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Variole simienne : la communauté LGBTQ+ s’inquiète de la stigmatisation

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Les responsables de la santé affirment que la variole simienne ne se propage pas facilement entre les personnes et n'est pas aussi transmissible que le virus qui cause la COVID-19.

Photo : Getty Images / D-Keine

Dans le contexte de l’éclosion de la variole simienne, des leaders communautaires mettent en évidence la nécessité de poursuivre la lutte pour l’égalité des droits des personnes LGBTQ+. Ils dénoncent par la même occasion la corrélation faite entre ce virus et l’orientation sexuelle.

Une cinquantaine de cas de variole simienne au Québec et huit en Ontario sont confirmés par les autorités sanitaires des deux provinces. Une grande majorité des cas touchait des hommes adultes homosexuels, selon les agences gouvernementales.

La transmission de la maladie peut se faire par contact rapproché avec une personne malade ou indirectement avec des vêtements contaminés. Toutefois, les autorités sanitaires rappellent que la propagation de la maladie n’est pas due à un groupe ni à une orientation sexuelle.

L’anxiété gagne la communauté LGBTQIA+

La variole simienne, vue comme une maladie homosexuelle, affecte mentalement la communauté.

Vincent Francoeur est un psychothérapeute autorisé de l’Ontario. Il vit à Toronto. Il constate que l’anxiété accumulée durant la pandémie de COVID-19 refait tranquillement surface en raison des éclosions de la variole simienne. Il y a des gens avec lesquels je travaille qui ont peur en ce moment, dit-il.

« Certains ont vécu la crise du VIH. Ils nous ont laissés mourir pendant des années. Ils ont vécu la COVID et maintenant on dit que [la variole], c’est la faute des hommes gais [...] Des gens qui avaient des craintes, qui sortaient finalement de chez eux à la fin de la COVID [...] maintenant, ils risquent de s’isoler. »

— Une citation de  Vincent Francoeur, Toronto

Michel Lussier, directeur général de l’organisme Action Positive, explique la corrélation faite entre la variole simienne et l’orientation sexuelle par une méconnaissance de la transmission de la maladie. C’est beaucoup plus l’ignorance de la population devant un risque inconnu qui crée le besoin d’un bouc émissaire, dit-il. Habituellement, ce sont les communautés moins appréciées de la majorité [qui écopent], croit-il.

Par ailleurs, pour M. Francoeur, il faut voir la situation du bon côté. On trouve plus de cas de la variole chez les hommes gais parce qu’on prend la santé sexuelle plus au sérieux, ce qui implique plus de dépistage. Ça fait des années que les hommes gais, nous pratiquons la réduction des méfaits au niveau de la santé sexuelle des hommes et des rencontres.

La variole simienne accentue le débat sur la stigmatisation

Le Torontois Vincent Francoeur explique que les membres de la diversité sexuelle et de genre sont des victimes quotidiennes de la discrimination. Il assure s'être fait insulter et cracher dessus sur des motifs homophobes.

Pour lui, le combat contre la discrimination envers les personnes LGBTQ+ n’en est pas à sa fin. Il affirme que de nombreuses personnes LGBTQ+ craignent la stigmatisation engendrée par les informations qui circulent dans les médias au sujet des cas de variole recensés auprès d’hommes gais et bisexuels. Si les éclosions n’avaient pas eu lieu au sein des hommes gais, la couverture médiatique aurait été très différente [...] On parlerait des familles, croit-il.

De son côté, Michel Lussier, directeur général de l’organisme Action Positive, affirme que l’enjeu de la stigmatisation est relié à d'autres éléments tels que l’hébergement, l’isolement, etc. Il n'y a pas de résidences pour les personnes âgées qui vivent avec le VIH ou qui sont homosexuelles, dit-il. On a des listes d’attente de trois ans pour les personnes qui vivent avec le VIH, et ça, c’est inacceptable, ajoute-t-il.

« Dans la communauté LGBTQ, les personnes vieillissent et sont en bonne santé. Elles ont le sentiment qu’elles doivent retourner dans le placard. Les personnes qui vivent dans les endroits ruraux ont cette crainte. »

— Une citation de  Michel Lussier, directeur général Action Positive

De son côté, Jean-Rock Boutin, membre fondateur de l’organisme Franco Queer, plaide en faveur de la sensibilisation autour du VIH. Il y a des gens qui ne veulent rien savoir de toi si tu as le VIH. Depuis plus de trente ans, les recherches sont avancées. Mais il y a une poche de résistance, croit-il.

Le Franco-Ontarien ajoute que la stigmatisation prend de plus en plus la forme de micro-agressions. C’est de plus en plus subtil. Des fois, ce sont des non-dits. Les gens ont appris à donner l’impression qu’ils sont ouverts, mais au fond ils ne le sont pas, explique-t-il.

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