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Logements abordables : une demande en hausse et une clientèle qui change

Sur un balcon est apposée une affiche déchirée de logement à louer.

En mars dernier, la Ville de Drummondville a annoncé près de 6 millions $ pour faire face à la crise du logement. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

À l’approche du 1er juillet, qui rime avec déménagements, la demande pour des logements abordables explose, notamment à l’Office d’habitation (OH) Drummond. Une intervenante sociale de l’organisme rapporte qu’elles se chiffrent à 372 pour la première moitié de l’année, par rapport à 250 pour la même période l’an dernier.

Mélanie Landry travaille comme intervenante sociale depuis une vingtaine d’années et s’occupe de chercher des logements à l’OH Drummond depuis trois ans. Elle coordonne les intervenants, fait l’inventaire des logements disponibles, convainc les locataires de changer de milieu et transmet des données à ses supérieurs et à d’autres organismes, notamment.

Elle affirme qu’il s’agit cette année de sa troisième crise du logement depuis qu’elle est en poste. C’est que le téléphone ne dérougit pas. Il peut sonner une trentaine de fois par jour.

Mme Landry observe d’ailleurs un changement dans la clientèle qui communique avec elle pour obtenir de l’aide. Ce n’est plus juste des familles qui sont sur l’aide sociale. C’est des familles qui sont travaillantes et qui ont quand même un revenu autour de 30 000 $, 40 000 $ qui viennent me voir aussi avec des petites familles ou des couples et qui ont un crédit vraiment défavorable pour eux.

Et elle s’attend à ce que la situation s’empire avec la hausse de l’essence, la hausse des logements, les salaires qui n’augmentent pas nécessairement.

Sur une centaine d’annonces répertoriées, Mélanie Landry a constaté que près de la moitié d’entre elles affichent un prix de plus de 1000 $ par mois. Dans moins de 20 % des cas, la mensualité des logements se situe à moins de 700 $, mais à ce prix, la salubrité des lieux devient un enjeu, précise-t-elle.

À titre comparatif, un locataire qui reçoit un supplément au loyer doit se loger pour un maximum de 790 $/mois pour y avoir droit, des denrées rares, ajoute l’intervenante.

Une aide de la Ville

En mars dernier, la Ville de Drummondville a annoncé près de 6 millions $ pour faire face à la crise du logement.

Cet argent doit permettre de faire l’acquisition d’immeubles à logements, de les rénover et d’offrir les appartements à un prix abordable.

L’enveloppe prévoit aussi la mise sur pied d’un fonds dédié à la création de logements sociaux, mais cela prendra encore plusieurs mois ou années.

Une somme de 55 000 $ a aussi été consentie pour aider à la recherche de logements, comme le fait Mélanie Landry. Un montant qui semble mince, mais qui a l’effet d’une tape dans le dos pour l’OH Drummond.

Grâce à l’aide de la Ville, l’intervenante peut maintenant compter sur une adjointe qui l’aide à remplir des papiers et qui facilite son travail d’accompagnement. Un projet d’habitation a aussi pu être pérennisé.

« Je suis contente. Ça veut dire qu’on a démontré le besoin. La Ville nous soutient et ils nous ont aussi donné l’enveloppe pour que je puisse avoir une adjointe qui a entrée dans le budget. Donc, c’est vraiment génial. »

— Une citation de  Mélanie Landry, intervenante sociale à l'OH Drummond

Encore du travail à faire

Bien que la Ville de Drummondville fasse sa part, Mélanie Landry souhaiterait voir une plus grande implication gouvernementale pour des choses simples, comme les enquêtes de crédit.

Souvent aux frais du locataire, celles-ci coûtent 50 $ par demande et ont un impact sur leur cote de crédit.

Mme Landry voudrait que l’offre de transport en commun soit élargie pour permettre aux personnes qui doivent quitter le centre-ville d’avoir accès aux mêmes services.

Finalement, selon elle, le soutien aux autres dépenses devrait être bonifié. Actuellement, une aide de 20 $ est octroyée pour les forfaits Internet, mais ils sont parfois dispendieux et ne sont pas suffisants pour les besoins d’une famille avec enfants.

Avec les informations de Pascale Langlois

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