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Une jeune médecin autochtone de retour à Mashteuiatsh pour débuter sa pratique

Une femme sourit devant un tipi en pierre le long d'un lac.

Pascale Ouellet Dufour amorcera d'ailleurs sa pratique comme médecin à la fois dans sa communauté d'origine Mashteuiatsh et à Roberval.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Radio-Canada

Les médecins originaires des Premières Nations sont de plus en plus nombreux à obtenir leur diplôme au campus de Saguenay, comme partout ailleurs au Québec. Pascale Ouellet Dufour, originaire de Mashteuiatsh, amorcera d’ici quelques semaines sa pratique dans sa communauté et à Roberval.

Pascale Ouellet Dufour savait dès qu'elle a entrepris ses études en médecine à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), via l'Université de Sherbrooke, qu'elle voulait pratiquer à Mashteuiatsh.

Ma famille est extrêmement contente que je puisse venir m'établir pour de bon, a-t-elle partagé.

La médecin de famille partagera sa pratique entre la communauté et l'hôpital de Roberval. Pascale Ouellet Dufour terminera sa résidence à Ottawa à la fin du mois.

Elle a été attirée par la médecine familiale en raison de la pratique diversifiée qui s’offrait à elle.

Je vais travailler aussi à la prison à Roberval, au centre de détention. Pour ce qui est du 50 % dans la communauté, ça risque de varier entre les soins à domicile, il y a aussi les soins de longue durée des personnes aînées et aussi le centre de santé, a-t-elle expliqué.

En 2016, Pascale Ouellet Dufour faisait partie des cinq Autochtones admis en médecine dans la province.

L’augmentation du nombre de médecins autochtones pourra contribuer à améliorer la confiance des Premières Nations envers le système de santé.

Pour une personne autochtone, pouvoir interagir avec quelqu'un de sa culture, de sa nation, ça va augmenter beaucoup son sentiment de sécurité, a expliqué Sharon Hatcher, doyenne associée au Campus de médecine de Saguenay.

Une femme sourit dans un bureau.

Sharon Hatcher est la doyenne associée au Saguenay-Lac-Saint-Jean à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Un nombre d’étudiants en augmentation

Depuis la mise en place du Programme de formation de médecins des Premières Nations et des Inuit au Québec, en 2008, le nombre d'étudiants est en hausse.

On a 73 médecins qui sont soit dans le processus scolaire, soit qui ont terminé leurs études et à cela vient s'ajouter à 15 étudiants qui ont intégré le contingent régulier, détaille Jessie Messier, gestionnaire intérimaire des services de santé, pour la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Les étudiants doivent se soumettre à un processus de sélection. Maintenant, le processus d'admission consiste essentiellement à avoir une cote R, au niveau du collégial, de 28 et plus et par la suite, les étudiants doivent participer à une entrevue individuelle, a précisé Mme Messier.

À l’UQAC, le nombre de places réservées aux étudiants issus des Premières Nations a augmenté.

« Il y avait quatre postes associés aux Premières Nations, ça a augmenté à six et maintenant il y a huit postes à l'admission. [...] Ça fait des dizaines et des dizaines de médecins autochtones, comparé à avant, où il y en avait très, très peu. »

— Une citation de  Sharon Hatcher, doyenne associée au Campus de médecine de Saguenay

Le nombre de places est augmenté progressivement, précise-t-elle. Une fois admis, les étudiants autochtones suivent le même parcours académique que l'ensemble des étudiants.

Un pavillon d'université sur fond de ciel gris.

L'Université du Québec à Chicoutimi

Photo : Radio-Canada / Catherine Gignac

Redonner à la communauté

Plusieurs, comme Pascale Ouellet Dufour, souhaitent redonner à leur communauté, d'autant plus que les enjeux en lien avec les Premières Nations sont nombreux dans le système de santé.

Je trouve qu'il y a une belle sensibilisation au niveau de la population, puis on est en train d'avoir un mouvement qui va du bon côté, estime-t-elle. Je trouve que c'est encore plus pertinent d'être impliquée et de faire bouger les choses.

La jeune femme reçoit plusieurs messages de jeunes Autochtones qui lui demandent conseil pour étudier en médecine. Vas-y une étape à la fois, conseille-t-elle. Essaie d'avoir un équilibre dans ta vie. Je trouve que le monde voit tellement ça gros et ils oublient de prendre soin d'eux.

Les étudiants qui souhaitent pratiquer la médecine auprès des communautés autochtones peuvent également se faire en milieu urbain, rappelle Sharon Hatcher.

Ça ne veut pas dire qu'il faut absolument pratiquer dans une communauté éloignée, ou quoi que ce soit. Plus de 50 % de la communauté autochtone du Québec est en milieu urbain, souligne-t-elle. Avoir des médecins autochtones spécialistes dans des grandes villes du Québec, ça a aussi un impact. L'idée d'une diversité, d'une équité, c'est d'avoir cette diversité-là, partout, dans le corps médical.

La persévérance scolaire demeure un enjeu en amont de la formation en médecine, souligne-t-elle également, afin de soutenir les jeunes des communautés à terminer leurs études secondaires et collégiales.

Avec la création d'un nouveau programme de sciences de la nature à l'Institut Kiuna, situé à Odanak, dans le Centre-du-Québec, les intervenants ont espoir de voir encore plus d'Autochtones obtenir un diplôme en médecine.

D’après un reportage de Laurie Gobeil

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