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La Banque centrale européenne prépare une première hausse de taux pour juillet

Une sculpture représentant le symbole de l'euro devant la Banque centrale européenne, à Francfort, en Allemagne.

La banque centrale européenne, à l'instar de la banque centrale des États-Unis et la Banque d'Angleterre, tente de contrecarrer l'inflation.

Photo : Reuters / Ralph Orlowski

Reuters

La Banque centrale européenne (BCE) a mis fin jeudi à sa politique d'achats d'obligations sur les marchés et a annoncé qu'elle relèverait ses taux d'intérêt en juillet pour la première fois depuis 2011 en précisant qu'elle n'excluait pas une hausse plus importante en septembre si l'inflation ne ralentit pas.

La hausse des prix à la consommation dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique a atteint 8,1 % sur un an en mai, un niveau sans précédent depuis la création de l'euro, et la BCE craint désormais de voir cette hausse se généraliser et déboucher sur une spirale inflationniste difficile à enrayer.

Pour l'éviter, elle arrêtera donc le 1er juillet les achats d'obligations réalisés au titre du Programme d'achats d'actifs (APP), son principal outil de soutien au crédit et à l'économie depuis la crise de la dette dans la zone euro.

Elle relèvera ensuite ses taux d'intérêt directeurs de 25 points de base le 21 juillet et prévoit un nouveau relèvement en septembre, qui pourrait être plus important.

Une hausse de 50 points de base serait la plus forte augmentation décidée par l'institution depuis 2000.

Nous ferons en sorte que l'inflation revienne à notre objectif de 2 % à moyen terme, a déclaré la présidente de l'institution, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse.

Madame Lagarde prend la parole lors d'un événement.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.

Photo : AFP / FREDERICK FLORIN

Le taux de dépôt de la BCE est pour l'instant fixé à -0,5 % et Christine Lagarde a déclaré récemment qu'il pourrait être ramené à zéro ou légèrement au-dessus d'ici la fin du troisième trimestre.

L'inflation devrait rester supérieure à 2 % en 2024

L'ampleur des hausses de taux à venir fait depuis plusieurs mois déjà l'objet de vifs débats au sein de l'organisation. L'économiste en chef de la BCE, Philip Lane, défend des hausses d'un quart de point en juillet comme en septembre, alors que d'autres plaident pour ne pas exclure des hausses d'un demi-point.

La BCE a fourni jeudi un argument supplémentaire à ces derniers en relevant une nouvelle fois ses prévisions d'inflation : elle table désormais sur une hausse des prix de 6,8 % cette année, contre 5,1 % dans ses prévisions de mars, puis de 3,5 % en 2023 et de 2,1 % en 2024, soit quatre années consécutives au-dessus de son objectif de 2 %.

Le Conseil des gouverneurs anticipe qu'une séquence progressive, mais durable, de hausses supplémentaires des taux d'intérêt sera appropriée, explique donc le Conseil dans un communiqué. La forte inflation est un défi majeur pour chacun d'entre nous.

Sur les marchés, ces déclarations et les nouvelles prévisions ont eu pour effet une nouvelle hausse des anticipations de taux : les investisseurs intègrent désormais un relèvement total de 144 points de base d'ici la fin de l'année, soit six points de plus qu'avant les annonces de jeudi, ce qui correspond à des hausses de taux lors de chaque réunion à partir de juillet, dont certaines de plus de 25 points.

Et ils anticipent une hausse globale de 240 points de base du taux de dépôt d'ici la fin 2023, ce qui le ramènerait non loin de 2 %.

Tout en défendant la stratégie de resserrement graduel de la politique monétaire, Christine Lagarde a promis jeudi que la BCE ne laissera pas se creuser les écarts entre les coûts de financement des États membres de la zone euro.

Nous sommes déterminés, déterminés, a-t-elle dit.

Même après la hausse de taux prévue en juillet, la BCE restera à la traîne de plusieurs autres grandes banques centrales, dont la banque centrale des États-Unis et la Banque d'Angleterre, qui ont déjà augmenté leurs taux d'intérêt et indiqué que celles-ci allaient se poursuivre.

À la différence de la banque centrale des États-Unis, la BCE n'a pas encore franchi le pas de la réduction de son bilan, le Conseil des gouverneurs réaffirmant au contraire son intention de continuer à réinvestir les liquidités correspondant aux échéances de son portefeuille d'obligations d'État et d'entreprise, qui représente quelque 5000 milliards d'euros.

Le taux neutre n'est pas encore défini

Autre débat à venir, celui de la définition du taux neutre, soit le niveau auquel les taux d'intérêt directeurs ne sont ni un stimulant ni un frein pour la croissance économique : ce niveau n'est ni défini ni facilement mesurable, ce qui ne permet pas aux investisseurs d'anticiper le niveau auquel la BCE cessera de relever ses taux.

La possibilité d'une hausse plus importante à partir de septembre implique le risque d'une erreur de politique monétaire de la BCE, a commenté Bill Papadakis, stratège de Lombard Odier, un groupe bancaire suisse indépendant.

Les marchés anticipent actuellement un taux directeur qui culmine à plus de 2 %. Nous pensons que cela rendrait la politique monétaire restrictive et nous doutons que l'économie de la zone euro puisse supporter des conditions aussi resserrées au vu des défis actuels, pense-t-il.

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