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Violence des gangs et drogues : la PN de Buffalo River décrète l’état d’urgence

Un bâtiment avec des voitures stationnées à l'avant.

Le centre de santé de la Première Nation de Buffalo River est l'endroit qui accueille les victimes de la violence des gangs dans la communauté autochtone.

Photo : Photo soumise par Norma Catarat

Radio-Canada

La nation dénée de Buffalo River, située à 459 kilomètres au nord-ouest de Prince Albert, en Saskatchewan, a décrété l'état d'urgence en raison de l'augmentation de la violence des gangs et des activités liées à la drogue dans la communauté.

La cheffe de la Première Nation,  Norma Catarat, a déclaré que la violence dans la communauté, qui compte 1200 personnes, dure depuis longtemps. Elle craint pour la sécurité des résidents.

Nous avons eu quelques maisons qui ont été brûlées, [vandalisées], des invasions et [des] personnes qui s'arrêtent et tirent, soutient-elle. Cela devient très effrayant pour les membres de notre communauté.

Selon Mme Catarat, la situation est telle que les membres de sa communauté ont peur de se plaindre auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) par crainte des représailles possibles des gangs.

L'autre nuit, quatre membres de notre communauté ont été blessés à coups de couteau, par balle et à la suite d'agressions physiques, a-t-elle ajouté.

Du soutien demandé

Jeudi, un communiqué conjoint de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) et de la Première Nation de Buffalo River demandait le soutien des gouvernements fédéral et provincial.

Nos communautés sont en crise et elles ne traverseront pas cette épreuve seules, souligne le texte

Dans une déclaration à CBC, le ministère des Services correctionnels, de la Police et de la Sécurité publique de la Saskatchewan a dit être conscient des préoccupations au sein de la communauté et avoir discuté de la question avec la GRC locale.

Nous continuerons à les soutenir pour répondre aux préoccupations de sécurité publique soulevées par la communauté, peut-on lire dans la déclaration.

Mme Catarat reconnaît l’importance du travail de la GRC et insiste sur l’aide à lui apporter.

Je suis tellement reconnaissante d'avoir les membres [de la GRC] qui sont là. Ils sont surchargés de travail et certains d'entre eux travaillent 24 heures sur 24 en essayant d'être proactifs et [préventifs] et ils sont fatigués, affirme-t-elle. Ils ont besoin de se reposer et de prendre du temps.

Selon elle, il serait utile que le poste de la GRC de Dillion, qui est situé sur la Première Nation, dispose d'une cellule de détention. La cellule de détention la plus proche se trouve à Buffalo Narrows, de l'autre côté du lac Peter Pond.

Pour que la GRC aille chercher quelqu'un pour un incident, il lui faut deux heures de voyage aller-retour, sans compter le temps de traitement une fois sur place, explique Mme Catarat.

Ils sont donc absents de la communauté pendant trois à quatre heures lorsqu'ils doivent emmener quelqu'un dans les cellules de Buffalo Narrows.

Manque de ressources médicales

Lorsque les violences dégénèrent, les ressources de santé ne sont pas suffisantes pour faire face aux conséquences.

Mme Catarat mentionne que lorsqu’un incident s'est récemment produit, les victimes ont dû se rendre à la clinique locale où il n'y a pas de médecins sur place, seulement des infirmières de garde.

Nos infirmières sont effrayées et elles ont fermé les fenêtres, éteint les lumières, et elles se sont couchées sur le sol pour se déplacer d'un espace à l'autre, dit-elle. Elles se cachaient avec leurs patients parce que ces derniers avaient peur que [les membres du gang] reviennent pour les achever.

Selon Mme Catarat, la violence des gangs est directement liée à la présence de drogues dans la communauté. Elle a ajouté qu'il y a également eu une augmentation des surdoses dans la Première Nation pendant la pandémie.

Nous avons eu une même personne qui a fait deux surdoses en une semaine, et c'est effrayant, déplore-t-elle.

Elle dit avoir fait une proposition au gouvernement pour qu'une unité de santé mentale soit établie dans la Première Nation.

Nous avons besoin de travailleurs médicaux en santé mentale 24 heures sur 24 dans notre communauté pour tous les âges, insiste-t-elle.

Actuellement, deux travailleurs font des quarts de sept jours avec une charge de travail élevée, souligne-t-elle.

C'est très frustrant pour nous, parce que nos ressources sont encore limitées.

Avec les informations de Jennifer Francis

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