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Crise des surdoses : des tests de détection du fentanyl à emporter chez soi efficaces

Une main tient une bandelette.

Les bandelettes de détection de fentanyl permettent de déterminer rapidement si une drogue contient du fentanyl.

Photo : Vancouver Coastal Health

Des tests de dépistage du fentanyl à l’aide de bandelettes simples à utiliser à la maison sont efficaces même entre les mains de toxicomanes non spécialement formés à les manipuler, conclut une étude menée dans la région de Vancouver.

L’étude a comparé la fiabilité des résultats de ces tests dans deux contextes différents, à la maison et dans un site d’injection supervisée, afin de vérifier que la distribution directe aux consommateurs de drogue est une bonne idée.

C’est parce que les gens qui viennent aux centres de surdoses ne meurent pas de surdoses, ce sont les gens seuls à la maison qui [en] meurent, affirme l’auteur principal et médecin-hygiéniste en chef adjoint de la régie de santé de Vancouver Coastal (VCH), Mark Lysyshyn.

La régie de santé, qui a mené l’étude d’avril à juillet 2019 en collaboration avec le Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique et le BC Centre on Substance Use, entre autres, a tardé à la publier en raison de la pandémie, qui a fortement mobilisé son personnel, explique le docteur Lysyshyn.

L’organisation, qui connaissait déjà les résultats, a cependant continué à distribuer ces tests, maintenant disponibles dans dix sites différents à Vancouver et dans dix autres sur le territoire de la régie de santé, qui inclut notamment Burnaby, Richmond, Squamish et Whistler.

La main d'une femme trempe une bandelette dans un petit récipient d'eau.

Il suffit de mélanger la drogue avec un peu d'eau, puis d'y tremper la bandelette, afin de déterminer s'il y a présence de fentanyl.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

90 % des opioïdes contenaient du fentanyl

L’étude a été publiée dans l’International Journal on Drug Policy (en anglais), (Nouvelle fenêtre) une revue scientifique à comité de lecture. Ses auteurs ont suivi pendant quatre mois un peu plus de 200 toxicomanes du quartier du Downtown Eastside, à Vancouver, qui ont fourni en tout près de 1700 résultats de dépistage.

Tant les tests effectués par les consommateurs à la maison que ceux effectués par des travailleurs dans les centres d’injection supervisée ont montré qu’environ 90 % des opioïdes analysés contenaient du fentanyl.

Cet opiacé de synthèse jusqu’à 40 fois plus puissant que l’héroïne est le principal responsable de la crise des surdoses, qui a fait en moyenne six morts par jour en 2021 en Colombie-Britannique.

La plupart des drogues opioïdes [vendues dans] la rue ont du fentanyl, constate Mark Lysyshyn, qui admet qu’on peut par conséquent se poser la question de l’utilité d’un test de dépistage qui confirme pour plusieurs quelque chose qu’ils savent déjà.

Il explique cependant que ce test reste utile pour des consommateurs irréguliers qui prennent de la drogue à la maison, pour les toxicomanes habitant des régions où aucun site d’injection supervisée n’existe, ou encore pour analyser des drogues stimulantes, comme la MDMA, plus rarement coupées avec du fentanyl.

Et c’est une chose de savoir que beaucoup de drogues ont du fentanyl, mais une autre de savoir que celle que j’ai devant moi en contient, ajoute-t-il.

Une utilisation simple

L'utilisation de tests à bandelette est simple. Il suffit de prendre une petite quantité de la drogue et de la mélanger avec quelques gouttes d'eau. Le consommateur doit ensuite tremper la bandelette dans la solution et celle-ci révèle, en quelques secondes, la présence ou non de fentanyl, ou encore de certaines substances similaires comme le carfentanil. Le résultat ne donne toutefois pas leur concentration dans la drogue testée.

Le Dr Lysyshyn indique cependant que, même si ce type de dépistage détecte normalement plutôt bien dix substances dites analogues au fentanyl, son efficacité n’est pas nécessairement optimale avec toutes.

Les languettes ne peuvent pas démontrer tout le risque qui est présent, mais ça marche très bien pour détecter la majorité des risques, dit-il.

Le médecin-hygiéniste en chef adjoint de la régie de la santé Vancouver Coastal aimerait beaucoup que le gouvernement provincial distribue ce type de test à plus grande échelle en Colombie-Britannique.

La régie de santé de l’Intérieur (IH), qui a aussi participé à l'étude, affirme que sur son territoire, qui couvre notamment Kamloops, la vallée de l’Okanagan et les Kootenays, 60 sites offrent maintenant les tests à bandelettes.

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