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La police de Winnipeg s’avoue épuisée et débordée par les enquêtes pour meurtre

Danny Smyth répond aux questions des journalistes à l'hôtel de ville de Winnipeg.

Le chef du Service de police de Winnipeg, Danny Smyth, dit que l'augmentation des heures supplémentaires est en train d'épuiser le personnel.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Radio-Canada

À cause de l’absentéisme lié à la pandémie, le chef de la police de Winnipeg, Danny Smyth, a déclaré que le Service avait du mal à gérer les enquêtes pour meurtre qui ont eu lieu depuis le début de l’année.

En 2022, 23 homicides ont été enregistrés par le Service de police de la capitale manitobaine. Les ressources humaines viennent à manquer et la multiplication des heures supplémentaires épuise les policiers, a reconnu Danny Smyth lors d'une rencontre du conseil de police de Winnipeg, vendredi.

Plus précisément, 500 personnes ont été forcées de s'absenter du travail en raison de la COVID-19, souligne-t-il. Pour compenser, les heures supplémentaires des policiers ont augmenté de 29 % au premier trimestre de cette année par rapport à l'année dernière, indique un rapport.

De plus, sur les trois premiers mois de l’année 2022, la police a encadré pas moins de 53 événements spéciaux, comme des manifestations et des rassemblements. En comparaison, seulement 72 événements sur l’ensemble de l’année dernière ont été enregistrés dans le centre-ville de Winnipeg.

Selon le chef de police, les enquêtes pour meurtre ont un effet domino sur les ressources du Service.

« Ce n'est pas seulement l'unité des homicides qui est appelée. C'est l'unité médico-légale. Ce sont nos unités de première ligne qui sont souvent les premières là-bas. Cela a un impact sur la capacité de répondre aux appels et cela crée une file d'attente. »

— Une citation de  Danny Smyth, chef de la police de Winnipeg

Pour ne rien arranger à la situation, les dernières données publiques sur la criminalité de février montrent que les crimes violents ont augmenté de 21 % par rapport au même mois de l'année dernière.

Danny Smyth souligne qu'il n'est pas satisfait de cette tendance. Même si la ville connaît une augmentation des crimes violents en ce moment, Winnipeg est toujours une ville sûre, soutient le chef de la police.

Le président du syndicat beaucoup plus critique

Le président de l'Association des policiers de Winnipeg, Moe Sabourin, souligne que les policiers sont tellement épuisés qu'ils refusent les heures supplémentaires.

Le Service a déclaré avoir appelé des agents pendant leurs jours de congé 433 fois au cours des trois premiers mois de 2022, souligne le président du syndicat. La moyenne sur cinq ans avant la COVID-19 était de 222 appels.

Moe Sabourin répond aux questions des journalistes à l'hôtel de ville de Winnipeg, le 3 juin 2022.

Le président de l'Association des policiers de Winnipeg, Moe Sabourin, dit que le chef de police n'obtient pas la note de passage pour son leadership à l'heure actuelle.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Pour Moe Sabourin, les policiers passent d’un appel d’urgence à l'autre. Il n'y a pas de police proactive. C'est strictement une réponse... Je souhaiterais que le Service rende compte avec précision de tous les incidents qui se produisent parce que c'est effrayant. Je ne laisserais pas mes enfants venir au centre-ville, déclare-t-il.

«  Si j'étais le directeur général d'une équipe sportive performante et que l'équipe n'allait pas bien, vous changeriez probablement d'entraîneur. »

— Une citation de  Moe Sabourin, président de l'Association des policiers de Winnipeg

Cette augmentation des heures supplémentaires touche également le budget de Winnipeg puisque le Service de police représente près du tiers des coûts totaux de la Ville.

Le président du conseil de police a déclaré que l'organisation ne pouvait pas donner son avis sur les heures supplémentaires pour le moment.

Ce n’est pas un service qui peut s’arrêter une fois que le budget qui lui est alloué est épuisé, souligne le conseiller de Saint-Norbert-Seine River, Markus Chambers.

Nous devons travailler sur ce budget et nous assurer que nous fournissons un service adéquat et efficace 365 jours par an, a-t-il ajouté.

Markus Chambers sait que la perception d'être une ville dangereuse nuit à Winnipeg, qui tente de rebondir après la pandémie de COVID-19.

Nous devons travailler ensemble et en collaboration pour assurer que nous pouvons commencer à réduire ces chiffres et ces tendances, sans l'impact sur les heures supplémentaires que nous constatons actuellement, a-t-il déclaré.

Avec les informations de Sam Samson

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