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Relation de méfiance entre les groupes racisés et les agences de renseignement

L'essor de l'intelligence artificielle pourrait constituer une menace pour les personnes « vulnérables », conclut un organisme indépendant du gouvernement fédéral.

Un panneau indiquant le bâtiment du Service canadien de renseignement de sécurité.

Un rapport conclut à un déficit de confiance entre les forces de l'ordre et les groupes racisés au Canada.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

CBC

Les relations entre les groupes racisés et les principales agences canadiennes de sécurité et de renseignement –  comme le Service canadien du renseignement de sécurité (SRCS), la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) – sont plombées par un déficit de confiance, conclut un rapport externe préparé pour le gouvernement fédéral.

Nous avons fréquemment entendu parler du déficit de confiance entre les institutions de sécurité nationale du pays et les Canadiens, et en particulier avec les Canadiens racisés, indique le rapport rédigé par le Groupe consultatif sur la transparence de la sécurité nationale (GCT-SN). Cet organisme indépendant et externe a vu le jour en 2019 pour conseiller le sous-ministre de la Sécurité publique et la communauté de la sécurité nationale et du renseignement.

Ces relations ont parfois été entachées de méfiance et de suspicion, ainsi que par des erreurs de jugement de la part de ces institutions, que les communautés concernées ont perçues comme discriminatoires.

Composé de 10 membres issus du milieu juridique, de la société civile et de la sécurité nationale, le GCT-SN prévient que l'émergence de l'intelligence artificielle constitue une menace pour les communautés racisées.

Les biais systémiques dans la conception de l'intelligence artificielle (IA) peuvent avoir des effets pervers sur des individus ou des groupes d'individus vulnérables, notamment les communautés racisées, ont-ils constaté.

Ces biais reflètent non seulement les défauts spécifiques des programmes d'IA et des organisations qui les utilisent, mais aussi les clivages sociétaux et les inégalités sous-jacentes qui sont alors renforcés et potentiellement approfondis.

Un engagement plus soutenu réclamé

Le rapport, publié plus tôt cette semaine, exhorte les agences de sécurité et de renseignement à mieux communiquer avec les communautés racisées.

En pratique, les fonctionnaires se montrent rarement à l'écoute des parties prenantes, se déchargeant trop souvent de leur responsabilité avec des messages préparés, note-t-on.

Une communication constructive devrait au contraire être fondée sur le dialogue; les fonctionnaires devraient être à l'écoute des questions et des préoccupations des parties prenantes, et être prêts et disposés à y répondre.

Le rapport appelle également les agences de renseignement comme le SCRS à s'engager de façon plus continue avec les communautés racisées – et non seulement en temps de crise.

Les auteurs ont souligné les contacts du SCRS avec la communauté irano-canadienne après la destruction du vol PS752 en janvier 2020 et avec la communauté musulmane en mars dernier après une attaque contre une mosquée à Mississauga, en Ontario.

La façade de la mosquée Dar Al-Tawheed.

La police régionale de Peel a été appelée au centre islamique Dar Al-Tawheed de Mississauga, en Ontario, après qu'un homme eut attaqué des membres de la congrégation.

Photo : Radio-Canada

Bien qu'importants, ces contacts étaient motivés par des incidents particuliers. À notre avis, le SCRS ne réussira pas à établir une confiance à long terme avec les communautés racialisées tant que son engagement sera principalement réactif, indique le rapport.

Le SCRS veut changer cette situation

Le SCRS a reconnu les problèmes soulignés par le rapport par voie de communiqué, vendredi.

Nous savons que les voix des communautés racialisées et des peuples autochtones n'ont pas été entendues aussi clairement qu'elles le devraient dans les conversations autour des délibérations politiques, législatives et opérationnelles sur les questions de sécurité nationale, a écrit l'agence, qui se dit déterminée à changer cette situation.

Le SCRS a promis de publier plus de détails sur ses programmes d'engagement dans ses rapports annuels.

Le directeur de l'agence d'espionnage, David Vigneault, a admis en 2020 que le SCRS avait également un problème de racisme à l'interne.

Un homme en conférence de presse devant le drapeau du Canada.

Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, David Vigneault

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Oui, le racisme systémique existe ici, et oui il y a un niveau de harcèlement et de peur des représailles au sein de l'organisation, a-t-il déclaré, selon la transcription d'une réunion en 2020.

L'agence a déclaré qu'elle examinait la section du rapport consacrée à l'intelligence artificielle et qu'elle avait pris note des principes directeurs et des conclusions du rapport. Les autres agences concernées par le rapport n'ont pas encore commenté ses conclusions.

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