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L’artiste Josée St-Jean transforme les objets recyclés en œuvres d’art

Une femme souriante devant une sculpture.

Pour fabriquer ses œuvres d’art, l’artiste de Gatineau Josée St-Jean donne une seconde vie à différents objets, qui se seraient retrouvés à la poubelle.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

Les vieux objets des uns sont les trésors des autres. Josée St-Jean en est la preuve : toujours à la recherche de nouvelles bricoles, la Gatinoise parcourt les brocantes pour transformer ses trouvailles en œuvres d’art.

Ainsi, les créations de Josée St-Jean – majoritairement des sculptures – donnent une nouvelle vie à différents objets, qui se seraient retrouvés à la poubelle.

J’ai toujours fait de l’art. Quand j’étais toute petite, on était une grosse famille et on n’avait pas beaucoup de jouets, mais on avait beaucoup d’outils. C’est là que j’ai appris à inventer et assembler des choses, se souvient-elle.

« Pour moi, regarder des objets utilisés, c’est un peu comme les gens qui regardent les nuages et voient des bonshommes. Moi, je trouve des bonshommes à travers les objets. J’en construis dans ma tête. »

— Une citation de  Josée St-Jean, artiste gatinoise
Une femme souriante aux côtés d'une grande sculpture d'une femme qui tient une balance et une épée.

Sa plus récente sculpture a été conçue pour le 7e Recycl’art de Hawkesbury.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

La Gatinoise fait partie des 12 artistes dont les créations seront exposées dès dimanche au Centre culturel Le Chenail, dans le cadre du 7e Recycl’art de Hawkesbury.

Le 7e Recycl’art de Hawkesbury réunira aussi les œuvres de Daniel Guindon, Daniel Gautier, Geneviève Sideleau, Francine Vernac, Gabriel Garcia, Gabriel Lalonde, Leo Schimanszky, Roger Brabant, Claude H. Vallée, Richard D. Gagnon et Monique Silviani.

Une œuvre inspirée de #MoiAussi

Les œuvres de Josée St-Jean ont souvent une connotation féministe, souligne-t-elle. Le Big Bang étant la thématique de l’événement de cette année, elle s’est inspirée d’un mouvement ayant à son avis bouleversé la société : le #MoiAussi.

C’est ce qui m’est venu en tête, parce que ç’a ébranlé la justice. Toutes les femmes qui ont levé la main en disant #MoiAussi, ça voulait dire : "Regardez, on n’est pas juste une. C’est mondial. Les femmes victimes de violences sexuelles [sont] mal traitées par la justice", explique celle qui participe au festival Recycl’art depuis 2006.

Gros plan d'une sculpture qui démontre plusieurs bras et mains.

Les bras, situés dans le bas de la statue, représentent « les mains levées » des femmes ayant témoigné dans le cadre du mouvement #MoiAussi.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

Ainsi, le pied de la sculpture représente le dièse du mot-clic et les bras des mannequins ont été peints de différentes couleurs pour représenter la diversité des femmes ayant témoigné. Et la "madame Justice" est "débalancée", fait valoir l’artiste de Gatineau.

Au départ, mon mannequin était droit. J’ai retravaillé ses bras et quand on la regarde de face, on voit qu’elle semble déséquilibrée, ajoute-t-elle.

Une grande sculpture d'une femme avec un bandeau sur les yeux et qui tient une balance et une épée.

Afin d’illustrer l’impact du mouvement #MoiAussi sur le milieu de la justice, le personnage semble perdre légèrement l’équilibre.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

Dans sa main gauche, la statue tient une épée fabriquée à partir d'une tringle à rideau. Pour en concevoir la garde, l’artiste a scié le pied d’une coupe en laiton. Dans sa main droite, la balance est bricolée à partir de deux assiettes à hors-d'œuvre et d’un chandelier.

J’ai enlevé les plateaux qu’il y avait pour tenir les chandelles [sur le chandelier] et je l’ai tout simplement viré à l’envers, explique l’artiste visuelle. Elle travaille sur cette sculpture depuis février dernier.

Gros plan d'une sculpture qui démontre une main qui tient une épée.

L’épée est fabriquée à partir d’une coupe en laiton et d’une tringle à rideaux.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

Le corps de la statue est conçu à partir d’un mannequin de magasin ; son visage, à partir d’une tête en styromousse. La robe, en papiers mâchés, est recouverte d’une peinture pour les voitures.

Je voulais des peintures "métal" qui allaient à l’extérieur. La peinture de voiture, je savais que ça allait dehors, ajoute-t-elle.

Une femme en train de travailler sur une sculpture.

Josée St-Jean effectue les dernières finitions sur sa création avant de la déménager à Hawkesbury pour le 7e Recycl’art.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

Les défis des objets recyclés

S’en tenir à des objets recyclés n’est pas toujours évident. Au bout du compte, je me donne dix fois plus de trouble, ça me prend dix fois plus de temps, parce qu’il faut nettoyer, sabler, peinturer [les objets usés], énumère-t-elle. C’est beaucoup d’étapes, mais j’aime ça.

« Le défi, parfois, c’est de trouver le bon matériau. Des fois, il y a un morceau qui te manque, ou il y en a un qui casse, et tu dois trouver par quoi le remplacer. D’autres fois, c’est la charge de travail, le temps que ça prend. »

— Une citation de  Josée St-Jean, artiste gatinoise
Plusieurs pots sur une étagère. Chaque pot contient des objets métalliques divers.

Josée St-Jean collectionne ses objets recyclés, qu’elle qualifie de « trésors », dans son atelier.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

Malgré la complexité des étapes de création, Josée St-Jean ne compte pas faire un virage vers les matériaux neufs. Elle préfère ce qui est recyclé. Ça fait partie de ma vie depuis toujours. Encore aujourd’hui, c’est naturel, conclut-elle.

Pour y aller :

7e Recycl’art de Hawkesbury
Centre culturel Le Chenail
Du 12 juin au 31 mars 2023

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