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Bon départ pour le guichet d’accès à la première ligne en Outaouais

Un médecin discute avec une patiente.

Depuis la mise en place du nouveau service de GAP, ce sont en moyenne 125 patients orphelins de médecin de famille qui sont orientés chaque jour.

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Radio-Canada

La réponse au guichet d'accès à la première ligne (GAP), instauré en Outaouais en mars dernier pour fournir aux patients en attente d’un médecin de famille un accès direct à un professionnel de la santé, est plutôt favorable, selon les données du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

Depuis la mise en place du nouveau service de GAP, c’est en moyenne 125 appels de patients orphelins de médecin de famille qui sont orientés chaque jour.

Sous l’appellation de guichet d’accès aux soins de première ligne, ce service dirige les patients en attente d’un médecin de famille vers un professionnel de la santé, ce qui leur évite d’aboutir aux urgences.

Les patients orphelins inscrits peuvent directement appeler au GAP où une infirmière ou un travailleur social procède sur-le-champ à une analyse clinique en vue de trouver la meilleure ressource appropriée et disponible dans le secteur.

Une réponse devrait être donnée dans les 24 heures aux patients, et une ressource médicale est disponible dans un délai maximal de deux semaines pour les requêtes les moins urgentes.

Une solution parmi d'autres

Depuis son lancement, de 22 000 à 23 000 patients ont reçu une lettre les informant qu’ils sont maintenant inscrits au service de GAP, a indiqué la Dre Emmanuelle Britton, directrice adjointe aux Services professionnels et de la pertinence clinique au CISSS de l’Outaouais.

Ceux-ci sont déjà inscrits sur la liste d’attente du guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF). En Outaouais, près de 44 000 personnes figurent sur cette liste qui s’allonge d’environ 500 noms chaque semaine.

C’est une solution parmi plusieurs. L’idée d’avoir accès au GAP, c’est un peu un entre-deux, a expliqué la Dre Britton, en entrevue à l’émission Les matins d’ici, mardi.

Les lettres sont acheminées selon un ordre de priorité, en fonction de l'état de santé du patient. Le programme sera progressivement offert à environ 40 000 personnes, d’ici septembre.

Dès qu'ils ont un problème ponctuel, ils peuvent appeler au GAP. Ils n’ont rien à faire, à part, lorsqu’il y a un besoin, appeler au numéro de téléphone inscrit dans la lettre, a-t-elle précisé.

Les patients peuvent être dirigés vers un médecin, une infirmière praticienne spécialisée en service de première ligne ou un autre professionnel, selon le cas.

Depuis que le programme a été lancé, 1800 appels ont été reçus et acheminés.

Selon le CISSS de l'Outaouais, un peu moins de 40 % des appels ont nécessité la réponse d’un médecin ou d’une infirmière praticienne spécialisée en service de première ligne.

Tous les autres appels, 60 %, ont été soit redirigés vers un pharmacien communautaire, un autre service ou, avec les conseils de l’infirmière clinicienne ou du travailleur social, n’ont pas nécessité de référence ailleurs, a rapporté la Dre Britton.

Quelle est la différence entre le GAP et le 811?

Le service de GAP ne remplace pas le service Info-Santé 811 qui est toujours disponible à tout moment du jour et de la nuit et gratuit, a souligné la Dre Britton.

On ne vient pas remplacer des services qui existent déjà. On peut toujours continuer à faire appel au 811.

Cette dernière a toutefois précisé que le service Info-Santé 811 est un service provincial qui ne va pas aussi loin que le GAP.

L'infirmière [du service Info-Santé 811] peut, par exemple, donner des conseils d’autosoins à la maison, conseiller sur quand aller consulter son médecin de famille ou quand aller à un sans rendez-vous ou, si c’est plus sévère, quand aller à l’urgence, mais n’a pas accès aux plages horaires pour octroyer [un rendez-vous] dans la région, a-t-elle cité en exemple.

Cette initiative est vue d'un bon œil par l’organisme Action Santé Outaouais.

Au point où on est rendu, toutes les solutions sont bonnes. [...] Il est clair que ça remplit un fossé, même deux fossés. Il est clair que les besoins sont criants depuis longtemps. Il fallait faire quelque chose dans les circonstances, a réagi le président de l’organisme voué à la défense des droits des patients, Denis Marcheterre.

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais.

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Cette solution-là est bonne. Ça va bien, c’est bien parti, c’est un bon départ. Est-ce que c’est parfait? Probablement pas. On est en train de peaufiner le système, c’est normal. Mais ça va plutôt bien. C’est satisfaisant jusqu’à maintenant, a-t-il commenté.

C'est aussi le constat dressé par le président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'ouest du Québec, le Dr Guillaume Charbonneau, qui croit qu'en contexte de pénurie de médecins de famille, le guichet est un bon compromis.

À court terme, on ne réussira pas à offrir un accès [à un médecin de famille] à tous. Il faut donc trouver des solutions créatives et le guichet d'accès nous permet d'utiliser l'ensemble des professionnels de la santé en première ligne pour offrir un meilleur accès, évalue-t-il.

Ça nous permet d'utiliser de façon plus efficace d'autres professionnels qui pourraient résoudre le problème sans l'intervention du médecin de famille.

Bien sûr, le système n'est pas parfait et il y a eu quelques défis informatiques, dit-il. On est dans l'innovation et dans la nouveauté. Je pense que si on ne prend jamais de risques, on n'améliorera jamais le système. Il va falloir vivre avec le fait — tant au niveau des patients que des médecins — que ce ne sera pas toujours parfait.

Avec les informations de Stéphane Leclerc, Rémi Authier et Gabriel Le Marquand Perreault

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