•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À Saskatoon, trois Afghanes pressent Ottawa d’agir pour un groupe de réfugiés au Pakistan

Trois réfugiées afghanes. De gauche à droite : Umulbanin Arjmand, Mina Rezwani et Farhang Nesar.

Les réfugiées afghanes Umulbanin Arjmand, Mina Rezwani et Farhang Nesar viennent de terminer leur secondaire au Nutana College de Saskatoon.

Photo : CBC/Don Somers

Radio-Canada

Des élèves réfugiées afghanes établies à Saskatoon s'inquiètent pour les 60 jeunes femmes qu'elles ont laissées derrière elles dans une auberge au Pakistan. Celles-ci attendent des visas pour venir s’installer au Canada.

Farhang Nesar, Umulbanin Arjmand et Mina Rezwani font partie d’un groupe d’environ 450 personnes qui ont fui l’Afghanistan en septembre 2021. Seuls 250 d'entre eux sont parvenus au Canada jusqu'à présent.

Les autres sont restées à Islamabad en attendant que le Canada traite leurs demandes. Depuis, leurs visas pakistanais ont expiré et ils n'ont aucun droit légal.

Cette situation préoccupe ces trois Afghanes aujourd'hui installées à Saskatoon. Elles demandent à Ottawa d'accélérer le traitement de ces dossiers. Je sais ce que sont la dépression et le désespoir, indique Umulbanin Arjmand.

De son côté, Farhang Nesar dit avoir hâte de revoir son père, bloqué au Pakistan.

« Il représente tout pour moi. Je veux qu'il soit avec moi, qu'il soit en vie. »

— Une citation de  Farhang Nesar, réfugiée afghane

En dehors des 60 jeunes femmes célibataires âgées de 18 à 25 ans qui demeurent bloquées au Pakistan, le groupe de personnes en attente de visas est formé de leurs parents, de journalistes, de militants des droits de la personne et de membres du conseil d'administration de l'école Marefat.

Ce lycée est internationalement reconnu pour l'attention qu'il porte aux enfants pauvres et persécutés de la communauté hazara ainsi que pour l'éducation et l'autonomisation des filles en tant qu'universitaires, athlètes et musiciennes.

Masoma Azizi, photographe et vidéaste de 22 ans qui a travaillé à l'école Marefat, affirme que les conditions de vie des personnes restées au Pakistan sont misérables.

Chaque fois que nous voulons sortir, nous devons porter de longues robes noires, et parfois, nous devons couvrir notre visage avec un foulard noir. Nous ne pouvons pas aller à l'école et nous ne sommes pas autorisées à travailler, a déclaré Azizi à CBC par message WhatsApp.

J'ai tout perdu. Le seul espoir qu'il nous reste est d'aller au Canada et de poursuivre nos rêves.

Attente douloureuse

Les autorités canadiennes ont fait savoir qu'elles ne seront pas en mesure de traiter rapidement les 450 demandes de réfugiés initialement reçues pour permettre à ces personnes de s'établir en même temps à Saskatoon, explique Jennifer Selendy, une avocate new-yorkaise et membre de la fondation 30 Birds, l’organisme qui se consacre à faire avancer leurs demandes auprès du gouvernement canadien.

Mme Selendy se dit reconnaissante que le gouvernement pakistanais ait autorisé plus de 200 autres Afghans dont le visa pakistanais a expiré à rester temporairement sur place. Elle estime toutefois que les jeunes femmes ne sont pas en sécurité et souhaite qu’Ottawa intervienne le plus rapidement possible.

Dans une telle situation, chaque minute semble terrible. Quelques mois nous semblent une éternité, car nous sommes responsables de ces filles, a-t-elle indiqué.

Le ministre fédéral de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, n'a pas voulu donner de détails à ce sujet.

Puisque les Afghans au Pakistan font partie d'une population vulnérable, nous ne sommes pas en mesure de fournir les détails sur des cas spécifiques pour des raisons de sécurité, a déclaré son attaché de presse, Aidan Strickland.

Soutien de la communauté de Saskatoon aux réfugiés afghans

La fondation 30 Birds se félicite du soutien de la communauté à Saskatoon afin d'accueillir les autres Afghans bloqués au Pakistan.

L’organisation devra parrainer les 209 réfugiés restants à titre privé. Elle a recueilli près de quatre millions de dollars pour couvrir toutes les dépenses liées à leur installation à Saskatoon, fait savoir Jennifer Selendy.

Le maire de Saskatoon, Charlie Clark, a écrit au ministre fédéral en novembre dernier pour lui demander de réunir ce groupe à Saskatoon.

Le sergent d'état-major du Service de police de Saskatoon, Patrick Barbar, a également lancé cet appel au gouvernement fédéral. Il a effectué une mission de 12 mois en Afghanistan en 2010 pour former le service de police national.

Il m'est venu à l'esprit que c'était là l'héritage de la contribution du Canada en Afghanistan : deux générations entières de jeunes femmes et de jeunes hommes qui ont grandi sans les talibans, qui ont reçu une éducation et qui ont pu rêver à leur avenir.

Avec les informations de Bonnie Allen

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !