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Sans médecin de famille pour sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer

Emilie Mendoza et sa mère Francine Cousineau.

Emilie Mendoza et sa mère Francine Cousineau

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Émilie Mendoza ira aujourd’hui à l’urgence avec sa mère malade, atteinte de la maladie d’Alzheimer pour renouveler une prescription.

Sa mère, Francine Cousineau, est sur la liste d'attente depuis deux ans pour avoir un médecin de famille et sa médication arrive à échéance.

La seule option qui reste c’est de se pointer à l’urgence pour qu'un médecin puisse l'évaluer, dénonce Mme Mendoza.

Émilie Mendoza souhaite la mise en place de solutions pour pallier l’absence de médecins de famille, notamment pour les gens âgés et très malades comme sa mère.

Elle souligne que les troubles cognitifs de sa mère sont dans un état avancé. Ma mère reconnaît ma voix, mais mon visage elle ne le reconnaît plus vraiment. Lorsqu’on est à l’urgence, elle ne sait pas où on est et va me le demander à maintes reprises, raconte la jeune femme.

Une attente à l’urgence est une solution de dernier recours.

Francine Cousineau, assise dehors dans une balançoire

Francine Cousineau n'a plus de médecin de famille depuis deux ans.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschenes

Avant d’en arriver là, Émilie Mendoza explique en entrevue à l'émission Bon Pied, bonne heure, qu'elle a cogné à plusieurs portes, dont celles des pharmacies, à celle de la résidence de Sainte-Anne-des-Monts où sa mère habite ou au groupe de médecine familiale que fréquentait sa mère.

Si j’ai décidé d’en parler publiquement, dit-elle, c’est que toutes les portes où j’ai cognées m’ont dit vous n’êtes pas la seule madame. On comprend, mais on ne peut rien faire.

Elle juge la situation inconcevable.

Cette dernière est d’autant plus troublée par la situation que sa mère a été assistante-infirmière chef en pédiatrie pendant 15 ans.

« Elle a donné le meilleur de sa vie au système et dans son troisième âge, dans sa maladie, elle n’a pas de filet de sécurité. »

— Une citation de  Émilie Mendoza

Émilie Mendoza constate que sa mère n'est pas la seule dans cette situation. C'est la raison d’ailleurs qui l’a poussée à sortir publiquement sur les réseaux sociaux. (Nouvelle fenêtre)

Elle réclame un filet de sécurité pour les gens vulnérables comme sa mère ou les gens qui ont des problèmes de santé mentale.

Vielle photo noire et blanc.

Francine Cousineau a fait une carrière d'infirmière

Photo : Emilie Mendoza

Des solutions?

Pour Sylvie Grenier, directrice de la Fédération québécoise des sociétés Alzheimer, se rendre à l’urgence a un impact majeur sur les personnes atteintes de la maladie, peu importe le stade.

« C'est certainement la pire solution qu’on peut envisager pour ces gens. C’est un milieu extrêmement déstabilisant, qui est très désorganisant.  »

— Une citation de  Sylvie Grenier, directrice de la Fédération québécoise des sociétés Alzheime

Il peut même arriver qu’une personne atteinte de la maladie demeure plusieurs jours à l’hôpital en raison de la détresse suscitée par leur passage à l’urgence, rapporte Mme Grenier.

La directrice de la Fédération constate que la pénurie de médecins suscite beaucoup de détresse chez les personnes atteintes de dégénérescence cognitive, mais aussi chez leurs proches aidants.

Son organisation, dit-elle, travaille avec le gouvernement à mettre en place des solutions comme permettre aux pharmaciens d’agir dans des cas urgents comme celui exposé par Mme Mendoza.

Une autre des solutions envisagées est de prévoir un accueil particulier à l’hôpital pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Près de 170 000 au Québec sont aux prises avec une telle maladie. Ce sera le double d’ici 10 ans. Comment va-t-on traiter ces gens-là?, demande Mme Grenier.

Interrogé dans le cadre de ce reportage sur les pistes de solution pour les gens sans médecins de famille, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie a répondu qu’un guichet d'accès à la première ligne (GAP) était en développement depuis le 1er juin en Gaspésie et qu’il était prévu que de nouveaux médecins de famille s'installent sur le territoire au cours des prochains mois, notamment en Haute-Gaspésie.

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