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Drame de Wilno : le tueur est un « terroriste de violence conjugale », selon un expert

Les portraits des trois femmes victimes de meurtre le 22 septembre 2015, dans le comté de Renfew.

Anastasia Kuzyk, Nathalie Warmerdam et Carol Culleton ont été tuées à trois endroits différents dans le comté de Renfrew, le 22 septembre 2015. Une enquête publique sur ce drame a débuté le lundi 6 juin, à Pembroke (archives).

Photo : CBC News

Radio-Canada

Au troisième jour de l’enquête publique sur le drame de Wilno, un psychologue qui a analysé l’histoire du tueur d’Anastasia Kuzyk, de Nathalie Warmerdam et de Carol Culleton, affirme que celui-ci était un « terroriste de violence conjugale » qui avait besoin d’aide beaucoup plus tôt dans sa vie.

Le directeur du Centre de recherche et d'éducation sur la violence envers les femmes et les enfants à l'Université Western, Dr Peter Jaffe, a souligné que l’auteur des trois meurtres, Basil Borutski, a terrorisé de nombreuses femmes pendant de nombreuses années et a causé un tort incroyable.

Au cours des 20 années qui ont précédé le drame du 22 septembre 2015, Basil Borutski a agressé deux autres femmes. De plus, il y avait de nombreux signes avant-coureurs pour la famille, les amis et les autorités qu’il posait un risque grave pour les femmes, a indiqué Peter Jaffe dans un rapport réalisé pour l’enquête publique.

Les femmes avaient été maltraitées et ont dit à de multiples personnes qu’elles avaient peur de lui, a écrit le psychologue.

Le rapport préparé par Peter Jaffe suggère que des amis, de la famille et des professionnels de la loi, qui étaient au fait de la violence et des menaces proférées par Basil Borutski, ont eu au moins 120 occasions pour intervenir, et ce, entre le moment où il a commencé à fréquenter Nathalie Warmerdam, en 2010, et le jour des trois meurtres, le 22 septembre 2015.

« Au printemps 2015, les rapports de probation, de la police et de la Couronne semblaient s’entendre sur le fait que l’auteur du crime posait un risque grave pour l’une des victimes, ainsi que pour les autres partenaires dans le futur. »

— Une citation de  Dr Peter Jaffe, directeur du Centre de recherche et d'éducation sur la violence envers les femmes et les enfants à l'Université Western

Le voisin de Basil Borutski a rapporté que, la nuit précédant les trois meurtres, ce dernier avait dit qu’il pourrait, demain matin, tuer son [ancienne partenaire] et quand même aller au paradis.

En 2013, deux ans avant les meurtres, des rapports de police avaient déjà identifié Basil Borutski comme une personne à risque élevé, selon le rapport de Peter Jaffe.

La prison n’a pas eu effet sur la conduite de Basil Borutski, dit l’expert

Le procès de Basil Borutski et l’enquête publique ont révélé qu’au moment des meurtres, en 2015, il était en probation pour avoir précédemment été violent envers Anastasia Kuzyk, qu’il était sous interdiction à vie d’utiliser des armes à feu et qu’il avait refusé de participer au programme d'intervention auprès des partenaires violents imposé par le tribunal.

À noter que Nathalie Warmerdam et Anastasia Kuzyk ont été assassinées par balles et qu'il n’est pas clair où Basil Borutski a obtenu son arme.

Évidemment, si quelqu’un ne veut pas obtenir de l’aide, cela dit quelque chose, a lancé Peter Jaffe lors de son témoignage.

M. Borutski avait également passé du temps en prison après avoir été déclaré coupable de voies de fait à l'endroit de Nathalie Warmerdam.

L’incarcération n’a eu aucune incidence sur sa conduite. Il semble avoir quitté la prison encore plus en colère et avoir justifié le fait de tuer les victimes en se fondant sur ses propres rapports, ses écrits et ses déclarations faites à d’autres, a écrit Peter Jaffe dans son rapport.

Le fardeau de la protection des victimes de Basil Borutski retombait parfois sur les épaules des femmes, a-t-il ajouté. La fille de Nathalie Warmerdam a témoigné lundi que sa mère gardait une arme à feu sous son lit et qu'elle se stationnait de reculons au cas où elle devait s’enfuir rapidement.

Première condamnation à l’âge de 20 ans

Peter Jaffe a également témoigné que la première condamnation de Basil Borutski pour un crime de violence entre partenaires intimes remonte en 1977, alors qu’il avait 20 ans. Selon le psychologue, il est possible que le crime ait été commis pendant l'adolescence de M. Borutski, compte tenu du temps que peuvent prendre les procédures judiciaires.

Bien qu'il ne soit pas certain de l’aide qu’il a reçue, le cas échéant, Basil Borutski avait indiqué avoir été lui-même victime de violence lors de son enfance et qu’il souffrait de troubles de santé mentale. La possibilité d’une intervention réussie aurait dû se produire lorsqu’il était jeune homme, a écrit le psychologue.

Celui qui est aussi le directeur du Centre de recherche et d'éducation sur la violence envers les femmes et les enfants a présenté un certain nombre de suggestions aux jurés de l’enquête qui devront formuler des recommandations sur la façon de prévenir de futurs décès causés par la violence conjugale.

Peter Jaffe a également souligné que le ministère de l’Éducation de l’Ontario devrait veiller à ce que chaque école primaire et secondaire ait des programmes pour aider les élèves à acquérir les compétences nécessaires pour prévenir la violence conjugale.

Le témoignage de Peter Jaffe aux jurés de l’enquête publique sur le drame de Wilno se poursuit jeudi.

Avec les informations de Guy Quenneville de CBC News

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