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Fermeture des fermes de saumons en C.-B. : des représentants autochtones s’impatientent

La ferme de saumon Okisollo, près de Campbell River, sur l'île de Vancouver.

Les fermes d'élevage à filets ouverts sont critiquées parce qu'elles augmentent les risques de propagation de maladies chez les saumons sauvages vivant dans les eaux avoisinantes.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

Des représentants des Premières Nations de la Colombie-Britannique ont réitéré, vendredi, leurs inquiétudes face à l’avenir du saumon sauvage du Pacifique et appelé le gouvernement fédéral à accélérer la fermeture des fermes d’élevage en eaux côtières.

Nous ne voulons pas de ces fermes en milieu ouvert, a affirmé le chef de la Première Nation de Coldwater, Terrence Lee Spahan, en marge d’une rencontre organisée à Vancouver par l’Union des chefs autochtones de la province.

Le territoire de la Première Nation de l’intérieur de la Colombie-Britannique se situe le long de la rivière Nicola, un tributaire du fleuve Fraser.

Le nombre de saumons qui reviennent dans nos affluents est en déclin, explique-t-il. Nous dépendons de ces poissons pour nous nourrir aujourd’hui, comme ce sera le cas des générations futures.

Prendre toutes les mesures nécessaires

Vous seriez bien en peine de trouver un seul chef, en Colombie-Britannique, qui vous dise que les rivières traversant leur territoire ont des stocks de saumons abondants et en santé, déclare le président de la First Nation Salmon Alliance, Bob Chamberlin.

Il faut prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver les populations sauvages de saumons du Pacifique, croit-il.

« Cela inclut de retirer les fermes d'élevage de saumons des routes migratoires. »

— Une citation de  Bob Chamberlin, président de la First Nation Salmon Alliance

Promesse du Parti libéral du Canada

Les libéraux de Justin Trudeau se sont engagés, dans leur plateforme électorale de 2019, à remplacer la pisciculture à filets ouverts par des méthodes d’élevage en milieu fermé d’ici 2025, en Colombie-Britannique.

Le gouvernement fédéral a cependant subi un revers judiciaire important au mois d’avril, lorsque la Cour fédérale, pour des raisons d’équité procédurale, a annulé un arrêté ministériel de Pêches et Océans Canada refusant le renouvellement des permis d’exploitation de 19 fermes situées dans les îles Discovery.

Situé au large de l’île de Vancouver, ce secteur est jugé sensible, puisqu’il se trouve sur la route migratoire d’importantes populations de saumon sauvage. L'arrêté ministériel aurait forcé les exploitants à mettre fin à leurs opérations le 30 juin.

Une vue aérienne de plusieurs fermes piscicoles.

Les fermes des îles Discovery produisent le quart des saumons d'élevage de la Colombie-Britannique, selon l'Association des éleveurs de saumons de la province.

Photo : Pacific Salmon Foundation / Pacific Salmon Foundation

Des études soulignent que les fermes en eaux ouvertes – où sont élevés des saumons de l’Atlantique – risquent d’introduire ou d’aggraver des maladies chez les saumons sauvages du Pacifique qui fréquentent les eaux avoisinantes.

Ces conclusions sont toutefois contestées par l’industrie de la salmoniculture, qui affirme, de plus, être un moteur économique important dans les régions, souvent reculées, où se trouvent les élevages.

Ceux des îles Discovery représentent près d’un quart de la production totale de la province, selon l'Association des éleveurs de saumons de la Colombie-Britannique.

Une transition complexe

La ministre fédérale des Pêches et des Océans, Joyce Murray, s’est prononcée virtuellement lors de la rencontre organisée par l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique.

Plusieurs des représentants présents ont critiqué la lenteur du gouvernement fédéral à mettre fin aux fermes d’élevage en eaux côtières.

Nous avons, bien sûr, cette contestation judiciaire et je travaille à y répondre, a d’abord reconnu la ministre.

L’aquaculture durable a un rôle important à jouer pour nourrir une planète affamée, mais la croissance de cette industrie ne peut se faire au détriment du saumon sauvage et de la santé de l’écosystème marin local, a-t-elle ajouté

Un saumon est remonté d'un filet.

Les retombées économiques de la salmoniculture en Colombie-Britannique sont estimées par l'industrie à 1,5 milliard de dollars par an.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Joyce Murray a indiqué que des considérations économiques rendent complexe la transition des piscicultures à filets ouverts vers des fermes en milieu fermé qui réduiront les interactions entre le saumon d’élevage et le saumon sauvage.

Les perspectives et opinions de tous doivent être reconnues et respectées, a-t-elle affirmé. Nous devons être guidés par la science et les connaissances traditionnelles et parvenir à la fois à la viabilité environnementale et à la prospérité économique.

D’après des données du gouvernement fédéral, le Canada est le quatrième producteur mondial de saumons d'élevage.

La Colombie-Britannique représente à elle seule plus de 70 % de la production du pays.

Avec des informations de Catherine Dib et Sophie Chevance

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