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Il manque près de 200 médecins et 800 infirmières au Nouveau-Brunswick

Un médecin écrit sur un papier.

Il manque près de 200 médecins et spécialistes dans le système de santé au Nouveau-Brunswick.

Photo : getty images/istockphoto / Motortion

Radio-Canada

Le système de santé est à bout de souffle au Nouveau-Brunswick en grande partie en raison de la pénurie de médecins et d'infirmières. Il manque près d'un millier de professionnels de la santé dans les deux réseaux et cela touche plusieurs secteurs.

Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick a publié les plus récentes données sur la pénurie de professionnels de la santé.

Au total, il y a 181 postes de médecins vacants dans la province.

« Nous avons une pénurie importante de ces ressources à tous les niveaux de notre système de soins de santé. »

— Une citation de  Roger Melanson, chef intérimaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick

La pénurie de médecins est pire chez Vitalité

C’est du côté du réseau de santé Vitalité que le nombre de médecins manquants est le plus élevé. Il manque 92 médecins dans le réseau francophone et 89 dans le réseau anglophone Horizon.

Si l’on tient compte du nombre total de médecins dans chacun des réseaux de la santé, on se rend compte que la pénurie est beaucoup plus sévère du côté francophone, où au total il y a près de deux fois moins de postes de médecins.

Selon Roger Melanson, le chef intérimaire du Parti libéral, il faut faire en sorte qu’on investit dans le nombre de sièges disponibles pour former des médecins francophones, on a des incitatifs pour les recruter et les retenir chez nous après qu’ils ont été formés, s’assurer que les communautés aussi font partie de la stratégie et de l’action de recruter ces personnes-là.

Dans l’ensemble des deux réseaux de santé, il manque un peu plus de spécialistes que de médecins généralistes. Selon les données fournies par le ministère de la Santé, il y a 92 postes vacants de spécialistes, et 82 postes de médecins généralistes et urgentologues.

Nos régies sont habilitées à faire le travail qu'elles peuvent pour nous aider à recruter, la Société médicale, les associations d'infirmières, les syndicats d'infirmières, nous travaillons tous ensemble pour combler ces postes vacants, explique la ministre de la Santé, Dorothy Shephard.

15 % des postes d'infirmières sont vacants

La pénurie de professionnels de la santé touche aussi les infirmières immatriculées.

Dans l’ensemble de la province, il y a 783 postes vacants d’infirmière immatriculée; soit 224 dans le réseau de santé Vitalité et 559 dans le réseau Horizon.

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Il manque près de 800 infirmières et infirmiers au Nouveau-Brunswick.

Photo : iStock / Photographerlondon

Dans l’ensemble de la province, il existe 5289 postes d'infirmières. C'est donc 15 % des postes qui sont vacants.

Il faut absolument davantage augmenter les incitatifs financiers, je suggérerais même une bourse pour aider à payer les frais de scolarité et les coûts additionnels au niveau de la formation clinique des infirmières et des infirmiers, estime le chef libéral.

La députée verte Megan Mitton croit aussi qu'une aide directe aux étudiants en médecine serait nécessaire. Le gouvernement pourrait payer pour les frais de scolarité, pourrait faire que les universités, que la formation est plus accessible, parce qu’il y a des gens qui veulent devenir des infirmières, qui veulent étudier et travailler dans les systèmes des soins de santé, mais n’ont pas l’argent, n’ont pas accès à la formation.

Pénurie dans d'autres professions en santé

Il y a des postes vacants dans d'autres professions en santé, mais la ministre Shephard n'était pas en mesure d'en fournir le nombre.

On n'a pas eu toute la liste des postes vacants de tous les autres professionnels de la santé dans le secteur public, parce que je peux simplement imaginer qu’il y a plein d’autres professions dans le domaine de la santé, qu’il y a plusieurs postes vacants, comme par exemple les travailleurs sociaux, déplore Roger Melanson.

Des impacts sur les soins aux patients

Le manque de personnel de la santé a plusieurs impacts, à la fois sur le personnel et sur les patients. Une des premières conséquences est l'augmentation du temps d'attente pour voir un spécialiste ou pour obtenir une intervention chirurgicale.

Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles la liste d'attente s'allonge. Le manque de spécialistes ou de fournisseur de soins primaires est l'une des principales raisons pour lesquelles l'attente s'allonge, explique le docteur Mark MacMillan, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick.

Le Dr Mark MacMillan dans une salle d'examen.

Le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, le Dr Mark MacMillan, estime que la province doit déjà planifier en vue des futurs besoins de main-d'œuvre en santé.

Photo : Radio-Canada

Moins de médecins doivent donc s'occuper d'un nombre de plus en plus élevé de patients, un nombre qui augmente avec le vieillissement de la population.

C'est à nous d'essayer de voir plus de patients plus rapidement et de les faire entrer plus rapidement dans le système, mais cela conduit les médecins à s'épuiser, déplore le Dr MacMillan.

À titre d'exemple des impacts du manque de professionnels de la santé, le CHU Dr-Georges-L.-Dumont a interrompu ses services de pédiatrie pendant une semaine, du 10 au 17 juin.

La COVID-19 a empiré la pénurie

La COVID-19 a été, et est, très difficile pour l'ensemble des professionnels de la santé. Pour plusieurs, cela a précipité la fin de leur carrière.

Certains médecins ont décidé qu'ils allaient prendre leur retraite plus tôt qu'ils ne l'avaient prévu, et certains de ces départs à la retraite ont été inattendus, souligne le Dr MacMillan.

Cela est vrai pour les médecins, mais aussi pour d'autres professionnels de la santé.

Gros plan sur les mains d’un médecin assis à son bureau, stéthoscope autour du cou. Un verre d’eau et un flacon de médicament sont également posés sur le bureau. Le coude d’un patient est représenté de manière floue à l’avant-plan.

La COVID-19 a été très difficile pour les professionnels de la santé, et certains ont décidé de prendre leur retraite plus tôt que prévu.

Photo : iStock / Squaredpixels

Il faudra du temps pour récupérer pour ceux qui ont travaillé pendant la pandémie et continuent de travailler, nous avons travaillé dur et nous sommes fatigués, mais nous faisons toujours de notre mieux pour faire passer les patients dans le système aussi vite que possible, mais pour certains, c'était une période très stressante et, proches de la retraite de toute façon, ils ont décidé de partir un peu plus tôt, explique-t-il.

Un besoin de planifier à long terme

Le chef intérimaire de l'opposition officielle, Roger Melanson, demande au gouvernement de présenter un plan public, à long terme, pour le recrutement de professionnels de la santé.

C'est aussi le même message que lance le Dr Mark MacMillan, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick. Ce dont nous avons besoin dans cette province, c'est d'une stratégie de planification des ressources humaines très solide [...] s'il y a, par exemple, 10 médecins à Campbellton qui ont tous plus de 60 ans, eh bien nous savons qu'ils vont bientôt prendre leur retraite. Nous devons commencer à planifier afin de ne pas nous retrouver avec 10 postes à combler tout d'un coup, dit-il.

Le médecin estime que les deux réseaux de la santé font les efforts nécessaires pour attirer des médecins. Les deux régies de la santé travaillent très fort pour se promouvoir de façon appropriée afin d'attirer vraiment ces médecins de l'extérieur de la province à venir.

Comme l'ensemble de l'Amérique du Nord fait face aux mêmes défis, le Dr MacMillan croit qu'il faudrait aussi mettre l'accent sur la qualité de la vie au Nouveau-Brunswick, ainsi que sur la qualité des milieux de travail.

Une ville.

Le Dr Mark MacMillan dit que des villes comme Moncton, Fredericton et Saint-Jean s'impliquent dans le recrutement de médecins.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Il croit aussi que les communautés ont un rôle important à jouer. Si la communauté est impliquée, se fait connaître et montre ce que la communauté a à offrir à ce médecin, vous avez plus de chances d'intéresser un candidat au poste, souligne-t-il, en mentionnant le rôle que peuvent jouer les municipalités ou les chambres de commerce locales.

Vitalité recrute à l'international

Depuis des années, le réseau de santé Vitalité cherche à recruter médecins et infirmières à l’étranger.

D'ailleurs, des représentants du réseau sont ces jours-ci en France. Ils se sont joints à une mission organisée par Opportunités Nouveau-Brunswick, pour recruter des infirmières dans d’autres pays.

Toutefois, dans le passé, certaines infirmières recrutées à l’étranger ont décidé de quitter le Nouveau-Brunswick, pour aller pratiquer dans des provinces qui offrent de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

Ça peut être un risque, c’est bien évident, faut miser, au Nouveau-Brunswick, sur la capacité d’avoir un milieu de travail attrayant avec une charge de travail aussi acceptable, un environnement, une bonne intégration dans la communauté, indique Johanne Roy, vice-présidente à l'Acquisition de talents et Développement organisationnel par intérim, au réseau de santé Vitalité.

On a des communautés qui sont plus rurales au niveau du réseau de santé Vitalité, on est plus en périphérie, à ce moment-là c’est peut-être plus facile de s’intégrer, de créer un sentiment d’appartenance que dans des grandes villes, soutient-elle.

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