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Sommet des Amériques : un moment pour parler d’« enjeux importants », dit Trudeau

Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau a reconnu que le Canada a une approche de longue date envers Cuba qui est différente de celle des États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Justin Trudeau ne dit pas s'il appuie ou non la décision du président Joe Biden d'exclure le Venezuela, le Nicaragua et Cuba du Sommet des Amériques, cette semaine, aux États-Unis.

C'est important que le Canada participe pleinement au Sommet des Amériques, c'est une occasion pour nous d'engager avec nos partenaires de la région – certains avec lesquels on est d'accord, certains avec lesquels on a plus de différences, expliquait le premier ministre lundi en conférence de presse à Ottawa.

Mais il ajoutait que ces pays partagent tous un certain nombre de problèmes urgents, tels que les pressions migratoires, le changement climatique et le rétablissement complet de la pandémie de COVID-19.

Ces trois enjeux devraient être à l'ordre du jour du sommet d'une semaine à Los Angeles. Le premier ministre devait s'envoler plus tard dans la journée mardi.

En chemin vers la Californie, M. Trudeau et la ministre de la Défense, Anita Anand, s'arrêteront toutefois à Colorado Springs, au Colorado, pour des réunions avec des commandants et des responsables du NORAD, le système conjoint de défense aérospatiale continentale, dont une modernisation est souhaitée par les militaires.

M. Trudeau sera également accompagné du ministre de l'Environnement, Steven Guilbeault, et de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui doit rencontrer le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et leur homologue mexicain, Marcelo Ebrard.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec le nouveau président chilien, Gabriel Boric, lundi à Ottawa, M. Trudeau a expliqué que par rapport au Venezuela, ça fait longtemps que le Canada condamne le régime illégitime de Nicolas Maduro, pour son abus des droits de la personne et des principes démocratiques, mais aussi pour cette crise de migration extrêmement difficile qui frappe très, très fort en Amérique du Sud.

Pour ce qui est de Cuba, M. Trudeau a plaidé qu'on a toujours été là pour se tenir droit et fort, pour défendre les droits humains, pour pousser pour plus de démocratie, mais on reconnaît que le Canada a toujours eu une approche différente sur Cuba que les États-Unis.

Les États-Unis critiqués

M. Boric a été beaucoup plus direct pour condamner l'erreur de la Maison-Blanche. Nous devons exprimer aux États-Unis et ailleurs que l'exclusion n'est pas la bonne voie, estimait M. Boric lundi. Lorsque les États-Unis décident d'exclure certains pays du sommet, ils renforcent en fait la position que ces autres pays prennent chez eux.

La décision de M. Biden d'exclure les trois pays a incité le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador à confirmer, lundi, qu'il ne participerait pas à ce Sommet des Amériques.

Andres Manuel Lopez Obrador derrière un lutrin.

Le président du Mexique Andres Manuel Lopez Obrador.

Photo : Reuters / Henry Romero

L'attachée de presse de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, a rejeté lundi l'idée que la décision de M. Lopez Obrador d'éviter le sommet constitue un signe du déclin de l'influence américaine dans l'hémisphère.

Les États-Unis demeurent la force la plus puissante dans la conduite d'actions hémisphériques pour relever les principaux défis auxquels sont confrontés les peuples des Amériques – inégalités, santé, climat et sécurité alimentaire, a déclaré Mme Jean-Pierre.

Le président doit s'en tenir à ses principes. Il pense qu'il doit s'en tenir à ses principes et ne pas inviter de dictateurs, mais nous pourrons toujours avoir une conversation approfondie – il y a un ordre du jour chargé [le président] va être très occupé.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a déclaré mardi que les trois pays ne devraient pas être empêchés de faire entendre leur voix lors du sommet simplement parce que M. Biden a des opinions politiques différentes.

Les préoccupations soulevées concernant les droits de la personne sont toujours importantes à prendre en compte, mais ce n'est pas une raison pour refuser à ces pays la participation à un Sommet des Amériques. Je pense que c'était la mauvaise décision, a déclaré M. Singh aux journalistes à Ottawa.

Je comprends pourquoi le président du Mexique proteste. Le Canada devrait également indiquer clairement qu'il appuie la participation de ces trois pays.

Les autres priorités du sommet consisteront à aider les pays à contrôler la pandémie de COVID-19, à forger de nouveaux liens sur les initiatives climatiques et énergétiques, à lutter contre l'insécurité alimentaire et à tirer parti des accords commerciaux existants pour mieux garantir que davantage de personnes puissent en profiter.

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