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Des taux d’assurance automobile faramineux pour les réfugiés ukrainiens à T.-N.-L.

Rue et voitures.

Les Ukrainiens qui fuient la guerre se heurtent à des tarifs d'assurance automobile exorbitants.

Photo : Radio-Canada / Colleen Connors

La Presse canadienne

Les Ukrainiens fuyant l’invasion russe se font demander de payer des milliers de dollars d’assurance automobile à Terre-Neuve-et-Labrador. Des intervenants sont inquiets que ces prix compliquent l’installation des réfugiés.

La Presse canadienne a pu constater les soumissions de deux compagnies qui offrent de l’assurance automobile aux réfugiés. Une était de 5592 $ et l’autre de 8288 $ pour un an.

Le tarif moyen à Terre-Neuve-et-Labrador est de 1200 $ selon l'Agence statistique d’assurance générale.

Selon Adilya Dragan, qui aide plusieurs des 166 réfugiés ukrainiens arrivés récemment dans la province, les taux élevés sont une préoccupation importante pour ceux qui ont choisi de s’installer à Saint-Jean.

C’est vraiment beaucoup, indique Mme Dragan, qui est originaire de la Russie, dans une entrevue mardi.

La plupart a trouvé un emploi qui paie entre 15 et 20 $ l’heure, ce qui rend le paiement d’une assurance automobile impossible, ajoute-t-elle.

Une intégration difficile

Terre-Neuve-et-Labrador est la province qui s’est impliquée tôt dans l’arrivée des Ukrainiens. Un bureau a été créé à Varsovie en mars pour aider ceux qui fuyaient les attaques des forces russes et la province est la première à avoir nolisé un avion pour faire venir des Ukrainiens au Canada. Le vol est arrivé le 9 mai à Saint-Jean.

Mme Dragan indique que certains Ukrainiens, surtout ceux qui ne maîtrisent pas l’anglais, ont seulement pu trouver un emploi en dehors du centre-ville. D’autres y ont trouvé un emploi, mais n’arrivent pas à se loger en raison du marché locatif compétitif dans la région.

Le taux d’inoccupation à Saint-Jean était de 3,1 % en octobre 2021, une baisse importante alors qu’il était de 7,5 % un an auparavant selon la Société canadienne d'hypothèque et de logement.

Adilya Dragan conduit donc un homme de 31 ans tous les jours à son lieu de travail parce qu’il ne peut pas se permettre de payer l’assurance. Il travaille sur un chantier de construction à Conception Bay South, à 30 kilomètres de la capitale.

Des besoins pour le logement abordable aussi

Monica Abdelkader, directrice des services d’installation à l’Association pour les nouveaux Canadiens indique que ces hauts taux d’assurance illustrent aussi les besoins pour davantage de logements abordables dans la région de Saint-Jean.

Elle note que plusieurs mères seules du groupe doivent aussi débourser de l'argent pour les services de garde ou les camps de jour pour leurs enfants cet été.

Elle pointe que le problème des assurances n’est pas unique aux Ukrainiens.

C’est un problème de longue date pour les nouveaux arrivants, constate-t-elle.

Elle explique que les réfugiés arrivent au pays sans permis de conduire canadien, en provenance de pays où il est difficile d’obtenir des dossiers de conduite ou d’autres documents. Elle ajoute que les prix baissent habituellement après 90 jours, puis après un an.

Mais en attendant, les nouveaux arrivants commencent à s’installer et doivent trouver une solution. Dans le cas des réfugiés ukrainiens, certains employeurs ont augmenté leur salaire pour couvrir une partie des frais jusqu’à ce que les taux soient gérables.

T.-N.-L. demande aux assureurs d'agir

Le ministre de l’Immigration Gerry Byrne précise que les compagnies d’assurance n’ont pas d’obligations de demander des taux si élevés.

Gerry Byrne.

Le ministre provincial de l’Immigration, de la Croissance démographique et des Compétences, Gerry Byrne.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le gouvernement demande à l’industrie de l’assurance de notre province de faire comme le reste de la province et trouver des solutions, et non exploiter cela comme une occasion pour engendrer plus de revenus, indique M. Byrne.

La province tente de trouver une solution pour accorder un permis de conduire de la province aux personnes qui en détiennent un valide en Ukraine et une annonce est attendue dans les prochains jours.

La vice-présidente atlantique du Bureau de l’assurance du Canada Amanda Dean que cela aiderait.

Elle encourage les Ukrainiens et les courtiers d’assurance à les appeler pour exprimer leurs préoccupations. Elle ajoute que les Ukrainiens doivent informer les compagnies des raisons qui expliquent pourquoi ils n’ont pas certains documents ou certaines informations sur leur dossier de conduite. Cela permet aux courtiers d’expliquer la situation aux souscripteurs d'assurance qui décident ultimement du coût des polices.

Nous avons beaucoup de discussions à ce sujet en ce moment. C’est quelque chose de nouveau et nous voulons absolument travailler avec les courtiers et les gouvernements, indique Mme Dean.

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