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Une fusion des soins à l’hôpital de Thetford Mines décriée

Des médecins, infirmières et pharmaciens de l'hôpital de Thetford Mines.

Des médecins, infirmières et pharmaciens de l'hôpital de Thetford Mines.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Des médecins, pharmaciens, dentistes et infirmières de l'hôpital Thetford Mines dénoncent une réorganisation temporaire des soins par le CISSS de Chaudière-Appalaches. Selon eux, cette situation mène à une pression intenable pour le personnel et met en péril la qualité des soins.

Le CISSS a récemment fusionné temporairement l'unité de médecine, qui traite les soins généraux et l'unité de chirurgie, où des patients postopératoires sont hospitalisés.

Nous demandons à la direction de faire marche arrière le plus tôt possible pour nous assurer du maintien de la qualité des soins auprès de nos patients, a lancé le Dr Nicolas Dorval, orthopédiste à l'hôpital, accompagné d'une dizaine de membres du personnel soignant.

Cette situation met énormément de pression, selon lui, particulièrement pour les infirmières et pourrait mener à des départs, alors que le CISSS est frappé de plein fouet par la pénurie de main-d'œuvre.

Nous craignons plusieurs départs en raison de la démotivation du personnel, ce qui pourrait amener une perte de l'expertise et de l'expérience du personnel infirmier et amener à la non-réouverture de l'unité en octobre.

Fermeture de lits

Le médecin affirme que la moitié de la vingtaine en chirurgie a été fermée en février dernier. Ceux-ci ne sont toujours pas accessibles en raison d'un manque de personnel.

Ce qu'il faut comprendre, présentement, c'est que le bateau est en train de couler. Il y a des trous un peu partout dans la coque. On n'est pas capable d'hospitaliser des gens. On hospitalise deux personnes par jour! Deux personnes par jour dans tout un hôpital! Ça n’a aucun sens, estime la Dre Audrey Godbout, leader chirurgicale à l'hôpital de Thetford Mines.

« Si vous allez au 4e [étage] aujourd'hui, il n’y a personne. C'est un étage fantôme. Vide. Il y a des lits, mais on n'a pas de personnel.  »

— Une citation de  La Dre Audrey Godbout, leader chirurgicale de l'hôpital de Thetford Mines

Elle demande une intervention des ressources humaines et la possibilité pour le personnel de gérer eux-mêmes leur horaire.

Il faut bien traiter notre personnel, être sur le terrain, voir ce qu'il se passe sur le terrain [...] et corriger les erreurs. Ce n'est pas le temps de faire des réunions et attendre la prochaine réforme, ajoute la médecin.

Situation temporaire

Le CISSS dit comprendre les préoccupations du personnel soignant, mais n'entend pas changer d'idée.

Cette fusion des soins est temporaire, assure le CISSS de Chaudière-Appalaches.Le regroupement des unités de médecine et de chirurgie est temporaire pour la période estivale due aux vacances du personnel qui mérite amplement ses vacances après deux ans de pandémie et du fait également de l'importante pénurie de main-d'œuvre qui a cours en ce moment, précise Mireille Gaudreau, porte-parole de l'organisation.

Elle assure que les équipes sont appuyées, notamment par du coaching.

Contrairement aux médecins, le CISSS croit plutôt que cette situation est bénéfique pour la population. Le fait d'unir ces deux départements permet de jumeler les équipes de travail qui pourront se seconder dans les soins et services offerts aux citoyens.

Centre de santé et de services sociaux de la région de Thetford.

Centre de santé et de services sociaux de la région de Thetford.

Photo : Radio-Canada

Hôpital de région

Les médecins craignent que le manque de personnel mène à la perte des petits hôpitaux situés un peu partout sur le territoire.

Il y a eu des fermetures de lits dans d'autres hôpitaux. On a eu Rimouski comme exemple, on a eu Lanaudière aussi qui ont perdu des lits temporairement puis après six mois, un an, deux ans, ce n’est pas rouvert parce qu'il manque de personnel, illustre la Dre Édith Lepire, anesthésiste à l'hôpital.

Ce que ça va faire, c'est que les petits hôpitaux de région comme le nôtre, et bien, ils vont avoir de moins en moins de services, croit la Dre Godbout.

Les gens, il va falloir qu'ils aillent dans les grosses villes où ils ne seront pas plus capables de prendre tous les patients parce qu'ils n'ont pas la capacité pour prendre tous ces patients-là. Ça ne marchera pas plus, prévient la chirurgienne.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

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