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Une partie du REM devrait accueillir ses premiers passagers en décembre

Un rame du Réseau express métropolitain.

Le REM devrait circuler entre les stations de Brossard et de la gare Centrale dès le 1er décembre si tout va bien.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

Le tronçon du Réseau express métropolitain (REM) reliant la Rive-Sud à la gare Centrale de Montréal devrait être mis en service le 1er décembre, a appris Radio-Canada, soit environ un an plus tard que ce qui était initialement prévu.

Cette antenne, qui compte cinq stations entre Brossard et le centre-ville, est achevée à 90 %, d’après une présentation de la CDPQ Infra. La date ciblée demeure cependant une tentative, selon le porte-parole responsable du dossier du REM, Jean-Vincent Lacroix.

Il fallait, auprès de nos partenaires en transport collectif – l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), la Société de transport de Montréal (STM), etc. –, les avertir pour qu'ils puissent se coordonner au niveau des autobus. Donc, eux ont été avisés un certain nombre de mois d'avance pour s'assurer que les trajets d'autobus soient bien connectés aux stations, explique-t-il.

La date exacte de la mise en service du REM sera annoncée un mois d'avance, indique M. Lacroix, car il reste encore quatre étapes cruciales avant d’accueillir les premiers passagers.

Il y aura d’abord une période d’opération simulée sur une petite distance entre les stations Brossard, du Quartier et Panama, toutes sur la Rive-Sud. Viendra ensuite la fin des travaux d’électrification jusqu’à la gare Centrale pour finalement permettre l’élargissement de la zone d’essais jusqu’à Montréal cet été et au début de l’automne.

« On veut s'assurer que ce sont les tests qui font foi de tout. Si c'était à ajuster, on le fera. [...] C'est le dernier droit et le plus déterminant. »

— Une citation de  Jean-Vincent Lacroix, porte-parole de la CDPQ Infra

Ces tests se feront à fréquence réduite jusqu’à ce que le réseau soit prêt pour des essais sans passagers en bonne et due forme, qui se feront cette fois selon les fréquences réelles. En période de pointe, il y aura des départs à toutes les deux minutes et demi, environ, mais le réseau peut atteindre une cadence d'un départ aux 90 secondes.

Deux personnes dans un hangar entourées de voitures du REM.

Les prochains mois mettront à l'épreuve le REM lui-même, mais aussi les équipes qui veilleront à son bon fonctionnement.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

Pour que les essais finaux soient considérés comme un succès, il faudra que le système ait un taux de fiabilité globale de 95 % ou plus durant 10 jours consécutifs.

Il faut s’assurer aussi que les équipes sont 100 % opérationnelles, souligne M. Lacroix, car même si le REM circulera de manière entièrement autonome, il y a quand même beaucoup de travailleurs et de travailleuses qui veillent à son bon fonctionnement et qui devront intervenir en cas de défaillance.

Les autres tronçons du REM, soit les antennes Deux-Montagnes et Sainte-Anne-de-Bellevue, sont terminés à 52 % et 58 %, respectivement. Pour le moment, leur date de mise en service est prévue pour la fin de 2024.

Et pour l'hiver?

Les derniers essais cruciaux vont se dérouler dans des conditions estivales relativement clémentes, mais les systèmes du REM ont quand même été mis à l'épreuve en hiver, assure M. Lacroix. On a franchi l'hiver 2020 et l'hiver 2021 en mode test, précise-t-il.

Les diverses composantes du système ont aussi été testées en chambre climatique pour simuler des températures extrêmes ainsi que des écarts de températures rapides, l'un des principaux problèmes qui peuvent nuire à des pièces électroniques.

Retards et dépassements de coûts

Lorsque le REM a été annoncé en 2016, on prévoyait qu’il accueillerait ses premiers passagers à compter de l’automne 2021. Depuis, l’inauguration de la première partie du réseau de transport a été repoussée à deux reprises. En novembre 2020, on annonçait un premier décalage à l’été 2022, puis au début de l’année, Radio-Canada a appris que la mise en service était de nouveau repoussée à l’automne 2022.

Dans les deux cas, ce sont des imprévus avec le chantier et des ralentissements des travaux engendrés par la pandémie de COVID-19 qui étaient en cause. Ces facteurs et les retards qui en ont découlé ont aussi fait gonfler la facture du REM. En 2016, la facture était estimée à 5,5 milliards de dollars. Aujourd’hui, la note se chiffre à près de 7 milliards de dollars.

Il se pourrait que la facture grimpe encore à cause du tunnel Mont-Royal, prévient Jean-Vincent Lacroix. C'est sans doute le plus gros défi du projet, et de loin, selon lui. C'est en effet dans ce tunnel qu'est survenue en juillet 2020 une détonation imprévue attribuable à des traces d'explosifs datant de la construction du tunnel il y a plus d'un siècle. Il a donc fallu adapter les méthodes de travail sur le chantier pour des raisons de sécurité évidentes.

Un ouvrier avec un casque muni d'une lampe frontale dans un vaste tunnel.

Le tunnel Mont-Royal a eu un « effet domino » sur l'ensemble des travaux, selon le porte-parole Jean-Vincent Lacroix.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La voûte du tunnel était également en piètre état. La CDPQ Infra a décidé d'en faire la réfection en entier par en dessous, ce qui est plus long et complexe (et donc plus coûteux) que l'autre option, soit d'éventrer la rue Sainte-Catherine et de procéder par-dessus.

La station de l’aéroport Montréal-Trudeau – la seule dont CDPQ Infra n'est pas responsable – devait ouvrir ses portes à la fin de 2024 comme le reste du réseau, mais ce pan du projet a lui aussi été victime de la crise sanitaire.

Aéroports de Montréal a perdu un milliard de dollars en revenus à cause de la pandémie, ce qui l’a contraint à retarder la première pelletée de terre au mois de mars 2022. Les travaux ont pu être relancés grâce à un coup de pouce de 600 millions de dollars de Québec et d’Ottawa. Impossible toutefois de savoir quand le chantier sera achevé.

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