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D’autres études confirment les dangers des feux de forêt pour la santé

Un feu de forêt vu des airs.

Les feux de forêt ont eu des conséquences sur les populations pendant la saison 2021.

Photo : Twitter/@ONressources

Radio-Canada

Alors que la saison des feux de forêt pourrait gagner en intensité au cours des prochaines semaines, de nouvelles études indiquent que la pollution atmosphérique causée par les feux pourrait exacerber les conséquences graves de la COVID-19 et augmenter le risque de maladie pulmonaire.

Selon une nouvelle étude publiée dans le Journal de l'Association médicale canadienne, les patients atteints de COVID-19 qui vivent dans des zones exposées à des polluants comme les particules fines, le dioxyde d'azote et l'ozone troposphérique sont plus enclins à subir des conséquences graves comme l'hospitalisation, l'admission en soins intensifs et le décès.

Si la science a déjà fait le lien entre les particules fines, un polluant émis par la combustion, et la façon dont leur inhalation peut exacerber l'asthme et les maladies pulmonaires et cardiaques, les effets à long terme sur la santé sont moins bien connus.

Il n'existe pas vraiment d’échelle permettant de dire qu'un niveau de pollution atmosphérique est sans danger, le niveau devrait être aussi bas que possible, a indiqué l'auteur de l'étude, le Dr Jeff Kwong, médecin de famille, spécialiste en médecine préventive et chercheur principal à l'Institut de recherche en soins de santé de l'Ontario.

Il porte une chemise bleue et est assis devant sa bibliothèque.

Jeff Kwong est médecin de famille, spécialiste en médecine préventive et chercheur principal à l'Institut de recherche en soins de santé de l'Ontario

Photo : CBC

C'est essentiellement le message que beaucoup de ces études montrent en matière de pollution atmosphérique et de santé, à savoir qu'il n'y a pas de quantités de pollution sécuritaire, explique-t-il.

M. Kwong dit espérer que la recherche va persuader les décideurs de réduire les niveaux de pollution.

Nous devons nous assurer que nous avons de bonnes réglementations pour garantir que notre air est de bonne qualité, car la pollution a des conséquences, ajoute-t-il.

Les chercheurs ont examiné une cohorte de 150 000 personnes atteintes de la COVID-19 en Ontario et ont attribué un niveau d'exposition à la pollution à chaque individu en fonction de son lieu de résidence de 2015 à 2019.

Ils ont comparé les résultats de santé des patients qui vivent dans les zones les plus polluées à ceux des patients qui vivent dans les zones les moins polluées, et ont constaté que les premiers avaient un risque plus élevé d'être admis en soins intensifs.

Les personnes exposées de manière chronique aux particules et à l'ozone troposphérique présentaient également un risque accru d'hospitalisation et de décès, selon l'étude.

L'étude n'a pas inclus les personnes qui vivent dans des maisons de soins de longue durée, car leur vulnérabilité aux conséquences graves de COVID-19 et à l'exposition à la pollution atmosphérique diffère de celle de la population générale.

De faibles variations des taux de pollution aussi liées aux maladies pulmonaires

Des chercheurs de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) ont découvert que même l'exposition à de faibles niveaux de pollution atmosphérique peut être associée à une mauvaise fonction pulmonaire et à une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).

Leur étude a été publiée jeudi dernier dans l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine.

Les chercheurs ont estimé la quantité de particules fines et de dioxyde d'azote à laquelle 1500 personnes étaient exposées en fonction de leur lieu de résidence.

Pendant trois ans, les scientifiques ont surveillé leur fonction pulmonaire au moyen d'un tomodensitomètre et de tests de spirométrie, un test qui mesure la quantité d'air expulsée en une seule expiration forcée.

Il porte un chandail bleu et une chemise.

Le Dr Benjamin Smith est pneumologue et chercheur au IR-CUSM.

Photo : Avec l'autorisation de Owen Egan

Nous avons établi des liens entre la quantité de pollution atmosphérique à laquelle chaque personne était exposée et sa fonction pulmonaire individuelle et nous avons constaté que même avec de petites augmentations de la pollution atmosphérique, la fonction pulmonaire était affectée négativement, a affirmé le Dr Benjamin Smith, pneumologue et chercheur au IR-CUSM.

Les chercheurs ont également découvert que les personnes dont les voies respiratoires sont plus petites sont plus susceptibles d'avoir une fonction pulmonaire plus faible et de souffrir de MPOC que celles dont les voies respiratoires sont plus grandes.

L'un des résultats importants de cette étude est la notion qu'il existe des poumons qui sont plus résilients et des poumons plus sensibles, affirme M. Smith.

Si nous pouvions regarder plus tôt dans la vie pour comprendre comment ces poumons résilients et sensibles se forment, nous pourrions trouver des moyens de prévenir la maladie et les préoccupations liées aux diverses expositions, a-t-il ajouté.

Se préparer au pire dans un contexte de changements climatiques

L'an dernier, la Colombie-Britannique et le Nord-Ouest de l’Ontario ont connu une intense saison des feux de forêt qui a eu des conséquences importantes sur les communautés.

Catastrophe après catastrophe, c’est la cascade de ces choses ensemble et la cascade de leurs impacts sur la santé, c'est ce qui me frappe le plus en ce moment, indique Sarah Henderson, directrice scientifique du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique.

Elle porte un manteau noir.

Sarah Henderson est directrice scientifique du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique.

Photo : Université de la Colombie-Britannique.

Avec les changements climatiques, qui contribuent à l’accélération de ces événements météorologiques extrêmes, elle dit se préparer au pire.

Nous devons toujours simplement aborder ces saisons en nous attendant à quelque chose de pire que ce que nous avons déjà vu, nous pouvons espérer que ce ne sera pas le cas, mais si nous sommes préparés, tout le monde s'en sortira mieux, affirme-t-elle.

Selon Courtney Howard, médecin à l'urgence dans un hôpital de Yellowknife, tout le monde devrait avoir des masques N-95 et des purificateurs d'air prêts pour la saison des feux de forêt, et les personnes asthmatiques devraient faire renouveler leur inhalateur.

Pour que les gens ne se retrouvent pas dans cette situation où ils sont obligés de sortir à travers l'environnement enfumé pour se rendre à un endroit où ils peuvent recharger leurs inhalateurs ou obtenir leurs médicaments, affirme Mme Howard.

Selon Mme Howard, les médecins devraient informer leurs patients de l'indice de qualité de l'air au Canada et leur indiquer quand ils doivent rester à l'intérieur. Elle dit qu'elle voyait souvent des gens courir dehors lorsque l'indice était très élevé.

Avec les informations de Peggy Lam de CBC

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