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La femme qui a accusé Arlen Dumas d’inconduite sexuelle prend la parole

Shauna Fontaine.

Shauna Fontaine a révélé son identité à CBC/Radio-Canada mercredi.

Photo : Radio-Canada / Walther Bernal

Radio-Canada

Shauna Fontaine, la femme qui a déposé une plainte pour inconduite sexuelle contre le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba (ACM), Arlen Dumas, s’exprime publiquement pour la première fois.

Elle prend la parole après qu’une lettre demandant une enquête indépendante sur cette affaire eut été adressée à l’ACM cette semaine. Cette lettre a été signée par 200 personnes.

Mme Fontaine a déclaré à CBC/Radio-Canada mercredi qu’elle a déposé sa plainte à l’endroit de M. Dumas auprès du Service de police de Winnipeg il y a environ trois mois. Ni la police ni l’ACM n’ont corroboré cette affirmation.

Le Service de police de Winnipeg ne confirme avoir reçu aucune plainte à moins qu’un numéro d'incident ne soit fourni. Même dans ce cas, l'identité des personnes impliquées ne peut pas être révélée ni confirmée.

Shauna Fontaine dit s’être sentie motivée à révéler son identité après la publication de la lettre et la réponse de l’ACM.

Ayant elle-même œuvré auprès de victimes de violence fondée sur le sexe, Mme Fontaine n’avait pas osé en parler jusqu’à maintenant, car elle ressentait de la honte.

« Vous n’êtes même pas crue quand vous prenez la parole. Il y a beaucoup de culpabilisation de la victime. Ce n’est jamais la faute de la victime, ça n’a jamais été ma faute. C’est entre les mains de l'agresseur. »

— Une citation de  Shauna Fontaine
Arlen Dumas.

Des allégations d’inconduite sexuelle à l’endroit d’Arlen Dumas ont été soulevées en mars dernier (archives).

Photo : CBC / Jeff Stapleton

Arlen Dumas a été suspendu par l’ACM en mars dernier après qu’une femme qui travaille pour cette organisation, en l’occurrence Shauna Fontaine, l’eut accusé d’inconduite sexuelle et de harcèlement.

L’ACM a entre-temps engagé une organisation tierce pour enquêter sur ces accusations. M. Dumas n'a pas été inculpé et aucune des allégations n'a été vérifiée par un tribunal.

CBC/Radio-Canada a sollicité des commentaires de sa part à plusieurs reprises depuis le mois de mars, toujours sans réponse.

Réponse décevante

La lettre adressée à l’ACM cette semaine demande notamment à l’organisation de réévaluer l’effet de sa réponse aux allégations. Les 200 signataires demandent une enquête indépendante ainsi que l'élaboration d'un processus qui tienne compte des traumatismes et qui soit axé sur les victimes.

Parmi les signataires, on compte des avocats, des médecins, des politiciens fédéraux et provinciaux ainsi que des militants pour les droits des femmes autochtones, notamment Sandra Delaronde. Nous essayons de soutenir non seulement les victimes mais aussi l'ACM, explique-t-elle.

La lettre suggère également que d’autres femmes se sont présentées avec des accusations aux alentours du 31 mai. L’Assemblée des chefs du Manitoba nie cette affirmation.

Dans sa réponse à la lettre ouverte, l’ACM dit être reconnaissante de cette offre de soutien, mais elle l’a refusée en mentionnant que cela pourrait contrevenir à l’enquête en cours. L’organisation dit aussi vouloir préserver l’anonymat des plaignants.

Mme Delaronde a remis en question cette réponse mercredi, maintenant que Shauna Fontaine a révélé son identité. Je crois que c’est une feinte, qu’ils se cachent derrière un processus légal au lieu d’entreprendre un processus plus humain, affirme-t-elle.

Mme Fontaine est du même avis. Elle dit que c’est sa déception par rapport à la réponse de l'ACM qui l’a poussée à prendre la parole.

« Je ne suis plus anonyme. Je suis une vraie personne, un vrai être humain. Je suis une employée de l’Assemblée des chefs du Manitoba et tout ça m’a causé beaucoup de tort. »

— Une citation de  Shauna Fontaine

En congé temporaire pour la durée de l’enquête, Shauna Fontaine dit ne pas se sentir soutenue par l’ACM.

Mme Fontaine croit qu’il n’y a pas assez de soutien pour les femmes autochtones qui ont subi des violences sexuelles.

CBC/Radio-Canada a fait une demande de commentaire auprès de l’Assemblée des chefs du Manitoba après que Shauna Fontaine a révélé son identité.

Avec les informations de Stephanie Cram et de Darren Bernhardt

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