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Plus de 200 personnes demandent une enquête indépendante sur le grand chef Arlen Dumas

Le grand chef de l’Assemblé des chefs du Manitoba est suspendu depuis mars dernier en raison d’une allégation d’inconduite sexuelle.

Arlen Dumas.

Le grand chef Arlen Dumas est suspendu depuis le mois de mars à la suite d'une allégation d'inconduite sexuelle.

Photo : CBC / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Une lettre ouverte adressée à l’Assemblée des chefs du Manitoba (ACM), signée par plus de 200 personnes – dont plusieurs personnalités et politiciens –, demande une enquête indépendante sur le grand chef suspendu Arlen Dumas.

La lettre écrite par la militante des droits des femmes autochtones Sandra DeLaronde, et publiée sur les réseaux sociaux lundi, demande à l’assemblée de faire preuve de transparence dans son traitement d’une allégation d’inconduite sexuelle contre Arlen Dumas. Elle demande aussi à l'ACM de mieux soutenir les personnes traumatisées par cette allégation.

C’est un long, douloureux et souvent silencieux cheminement pour les personnes qui ont été victimes de violences sexuelles, indique la lettre, qui comprend les noms des députés provinciaux du Manitoba Nahanni Fontaine et Bernadette Smith et de la députée fédérale Leah Gazan.

Des médecins, des avocats et de nombreux défenseurs des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées sont aussi signataires.

La grande majorité d'entre eux sont des femmes, une douzaine sont des hommes et trois sont des organisations communautaires, à savoir le Social Planning Council de Winnipeg, le West Central Women’s Resource Centre et Ka Ni Kanichihk.

Je suis très fière de toutes les personnes qui ont pris un grand risque personnel pour soutenir les nombreuses victimes qui ont été réduites au silence par l’Assemblée des chefs du Manitoba, a écrit la militante pour les droits des femmes autochtones Sandra DeLaronde dans une publication sur les réseaux sociaux, mardi soir, un jour après avoir publié la lettre et lancé un appel à d’autres signataires.

« Je crois que les victimes de violences sexuelles peuvent prendre de la force grâce aux plus de 200 signataires de cette lettre ouverte. Vous n’êtes pas seules! »

— Une citation de  Sandra DeLaronde, militante pour les droits des femmes autochtones

Arlen Dumas est suspendu depuis le mois de mars à la suite d'une allégation d’inconduite sexuelle envers une collègue.

Dans une lettre envoyée au conseil exécutif des chefs de l’ACM, dont CBC avait obtenu copie, la femme a déclaré qu’une plainte officielle avait été déposée auprès du Service de police de Winnipeg.

Selon la lettre ouverte publiée par Sandra DeLaronde, d’autres femmes se sont manifestées depuis, et d’autres allégations ont été faites vers la fin mai.

La police n’a pas voulu confirmer ces plaintes, à moins qu’un numéro d’incident ne soit fourni.

CBC/Radio-Canada a tenté à plusieurs reprises de joindre M. Dumas pour des commentaires depuis le début, mais il n’a pas répondu.

Sandra DeLaronde est vêtue d'un manteau d'hiver.

Sandra DeLaronde, militante pour les droits des femmes autochtones

Photo : Radio-Canada / Cameron MacLean

La lettre de Mme Delaronde demande la création d’une commission d’enquête indépendante élaborée et dirigée conjointement par l’Assemblée des chefs du Manitoba et des défenseurs des victimes.

Une telle procédure peut se dérouler parallèlement à une enquête policière et mettre au centre les victimes, comme nous disons si souvent de la nécessité de le faire, indique la lettre.

La lettre note que des demandes ont été faites à deux reprises afin qu’une rencontre avec le grand chef intérimaire de l’ACM soit organisée. Ces demandes ont été faites le 30 mars et le 4 avril.

Le grand chef intérimaire était à l’époque Eric Redhead. Il a démissionné à la mi-avril. Il a été élu mardi député néo-démocrate de Thompson.

Cornell McLean assure maintenant l’intérim.

Aucune autre victime, dit l’ACM

L’Assemblée des chefs du Manitoba conteste les allégations selon lesquelles d’autres victimes se sont manifestées.

Dans un communiqué de presse publié mardi, la porte-parole Amanda Fredlund déclare qu’aucune plainte officielle, outre celle datant du mois de mars, n’a été déposée auprès de son organisation concernant M. Dumas.

L’ACM n’a pas non plus été informée par la police d’autres plaintes criminelles, ajoute-t-elle.

Mme Fredlund affirme qu’une enquête sur l’allégation est presque terminée et que le rapport sera probablement présenté au comité du personnel et des finances de l’organisme d’ici la fin juin.

Elle reconnaît que plusieurs défenseurs ont offert leur aide dans le cadre de l’enquête, mais qu’il y a des obligations légales à respecter, notamment la confidentialité et l’impartialité sur le lieu de travail.

Comme l’enquête indépendante sur le lieu de travail est en cours, l’ACM ne peut entreprendre aucun processus qui mettrait en péril ses obligations légales en rapport avec l’enquête, indique Mme Fredlund dans le communiqué.

Mme DeLaronde a réagi à cette réponse dans son message publié sur les réseaux sociaux.

L’ACM se présente comme un gouvernement au service de ses citoyens, mais choisit plutôt d’agir sur les conseils de ses avocats et de rejeter l’occasion de dialoguer avec les victimes, déplore-t-elle.

Avec les informations de Darren Bernhardt

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