•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

190 anomalies découvertes sur le site de l’ancien pensionnat de Sagkeeng

Quatre hommes sont autour d’un drone dans un grand espace gazonné.

Avec un drone, une fouille a eu lieu en juin 2021 sur le terrain de l'ancien pensionnat Fort Alexander dans la communauté autochtone de Sagkeeng, au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Walther Bernal

Radio-Canada

Les recherches à l’aide d’un géoradar sur le terrain de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Fort Alexander, dans la Première Nation de Sagkeeng, au Manitoba, révèlent 190 anomalies, affirme le chef de la communauté, Derrick Henderson.

Ces anomalies pourraient préfigurer la présence de tombes non marquées.

Jusqu’à présent, nous ne savons pas ce qu’il y a là, mais ces perturbations du sol répondent aux critères quant à la possible découverte de sépultures, indique Derrick Henderson.

Vendredi dernier, une rencontre communautaire a eu lieu pour offrir aux résidents une mise à jour sur les recherches qui ont été entamées il y a près d'un an.

Elles faisaient suite à la découverte, l’an dernier, de plusieurs tombes non marquées sur des terrains d’anciens pensionnats à travers le Canada, dont 215 retrouvées à Kamloops, en Colombie-Britannique, en mai 2021.

Lors de la rencontre, Derrick Henderson a demandé à sa communauté de faire preuve de patience, jusqu’à ce que les prochaines étapes pour confirmer la nature des anomalies soient définies.

S’il s'avère qu’il s’agit de tombes non marquées, cela va faire ressurgir des traumatismes au sein de notre communauté et traumatiser à nouveau nos survivants de pensionnats pour Autochtones, affirme Derrick Henderson.

Lorsque les recherches ont débuté, le 21 juillet dernier, elles ont mené à une zone située près de l’aréna et des terrains où se tiennent les pow-wow, le long de la rivière Winnipeg, où les perturbations du sol ont été découvertes.

Selon Derrick Henderson, 137 anomalies ont été découvertes sur le terrain de l’aréna, et 53 autres sur un lieu adjacent au terrain de l’aréna, près d’un magasin communautaire.

Les deux terrains sont situés à moins de 1 kilomètre de l’ancien pensionnat de Fort Alexander.

Le pensionnat de Fort Alexander a été en activité de 1905 à 1970.

Selon Derrick Henderson, des enfants de 31 communautés différentes y ont été envoyés.

Les membres de ces communautés seront invités à Sagkeeng dans les semaines à venir pour une cérémonie et pour discuter de ce qui devrait se passer ensuite.

Ancienne église?

Mary Courchene a fréquenté le pensionnat pour Autochtones de Fort Alexander au milieu des années 1940 jusqu'à ce qu'elle y termine sa 10e année ,dans les années 1950.

Selon elle, il est possible que les 190 anomalies ne soient pas du tout liées au pensionnat. Elle dit que de vieilles histoires qu'elle a entendues racontent qu'il y avait une église à cet endroit bien avant la fondation de l'école.

Mary Courchene, de la Première Nation Sagkeeng photographiée dans le salon d'une maison.

Mary Courchene, de la Première Nation Sagkeeng, est une survivante du pensionnat pour Autochtones de Fort Alexander.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Cette église aurait pu être impliquée dans des activités missionnaires.

Mary Courchene affirme ne pas avoir eu connaissance d'enfants morts dans les pensionnats pour Autochtones.

De temps en temps, il y avait des rumeurs selon lesquelles il y avait des tombes non marquées là où il y a eu les recherches, affirme Mary Courchene. Ce n'était pas des enfants, d'après mes souvenirs. D'autres personnes de mon âge disent aussi la même chose. Si ce sont des jeunes, ils ne faisaient pas partie du pensionnat pour Autochtones.

Quelle que soit la nature de ces anomalies particulières, Mary Courchene convient qu'il est important d'aller au fond des choses.

La Première Nation de Sagkeeng est située à environ 120 km au nord de Winnipeg, à proximité du lac du même nom.

Avec des informations de Holly Caruk

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !