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Accusés de saccage par les Innus, les Hurons-Wendat plaident la remise à l’état naturel

Cinq hommes assis à une table devant des drapeaux.

La Nation huronne-wendat de Wendake a fait part de sa position dans le litige avec les Innus dans une vidéo publiée sur Facebook.

Photo : Facebook (capture d'écran)

Les relations continuent de s'envenimer entre la Nation huronne-wendat de Wendake, près de Québec, et les Innus de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. D’un côté, les Innus dénoncent le « saccage » de camps dans la réserve faunique des Laurentides, alors que les Hurons-Wendat parlent plutôt de remise « à l’état naturel ».

La Nation huronne-wendat a fait connaître sa position mardi, après avoir été sollicitée par les médias la veille.

Le grand chef Rémy Vincent, accompagné de quatre autres chefs du conseil de Wendake, a livré une déclaration dans une vidéo diffusée sur Facebook. Un avis aux membres de la communauté a aussi été rendu public.

Rémy Vincent a affirmé que les actions qui ont été entreprises avaient été présentées lors d’une assemblée publique le 13 avril. Il était alors question de remettre à l’état naturel toute nouvelle installation non autorisée sur le Nionwentsïo.

Le Nionwentsïo est le territoire ancestral des Hurons. Tout comme le territoire ancestral des Innus, Nitassinan, il couvre la réserve faunique des Laurentides entre Québec et Saguenay.

Au cours des derniers mois, des représentations ont été effectuées pour discuter d'enjeux avec Mashteuiatsh, notamment concernant l'installation de camps. Des correspondances ont été échangées, mais la dernière correspondance que nous avons adressée au chef de Mashteuiatsh le 13 avril dernier, est restée sans réponse, a débuté Rémy Vincent dans l'avis aux membres.

Celle-ci mentionnait qu’aucune nouvelle installation ne serait tolérée.

La seule "réponse" fut d'intensifier I'octroi de permis de construction de camps par Mashteuiatsh sur le Nionwentsïo, notamment sur certains sites sollicités par des membres de la Nation huronne-wendat, a-t-il enchaîné, toujours à l’intérieur du document.

Un terrain en forêt après le passage visiblement de machinerie lourde.

Selon Claudie Paul de Mashteuiatsh, des pierres et des arbres ont été mis sur le terrain et une tranchée a été creusée.

Photo : Gracieuseté de Claudie Paul

10 jours pour remettre en état les terrains

Plus tôt cette semaine, Claudie Paul, originaire de Mashteuiatsh, affirmait qu’elle avait obtenu la permission de son conseil de bande pour construire un chalet familial sur un terrain situé dans la réserve faunique. Elle avait constaté en fin de semaine que le site avait été vandalisé.

Selon elle, des pierres et des arbres ont été mis sur le terrain, une tranchée a été creusée, le tout accompagné d'une note du conseil de bande des Hurons-Wendat de Wendake affirmant qu'elle n'a pas le droit d'occuper l'endroit et qu'il s'agit de leur territoire.

Dans une déclaration publiée mardi sur le site Internet de Mashteuiatsh, il est mentionné que deux terrains occupés par des membres de notre Première Nation ont été saccagés à l’aide de machinerie lourde.

Le chef du conseil de bande de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, ne décolère toujours pas et a expédié une mise en demeure au grand chef wendat.

Elle se trouve également sur le site Internet du conseil de bande.

Gilbert Dominique en entrevue à Mashteuiatsh

Le chef du conseil de bande de Mashteuiasth, Gilbert Dominique, a envoyé une mise en demeure à son homologue de Wendake.

Photo : Radio-Canada

Nous sommes consternés que votre Première Nation ait été jusqu’à commander la perpétration de tels actes visant personnellement des Pekuakamiulnuatsh [Innus du Lac-Saint-Jean], sous prétexte qu’elle fait valoir ses droits territoriaux. Aucune revendication ne peut justifier qu’une Première Nation, qui se dit agir en gouvernement responsable, commette des gestes aussi barbares, est-il écrit.

Les Innus déplorent également que des membres des Premières Nations détruisent ainsi une partie d'un écosystème.

Finalement, nous vous accordons un délai de 10 jours suivant la réception de la présente mise en demeure afin de procéder à la remise en état complète des deux terrains qui ont été saccagés par des Hurons-Wendat, est-il aussi mentionné.

Gilbert Dominique croit que l’utilisation du territoire peut être partagée entre Innus et Wendat.

Nous on est en mesure de reconnaître que les Hurons-Wendat ont des droits d'occupation du territoire. Là-dessus il n'y a pas de divergence. La seule divergence que nous avons c'est qu'ils plaident bien sûr l'exclusivité, avait-il dit plus tôt en entrevue à Radio-Canada.

Mercredi, un communiqué commun des communautés de Mashteuiatsh ainsi que d'Essipit et Pessamit, sur la Côte-Nord, a été transmis aux médias. Ces trois communautés font partie de Nitassinan. Il a été précisé que les six chefs de la Nation Innue de l’est de Nitassinan sont tous solidaires avec ces positions.

Ian Lafrenière s'adresse à des journalistes devant un drapeau du Québec.

Le ministre québécois responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le ministre appelle au dialogue

Mardi, une demande d’entrevue a été logée auprès du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière. Il a été indiqué par son cabinet que ce n’était pas possible.

Toutefois, le ministre est bien au fait de l’enjeu de chevauchement des revendications territoriales. Chaque enjeu de cohabitation le préoccupe. Il en appelle à la poursuite du dialogue et du rapprochement, à la recherche de solutions, a mentionné par courriel son attaché de presse, Mathieu Durocher.

Avec des informations de Gabrielle Morissette

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