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Le manque de petits appareils explique-t-il le peu de vols d’Air Canada à Rouyn-Noranda?

Air Canada Jazz

Plusieurs se désolent de la faible fréquence des vols entre Rouyn-Noranda et Montréal. (archives)

Photo : Radio-Canada / CBC

La mise à la retraite des vieux appareils Dash 8-100 transportant 37 passagers par Air Canada est-elle la raison principale expliquant la baisse de la fréquence des vols entre Rouyn-Noranda et Montréal?

Un mois après avoir retiré l'aller-retour entre Rouyn-Noranda et Montréal dans la même journée, Air Canada est passé au début du mois de juin d’un appareil d’une cinquantaine de places à près de 80 places pour ses vols en provenance ou à destination de l’aéroport régional de Rouyn-Noranda.

Pour le président de l’Association québécoise du transport aérien (AQTA), Guillaume Béland, il est évident que le modèle d’avion va influencer l’offre d’une compagnie aérienne.

Chaque avion a un taux d’occupation qui va commencer à amener un certain profit. [Pour] certains modèles, ce pourcentage va être situé à 75 %, estime-t-il.

Un avion à turbopropulseur Bombardier DH8 Q400 de Jazz Aviation.

Le type d’avion qu’utilise désormais Air Canada pour ses liaisons entre Rouyn-Noranda et Montréal, un Q-400. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

En mai 2020, en pleine pandémie, Air Canada a mis à la retraite ses vieux appareils Dash 8-100. Ils étaient rendus à la fin de leur vie utile. Fabriqués dans les années 1980, ces appareils de 37 places étaient largement utilisés pour les liaisons aériennes entre l’Abitibi et Montréal.

Le constructeur DeHavilland Canada a cessé la production de ces petits avions en 2005. Les appareils Dash 8-200 et 300 avec une plus grande capacité de passagers ne sont plus construits. Seul le Dash 8-400 est toujours en production.

Avion Dash-8 de North Star Air à Thunder Bay.

Le Dash 8-100 est l’appareil qui a longtemps été utilisé par Air Canada pour ses vols entre l’Abitibi et Montréal. (archives)

Photo : North Star Air

Remplacer ces appareils par d’autres n’est pas une mince affaire. La disponibilité sur le marché mondial des avions pour le transport régional est extrêmement limitée. Il n’y a pas beaucoup de choix. On peut aller dans du 70, 60, 30 places, mais chaque modèle a ses défis. [...] C’est très complexe, souligne Guillaume Béland.

Air Canada a refusé notre demande d’entrevue afin d’aborder les enjeux reliés à sa flotte d’avions et son offre de vols à l’aéroport régional de Rouyn-Noranda.

Un enjeu plus complexe

Le directeur de l’Observatoire International de l’Aéronautique et de l’Aviation Civile à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), le professeur Mehran Ebrahimi, croit que l’enjeu de l'offre de vols régionaux va plus loin que le simple choix et la disponibilité de modèles pour un transporteur aérien.

Il est évident que la taille d’un avion doit être adaptée à l’achalandage du trajet. Le type de l’avion, c’est largement secondaire. Pourquoi une ville de 40 000 personnes ne peut pas remplir un avion d’une quarantaine de places? C’est ça, la question, fait-il observer.

Mehran Ebrahimi, spécialiste de l’aviation, portant des lunettes et une petite barbe. Il regarde la caméra alors qu'il est interviewé dans nos studios de Montréal.

Mehran Ebrahimi, spécialiste de l’aviation.

Photo : Radio-Canada

Mehran Ebrahimi est d’avis que la vision des aéroports doit être revue afin d'espérer un achalandage plus élevé sur les vols actuellement offerts et conséquemment plus de vols.

L’aéroport, ce n’est pas juste un endroit où les avions atterrissent et décollent. Ça peut aussi être un îlot d’activités économiques. Si on ramène des entreprises, on les met les uns à côté des autres et qu’on vient à créer une espèce de dynamique régionale, un peu comme une zone industrielle. Il y aura plus de femmes et d’hommes d’affaires qui vont vouloir se déplacer vers les grands centres. On ne fait rien de tout ça en ce moment, expose le professeur.

Le projet de la Coopérative TREQ

Lors du dévoilement des modalités du Programme d’accès aérien aux régions (PAAR) par le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, la députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, déplorait que le gouvernement ne soutienne pas la Coopérative de Transport Régional du Québec (TREQ).

La Coopérative TREQ vise à offrir des vols régionaux pour combler la desserte aérienne limitée des transporteurs privés comme Air Canada. Des vols entre Rouyn-Noranda, Montréal et Québec avec un appareil Q-400 de Bombardier sont dans les cartons de la coopérative. Les prix des billets varieraient entre 276 et 318 dollars selon les responsables.

Le président et délégué régional pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean de la Coopérative TREQ, Éric Larouche, indique que le modèle d’affaires se veut le plus flexible possible.

Il a été mis en place pour aider les destinations en fonction de leurs besoins. S’il y a une destination qui a besoin d’avoir un airbus pour 150 passagers, il va y en avoir un. L’idée est de suivre l’évolution de nos marchés en fonction de la clientèle et de l’achalandage, explique-t-il.

Un homme avec une barbe parle.

Éric Larouche, président et délégué régional pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean de la Coopérative TREQ.

Photo : Radio-Canada

Éric Larouche se désole que le gouvernement Legault n'ait pas donné suite aux demandes de support financier de la Coopérative TREQ, qui ne possède pas encore d’avions.

On devrait encourager ceux qui challengent et qui se ciblent des objectifs pour que le modèle d’affaires [du transport aérien régional] évolue, considère le président de la coopérative.

Pour sa part, Guillaume Béland reste toutefois confiant que l’offre de vols régionaux vers les grands centres s’améliore.

Si on revient à une situation normale, post-pandémique, avec un prix de l’essence à la normale, avec le nouveau programme [de billets aller-retour à 500$], je crois que tout pourrait se stabiliser. L’offre va redevenir très intéressante pour tout le monde, espère le président de l’Association québécoise du transport aérien.

La Coopérative TREQ compte poursuivre les discussions avec ses partenaires afin de démarrer ses opérations le plus tôt possible, mais elle ne désire toutefois pas se fixer d'échéancier.

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