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Taux d’abstention historique aux élections en Ontario

Le PPC de Doug Ford recueille environ 1,89 million de voix tandis que quelque 6,1 millions d’Ontariens n’ont pas voté.

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Un total de 10 760 433 électeurs étaient appelés à voter en Ontario aux élections provinciales de 2022.

Photo : Evan Mitsui / CBC

Maud Cucchi

D’après les premières estimations, l’Ontario pourrait bien afficher un taux d’abstention record à des élections provinciales avec plus de la moitié des électeurs inscrits qui ont boudé les urnes le 2 juin.

Seuls 43,03 % électeurs ont exprimé leur vote sur les 10 760 433 Ontariens inscrits sur les listes, selon les plus récentes données disponibles après la fermeture de tous les bureaux de vote jeudi, peu après minuit.

Il faudra toutefois attendre les résultats définitifs d’Élections Ontario pour confirmer si le désintérêt des Ontariens pour les élections provinciales dépasse celui de 2011, année historique de l’abstention où 48 % des électeurs avaient exprimé leur préférence politique.

L'analyse des résultats sur les quatre dernières décennies illustre un désintérêt croissant à aller voter aux élections provinciales.

Dans les années 1980 et 1990 environ 61 % des électeurs inscrits votaient, selon les données d'Élections Ontario, tandis qu'aux six dernières élections provinciales, le taux de participation s'élève en moyenne à 53,8 %.

Environ 1,7 million d’électeurs en moins

Si les progressistes-conservateurs retournent majoritaires à l'Assemblée législative ontarienne, ils font un score en dessous du niveau de l’abstention.

Le parti de Doug Ford recueille environ 1,89 million de suffrages tandis que quelque 6,1 millions d’Ontariens n’ont pas voté le 2 juin.

Cela signifie aussi qu'environ 1,7 million d'électeurs en plus ont rejoint les rangs des abstentionnistes par rapport aux précédentes élections provinciales de 2018 où le taux de participation s'élevait à 57 %.

Le premier ministre de l'Ontario a également perdu quelque 430 000 voix par rapport à sa première élection, en 2018, selon les données disponibles au dépouillement de 98,98 % des bureaux de vote.

Un électorat peu engagé

Le politologue à l'Université McMaster, Peter Graefe, dit s’inquiéter de ce faible taux de participation des électeurs.

« Évidemment, il y a quelque chose qui ne va pas quand la majorité des gens refusent d'aller voter. »

— Une citation de  Peter Graefe, politologue à l'Université McMaster

Selon lui, ce manque d’intérêt est le fruit de plusieurs facteurs, notamment ce qu’il qualifie de disparition de débats politiques à Queen’s Park au tout début de la pandémie de COVID-19.

L'Assemblée législative ne siégeait pas de manière normale, explique-t-il. Il n’y avait donc pas de période de questions, il y avait moins de débats, il y avait donc une moins grande couverture médiatique dans ce débat entre le gouvernement et l'opposition.

Ainsi, c’était vraiment le gouvernement qui était au centre du discours politique, estime-t-il.

Peter Graefe croit d'ailleurs que les chefs des partis d'opposition n'ont pas réussi à frapper l'imaginaire des Ontariens.

Selon lui, leurs campagnes électorales manquaient d'imagination pour aller capter l’attention des millions d’électeurs qui ne se sont pas présentés aux urnes.

Il y avait 6 millions d'Ontariens admissibles qui n'ont pas voté hier. Si un de ces chefs des partis d'opposition avait réussi à attirer un million de ces gens-là, il serait chef du gouvernement, relate-t-il.

Le cofondateur de l’organisme Democracy Watch, Duff Conacher, estime que le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour aurait notamment contribué à ce faible taux de participation aux élections.

Il existe de nombreuses circonscriptions où un parti est vu comme ayant une longueur d’avance, ce qui décourage les électeurs à voter, même pour le candidat du parti en tête, explique-t-il.

« Le mode de scrutin proportionnel, qui fait en sorte que chaque voix est comptée, aurait encouragé les électeurs à aller voter. »

— Une citation de  Duff Conacher, cofondateur de Democracy Watch

D’ailleurs, Duff Conacher s’inquiète du pouvoir démesuré qu’un parti peut détenir avec le mode de scrutin actuel. Il rappelle que les 43 % des votes que le Parti progressiste-conservateur a remportés cette année ne correspondent qu’à 18 % des électeurs admissibles.

C'est un dangereux manque de légitimité pour le gouvernement de remporter une majorité avec seulement 18 % du soutien de tous les électeurs, dit-il.

Duff Conacher ajoute par ailleurs que le fait que l’élection a eu lieu en juin n’a pas non plus aidé les jeunes à exercer leur droit de vote.

De nombreux jeunes déménagent pour un emploi d’été, raconte-t-il. Il leur serait difficile de prouver qu'ils vivent à l’endroit où ils ont déménagé au cours du dernier mois.

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