Première Nation de Neskantaga.

Photo : Marcus Moonias

La Presse canadienne

Le Comité des droits de l'enfant des Nations unies a publié un rapport exprimant de sérieuses inquiétudes quant au bien-être des enfants au Canada, en particulier ceux qui sont autochtones.

Le comité est profondément préoccupé par la discrimination à l'égard des enfants dans des situations de marginalisation et de pauvreté, indique le rapport, rendu public jeudi.

Le comité a cité la discrimination structurelle à l'égard des enfants autochtones et noirs, en particulier en ce qui concerne leur accès à l'éducation, à la santé et à un niveau de vie adéquat.

Il a également noté une disparité dans le respect des droits des enfants handicapés, des enfants migrants et des enfants des minorités ethniques selon la province ou le territoire.

C'est la première fois que le comité examine l'adhésion du Canada à la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant depuis une décennie, alors qu'un rapport tout aussi cinglant avait été publié sur les progrès du pays.

Le gouvernement fédéral n'a pas immédiatement répondu à une demande pour commenter le rapport jeudi.

La convention, que le Canada a signée en 1991, est un traité mondial qui énonce la liste complète des droits de tous les enfants jusqu'à l'âge de 18 ans. Presque tous les pays du monde ont promis de protéger et de promouvoir ces droits.

Le traité repose sur quatre principes principaux : le droit à la non-discrimination, l'intérêt supérieur de l'enfant, le droit à la vie et au développement et le droit à la participation.

Contamination au mercure dans l'eau

Tour devant une rivière avec inscription anglaise : Grassy Narrows First Nation

La communauté autochtone de Grassy Narrows se bat pour faire reconnaître l'impact de son empoisonnement au mercure.

Photo : Radio-Canada

Les experts de l'ONU, y compris des avocats, des travailleurs sociaux, des administrateurs de la protection de l'enfance et un médecin, ont souligné plusieurs domaines où ces principes ne sont pas respectés au Canada.

Par exemple, les experts ont déclaré que le gouvernement devait fournir des soins de santé spécialisés aux enfants de la communauté anishinaabe de la Première Nation de Grassy Narrows, en Ontario, qui souffrent de problèmes de santé physique et mentale graves et chroniques en raison de la contamination au mercure dans l'eau.

Le rapport a également souligné la découverte de tombes anonymes sur les sites de plusieurs anciens pensionnats.

Les enfants autochtones et noirs sont toujours surreprésentés dans des formes alternatives de supervision comme le placement en famille d'accueil, souvent en dehors de leurs communautés, selon le rapport.

Ils courent également un risque plus élevé d'abus, de négligence et de violence dans le cadre d'une prise en charge alternative que les autres enfants au Canada.

En plus de ces groupes spécifiques d'enfants, le comité a également dénoncé le gouvernement fédéral pour ne pas avoir protégé les droits de tous les enfants de notre pays, a déclaré la fondatrice des Enfants d'abord Canada, Sara Austin.

Le Canada au 30e rang, selon l’UNICEF

L'UNICEF a classé le Canada dans le tiers inférieur de 38 pays riches en ce qui a trait au bien-être des enfants en 2020, plaçant le pays au 30e rang derrière la Grèce, la Lettonie et le Royaume-Uni.

La plupart des gens pensent qu'on serait au sommet, un pays leader mondial pour les enfants, a dit Mme Austin. Il y a donc un grand écart entre la perception et la réalité.

Parmi plusieurs recommandations, le comité a demandé au Canada d'instituer un commissaire fédéral indépendant aux droits de l'enfant qui soit en mesure de recevoir, d'enquêter et de traiter les plaintes d'une manière adaptée aux enfants.

D'autres recommandations incluent de s'assurer que l'accès des enfants aux soins de santé publique ne dépend pas du statut d'immigration de leurs parents et d'abroger l'article 43 du Code criminel qui permet l'utilisation d'une force raisonnable pour discipliner les enfants.

Des recommandations datant de 10 ans

Plusieurs projets de loi fédéraux visant à interdire les châtiments corporels des enfants ont échoué au Parlement, a dit Mme Austin.

Le comité a appelé à une stratégie nationale pour prévenir la violence contre les enfants et a mentionné que le système de protection de l'enfance du Canada continue de ne pas protéger les enfants autochtones contre la violence en particulier.

Mme Austin a soutenu que le rapport représente l'échec du Canada à mettre en œuvre les droits fondamentaux des huit millions d'enfants du pays.

Plusieurs des recommandations ont été initialement formulées par le comité dans son précédent rapport il y a une dizaine d'années, mais les actions concrètes n'ont pas suivi.

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