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Des Premières Nations fouilleront les terres du pensionnat pour Autochtones de Spanish

Une photo d'archive d'un bâtiment.

L'école pour garçons du pensionnat pour Autochtones de Spanish a été la proie des flammes, puis démolie.

Photo : Centre des pensionnats pour autochtones de Shingwauk

Trois Premières Nations du Nord de l’Ontario préparent des démarches pour fouiller les lieux de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Spanish, le plus gros établissement du genre dans la province.

Les Premières Nations de Serpent River, Mississauga et Sagamok ont établi un partenariat pour coordonner leurs démarches dans l’espoir de réussir à convaincre les ordres religieux et les familles propriétaires du terrain de les laisser fouiller les lieux.

Les pensionnats pour Autochtones de Spanish - deux écoles unisexes qui ont été ouvertes de 1913 à 1965 - sont considérés comme les plus gros pensionnats pour Autochtones de l'histoire de l'Ontario.

L’école pour garçons a été la seule au pays gérée par les jésuites alors que l'école pour filles a aussi été la seule au pays gérée par les Filles du cœur de Marie.

Un bâtiment vide à l'intérieur sur un terrain boisé.

Le bâtiment de l'école pour filles du pensionnat pour Autochtones de Spanish est en ruines.

Photo : Centre pour la vérité et la réconciliation

Selon les informations du Centre national sur la vérité et la réconciliation, au moins 79 enfants autochtones sont décédés alors qu’ils étaient au pensionnat.

Le Centre fait état d’un pensionnat dont la viabilité financière repose sur les opérations de la ferme sur son terrain.

Les bâtiments des deux écoles sont aujourd’hui détruits ou en ruines.

Un processus de mémoire

Brent Bissaillon, chef de la Première Nation de Serpent River, affirme que les démarches de sa communauté sont un lent processus.

Nous récoltons des témoignages des aînés et des survivants de notre communauté, tout en retrouvant des informations de jésuites et d’autres ordres religieux qui dirigeaient le pensionnat, indique-t-il.

Brent Bissaillion se tient debout devant un lac.

Brent Bissaillion, chef de la Première Nation de Serpent River

Photo : CBC/Erik White

La Première Nation tient particulièrement à la contribution des aînés et des survivants, qui vont guider leur processus à l’aide de l’histoire de membres de la communauté qu’ils ont perdus pendant l'existence du pensionnat.

Un exemple de l’importance des souvenirs, selon M. Bissaillon, c’est d’apprendre par la bouche d’un survivant que les jeunes passaient l’été sur des îles. Il faut donc à ce moment ajuster notre plan pour fouiller ces îles, indique-t-il.

Pour obtenir davantage d’informations, la Première Nation doit aussi faire des démarches auprès des Filles du cœur de Marie, qui n’a plus de bureaux en Ontario.

L’ordre religieux qui gérait l’école pour filles n'opère plus ici, ils sont plutôt secrets, c’est difficile d’avoir de l’information, explique M. Bissaillon, ajoutant que la famille des particuliers qui possèdent maintenant le terrain de l’école pour filles collabore avec eux.

M. Bissaillon affirme qu’il a le soutien de la Municipalité de Spanish dans les démarches de sa communauté, mais qu’il n’a pas encore fait de demandes à leur égard, une information corroborée par la Municipalité.

La Première Nation de Sagamok, quant à elle, affirme avoir embauché un consultant pour assister son chef dans l’organisation des démarches de fouilles.

Faire survivre l’histoire orale

M. Bissaillon refuse de mettre une date au calendrier pour le début des fouilles sur le territoire.

On veut vraiment prendre notre temps, c’est un processus qui est très difficile mentalement pour les survivants et les aînés. On le sait, ça a pris 10 ans avant que le processus qui a mené aux fouilles de Kamloops donne des résultats.

Mais cette volonté de prendre son temps, aux dires de M. Bissaillon, contraste avec le fait que le temps presse pour plusieurs membres de la communauté.

Une photo de groupes de jeunes assis autour d'une paroi rocheuse.

Les Premières Nations devront interroger des survivants des pensionnats afin de préparer leur plan de fouille des lieux.

Photo : Centre pour la vérité et la réconciliation

Nous voulons faire les démarches comme il le faut en prenant en compte la santé de notre communauté, aussi rapidement ou lentement que nous sommes capables, nous devons par contre prendre en compte que beaucoup des survivants sont très vieux et que le temps presse pour eux, alors c’est un travail de trouver l’équilibre , ajoute M. Bissaillon.

En ce qui concerne la fouille elle-même, la Première Nation n’a pas encore choisi la méthode qu'elle compte utiliser pour fouiller le sol.

Certaines Premières Nations font affaire à des entrepreneurs, d’autres forment des membres de la communauté à utiliser ces machines, explique-t-il.

Pour notre situation, nous sommes en train de faire nos démarches pour comprendre quel serait le meilleur moyen technique pour effectuer notre fouille. Les radars utilisés par les autres Premières Nations ne conviennent pas à tous les terrains, surtout que celui du pensionnat est maintenant un boisé épais, indique M. Bissaillon.

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