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Diplômés postsecondaires : au Québec, les écarts de revenus hommes-femmes persistent

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« Les femmes ont tendance à moins négocier leur salaire que leurs collègues masculins », selon une étude.

Photo : iStock / pixelfit

La Presse canadienne

Des écarts de revenus hommes-femmes se manifestent dès la première année après l'obtention du diplôme d'études postsecondaires et ils se creusent même plus tard, révèle une étude de l'Institut du Québec.

L'étude, réalisée par les autrices Emna Braham et Annie Pan, a analysé les revenus d'hommes et de femmes après l'obtention de leur diplôme d'études collégiales ou universitaires, un an et cinq ans plus tard.

Pour éviter de comparer des professions ou des situations disparates, les autrices ont tenu compte des variables comme le nombre d'heures de travail, le domaine d'études, le secteur d'activités et le nombre d'enfants.

On compare vraiment des hommes et des femmes qui ont le même diplôme, qui ont étudié la même chose, qui travaillent dans le même secteur d'activité. Les écarts de revenus qu'on présente prennent en compte tous ces éléments, a souligné Mme Braham, en entrevue avec La Presse canadienne.

Il en ressort qu'un an après l'obtention du diplôme, l'écart de revenus en défaveur des femmes chez ces travailleurs à temps plein et qui ont un parcours similaire était de 9 %.

Plus précisément, il était de 4 % chez les moins bien rémunérés et de 13 % chez les mieux rémunérés.

De même, cinq ans après l'obtention du diplôme d'études postsecondaires, l'écart de revenus en défaveur des femmes atteignait 16 %.

Il était de 12 % chez les moins bien rémunérés et de 19 % chez les mieux rémunérés. Là encore, l'étude a comparé des personnes qui travaillent à temps plein et qui avaient un parcours similaire.

Des causes

Les responsabilités familiales n'expliquent pas tout. Les femmes les plus qualifiées au Québec perçoivent non seulement des revenus d'emploi moindres que leurs collègues masculins, et ce, dès leur entrée sur le marché du travail, mais aussi bien avant de fonder une famille, font remarquer les autrices.

Mme Braham avance d'autres hypothèses, comme celle que les femmes ont tendance à moins négocier leur salaire que leurs collègues masculins.

Aussi, les femmes seraient moins nombreuses à travailler pour les employeurs qui paient le mieux au Québec, car elles privilégieraient les employeurs qui offrent d'autres conditions de travail avantageuses ou une meilleure conciliation travail-vie personnelle ou familiale, par exemple.

Comment corriger cela?

Que faire alors pour combler les écarts qui persistent?

La Loi sur l'équité salariale a certes joué son rôle pour réévaluer les emplois et combler des écarts de rémunération, mais il faut aller plus loin, plaide Mme Braham.

Elle recommande des mesures pour favoriser un meilleur partage des tâches familiales, par exemple que les pères puissent prendre davantage de congés parentaux seuls.

Elle propose aussi aux départements des ressources humaines des entreprises de développer des programmes d'accompagnement de carrière pour s'assurer que les femmes grimpent les échelons et atteignent des postes mieux rémunérés.

Aux établissements d'enseignement, elle recommande de travailler à réduire les écarts en numératie, comme en technologies de l'information et en mathématiques, des compétences qui sont valorisées dans le marché du travail et que les hommes ont tendance à développer tout au long de leur carrière.

L'Institut du Québec est une organisation sans but lucratif, autonome, gouvernée par un conseil d'administration indépendant. Il a été fondé en 2014 par HEC Montréal et le Conference Board du Canada.

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