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Des médecins du Saguenay-Lac-Saint-Jean inquiets de la qualité des soins offerts

Un médecin marche dans le corridor d'un hôpital.

Les médecins du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont inquiets.

Photo : iStock / sudok1

Plusieurs médecins du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont inquiets de la qualité des soins qu’ils sont en mesure d’offrir à la population, en raison de la pénurie de personnel et des contrecoups vécus par le système de santé après deux ans de pandémie.

C’est le cri du coeur qu’a livré la Dre Suzanne Gagné, qui est présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de la région, devant les administrateurs du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), lors de la séance du conseil d’administration qui avait lieu par vidéoconférence mercredi.

Parfois, on rencontre les gens dans le corridor et ils disent: "Moi, j’ai fait ma médecine pour soigner les gens, pour sauver des vies, mais surtout pour que la vie soit meilleure pour les gens, et là je les laisse souffrants." Et ça finit par miner le moral des médecins, a-t-elle laissé tomber avec émotion, alors qu’elle livrait les conclusions du rapport annuel du conseil.

Une femme parle par ZOOM.

Lors de la séance virtuelle du conseil d'administration du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Dre Suzanne Gagné, qui est présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de la région, a livré un cri du coeur.

Photo : Capture d'écran

Elle a tenu à partager les inquiétudes des médecins devant le conseil d’administration, alors qu’elle constate qu’une morosité s’installe. Certains médecins réagissent en étant plus tristes, alors que d’autres vont être plus agressifs, a-t-elle rapporté, tout en se disant consciente des efforts déployés par les directions pour faire face aux enjeux vécus.

« Ce qui est derrière ça, c’est ces soins qu’on donnait avant, plus facilement. [...] Maintenant, on ne peut jamais aller au bout des choses, puis c’est sûr qu’il y a une inquiétude. Est-ce qu’on est capables de donner encore des soins partout, partout? Il va falloir qu’il y ait une réflexion, sûrement, à moins qu’il y ait des miracles au niveau des ressources humaines. »

— Une citation de  Dre Suzanne Gagné, présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens

Cette situation est causée par la pénurie de personnel qui frappe durement le système de santé. On sait que depuis la pandémie, il y a quand même une difficulté d’assurer les besoins de la population, je pense qu’on est tous conscients de ça, a-t-elle affirmé. À la pandémie s’ajoute une pénurie de personnel.

Retards et attente en chirurgie

La Dre Suzanne Gagné a rappelé la mission du conseil qu’elle préside, qui veille à donner des soins à la population, sans oublier personne. Les médecins sont cependant nombreux à s’inquiéter.

« Plusieurs médecins, on reçoit quotidiennement, au moins hebdomadairement, des lettres des départements. Les médecins sont inquiets, on partage l’inquiétude de la population, particulièrement face aux différents bris de services, aux retards de soins. »

— Une citation de  Dre Suzanne Gagné, présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens

L’accès aux soins en santé mentale et les retards de développement des enfants font partie des craintes soulevées, de même que la liste des patients en attente d’une opération.

On a parlé souvent de manque de temps opératoire, en général, et particulièrement, on a eu des lettres de gynécologie, de chirurgies bariatriques, de l’ORL de Chicoutimi , a-t-elle énuméré.

Le retard des chirurgies électives, qui frappe tous les milieux, préoccupe en particulier les professionnels de la santé, qui craignent que des patients aux prises avec des douleurs chroniques développent une dépendance aux narcotiques, en attente de leur chirurgie.

Un stationnement d'hôpital.

Les médecins sont inquiets de la qualité des soins offerts dans les hôpitaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Il y a tout le volet de manque de soins intensifs, pour la production chirurgicale qui est vitale en cardio-vasculaire, les problématiques de disponibilité de personnel pour assurer des soins avancés, dont en cardiologie, a-t-elle ajouté. Alors, on a toutes ces problématiques-là qui sont très aiguës, qui sont beaucoup de bris de service en obstétrique, où les patientes vont d’une salle d’accouchement à l’autre.

La présentation en ligne de la Dre Suzanne Gagné n’a été suivie d’aucune intervention. La présidente-directrice générale du CIUSSS, Julie Labbé, était absente à la séance de mercredi.

Merci beaucoup, on reçoit votre message. On accueille votre message, a mentionné en conclusion Guylaine Dubé, vice-présidente du conseil d’administration, qui dirigeait la séance. Bonne fin de soirée à vous. Bon courage.

Des inquiétudes dans le nord du Lac-Saint-Jean

Plus tôt lors de la séance, la présidente du Comité consultatif Maria-Chapdelaine, Carole Richer, a fait part des préoccupations qui demeurent nombreuses pour l’accès aux services dans le nord du Lac-Saint-Jean.

Les ruptures de services dans le secteur de Dolbeau-Mistassini au courant de la dernière année, notamment en obstétrique, ont créé une onde de choc et ont suscité beaucoup de questions, en particulier auprès des nouveaux élus municipaux entrés en poste en novembre, a-t-elle rapporté.

Elle a évoqué à plusieurs reprises son inquiétude face à l’important manque de bénévoles pour transporter les patients âgés des milieux éloignés pour avoir accès à certains soins de santé.

« Évidemment, ça met de la pression sur toute la situation du transport bénévole, le fait de ne plus avoir de prélèvements dans les municipalités rurales. »

— Une citation de  Carole Richer, présidente du Comité consultatif Maria-Chapdelaine

Les déplacements se font ainsi de plus en plus longs pour des conducteurs bénévoles qui sont souvent eux-mêmes âgés. La perte du seul service de taxi à Dolbeau-Mistassini complique également la tâche.

Carole Richer a en outre mis de l’avant le manque criant de ressources en santé mentale sur le réseau local de services (RLS) de Maria-Chapdelaine. On ne savait plus où diriger les gens qui avaient un besoin urgent, a-t-elle déploré. Les besoins en santé mentale auprès des hommes ont également augmenté au courant de la dernière année.

L'hôpital de Dolbeau-Mistassini.

Les investissements se font attendre à l'hôpital de Dolbeau-MIstassini.

Photo : Radio-Canada

Elle a suggéré de privilégier un déplacement de la main-d’oeuvre vers les patients, plutôt que le contraire, en cas de bris de services.

La présidente du comité a insisté sur l’importance de développer une stratégie d’attraction de la main-d’oeuvre pour le territoire, d’autant plus que plusieurs médecins prendront leur retraite dans les prochaines années. La pénurie de logements abordables est un frein supplémentaire à l’arrivée de nouveaux employés, a-t-elle relevé.

Carole Richer s’est également inquiétée que les investissements pour la construction d’un nouveau bloc opératoire à l’hôpital de Dolbeau-Mistassini n’aient pas été confirmés, alors que les travaux doivent débuter en septembre, a-t-elle indiqué.

Une amélioration des communications

Malgré les préoccupations soulevées, la présidente du comité fondé en 2015 a tenu à souligner l’amélioration des communications et l’excellente collaboration avec les gestionnaires de proximité en place. Carole Richer avait d’ailleurs déploré devant le conseil d’administration l’an dernier que le comité apprenait les bris de services dans les médias.

Julie Lavoie, présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS, a souligné la reprise de différents services dans le secteur de Maria-Chapdelaine, notamment à Normandin, et a mentionné que le secteur de Péribonka suivrait.

Je suis très contente de tout le volet de nos objectifs communs qu’on a à l’intérieur de ça. Vous l’avez noté, on a beaucoup augmenté notre présence sur le territoire de Maria-Chapdelaine, a-t-elle souligné.

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