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Des travailleurs de l’éducation prêts à en découdre avec le gouvernement Ford

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Des syndicats n'excluent pas l'éventualité de grèves dès la rentrée si les négociations n'aboutissent pas avec le nouveau gouvernement Ford, comme cela avait été le cas lors des dernières négociations de conventions collectives en 2020. (archives.)

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Certaines conventions collectives des syndicats de l'éducation viennent à échéance et ceux-ci se préparent à négocier avec le gouvernement de Doug Ford.

Le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO), qui représente 55 000 employés de soutien des écoles, notamment le personnel de bureau, les aides-enseignants, les travailleurs des services de nutrition, a d’ores et déjà adressé un avis d’intention de négocier au gouvernement pour le renouvellement de sa convention collective qui arrive à échéance à la fin du mois d'août.

Nous espérons qu'au cours des 90 prochains jours, nous pourrons avoir de bonnes et justes négociations [avec le gouvernement de Doug Ford] pour mettre en place les priorités que nous avons pour les services aux étudiants, explique-t-elle.

« Les grèves ne sont pas unilatérales. Les risques [de grève] dépendent vraiment du gouvernement et des associations de conseils scolaires qui s'assoient à la table et discutent avec nous. »

— Une citation de  Laura Walton, présidente du CSCSO
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Laura Walton affirme que certains de ses membres doivent avoir deux emplois pour joindre les deux bouts.

Photo : CBC

La présidente du CSCSO, Laura Walton n’exclut pas l’idée qu’une grève de ses membres se produise dès le mois de septembre, considérant que la question salariale est l’une des principales pommes de discorde entre le gouvernement et ses membres, dont la moyenne des émoluments se situe, selon elle, à 39 000 $ par an.

Nous sommes donc les travailleurs en éducation les moins bien payés en Ontario, dans tout le secteur de l'éducation. Cela devient donc un véritable problème de recrutement et de rétention. Les gens quittent leur emploi, indique-t-elle.

Beaucoup à faire

Outre la question des salaires, Mme Walton déplore également le trop-plein de travail, résultante du manque de ressources et de personnel, dit-elle.

Nous avons des écoles qui font le ménage tous les deux jours. Nous avons des enseignants qui ont du mal à répondre aux besoins des élèves parce qu'ils ont une charge de travail qui ne cesse de croître. Le soutien individuel n'est tout simplement pas là, souligne-t-elle.

« Nous entendons parler de commissions scolaires qui réduisent le nombre d'éducateurs de la petite enfance, ce qui signifie que nos plus jeunes élèves, qui commencent tout juste leur parcours éducatif, ne reçoivent pas non plus le soutien dont ils ont besoin. »

— Une citation de  Laura Walton présidente du CSCSO

Mme Walton note également qu’il existe au sein du système éducatif des problèmes de santé, de sécurité et de violence. Des problèmes qui pourraient être, selon elle, pris en charge si toutes les parties prenantes s’asseyaient à la table des négociations.

Le CSCSO n’est pas la seule organisation syndicale à avoir signifié au gouvernement son intention de négocier. L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) en a fait autant.

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Anne Vinet-Roy affirme que les enseignants sont confrontés à une pléthore de difficultés.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Dans un communiqué, l’organisme qui compte environ 12 000 membres dit souhaiter le renouvellement des conventions collectives du personnel enseignant régulier et suppléant des conseils scolaires francophones qui arrivent à échéance le 31 août 2022.

« Le gouvernement encourage de plus en plus l’apprentissage en mode virtuel ou à distance, et ce, même s’il est prouvé que les élèves apprennent mieux lorsque l’enseignement est prodigué en personne. »

— Une citation de  Citation d’Anne Vinet-Roy, présidente de l’AEFO (communiqué)

La présidente de l’organisation, Anne Vinet-Roy, mentionne dans le communiqué quelques défis auxquels ses membres font face, dont la pénurie de personnel ainsi que les exigences souvent purement administratives du gouvernement et des conseils scolaires.

Difficultés en perspective?

Ricardo Tranjan est économiste politique et chercheur principal au Centre canadien de politiques alternatives. Il examine de près le système éducatif et les politiques de financement.

Il n'exclut pas l’idée que la période de renouvellement des conventions collectives qui s’ouvre soit particulièrement tendue, puisque, indique-t-il, la relation n’a jamais été amicale [entre les syndicats et le gouvernement].

Si on regarde les quatre premières années [...], le gouvernement provincial a proposé l’augmentation du nombre d’étudiants par enseignant dans les écoles partout en Ontario, explique-t-il.

« Il a aussi proposé des cours en ligne obligatoires pour les étudiants au niveau secondaire et ça a généré une forte opposition de la part des parents. »

— Une citation de  Ricardo Tranjan, économiste

M. Tranjan pense que la pandémie a accordé une forme de répit au gouvernement, un répit qui n’est désormais plus tout à fait de mise.

Je pense que la relation était déjà tendue dès le début, dès 2018. [...] Je m’attends à ce que ce soit une relation tendue et on va beaucoup en parler, précise-t-il.

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Ricardo Tranjan ne serait pas étonné d'assister à des négociations ardues entre les syndicats et le gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Reno Patry

S’il reconnaît volontiers le caractère politiquement écrasant de la victoire des progressistes-conservateurs, il précise néanmoins que le taux de participation relativement faible peut jouer contre le gouvernement.

C’est sûr que [Doug Ford] est dans une position forte, mais on se souvient aussi que c’est seulement 18 % de la population qui a voté pour lui, affirme-t-il.

Il considère que les syndicats des enseignants sont parmi les syndicats les plus forts en Ontario, en raison, entre autres, du soutien des parents dont ils bénéficient souvent, puisque ces derniers sont connectés aux besoins de leurs enfants et sont conscients des besoins dans les écoles.

M. Tranjan fait remarquer que les élèves, ceux du secondaire notamment, pourraient eux aussi se lancer dans des mouvements de contestation, comme ce fut le cas par le passé.

En ce qui la concerne, Mme Walton se dit déterminée à obtenir ce qu’il y a de mieux pour ses membres, dont un certain nombre vit dans des conditions pour le moins difficiles.

Le fait que la majorité des travailleurs de l'éducation ont plus d'un emploi, c'est parce qu'ils veulent continuer à fournir les services dans le système scolaire, mais ils en ajoutent pour pouvoir joindre les deux bouts, explique-t-elle.

Avec les informations de CBC

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