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La pénurie et les blessures auditives d’interprètes perturbent des travaux parlementaires

Un député debout en chambre avec en arrière-plan une personne dans une pièce vitrée (archives).

Des interprètes, comme la personne en arrière plan derrière une baie vitrée dans cette image, assurent la traduction des débats en chambre (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que le problème des blessures auditives perdure encore à ce jour chez les interprètes au Parlement canadien, tout comme celui de la pénurie de main-d'œuvre au Bureau de la traduction, le nombre d’absences d’interprètes force l'annulation de comités au sénat et à la Chambre des communes.

Dans un rapport présenté au Bureau de régie interne de la Chambre des communes par l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) en avril 2022, il est indiqué qu'une dizaine sur les quelque 60 interprètes sont indisponibles ou pas pleinement disponibles pour interpréter, notamment en raison de blessures causées par la mauvaise qualité de l’audio lorsqu’ils effectuent leur travail.

Le vice-président du syndicat, André Picotte, ne passe pas par quatre chemins pour expliquer la situation : essentiellement, il y a des interprètes qui en ont assez qui demandent à être réaffectés à des tâches de traduction et autrement, il y a des interprètes qui quittent le Bureau de la traduction.

Au cours des trois dernières années, 12 interprètes ont pris leur retraite. Le Bureau de la traduction a été en mesure d'en embaucher seulement neuf pour la même période.

Cette pénurie de main-d'œuvre au Bureau de la traduction, combinée au nombre d’interprètes ayant subi des blessures auditives, vient perturber les travaux de certains comités et, par le fait même, de certains parlementaires.

Quelques députés regardent un écran où apparaît Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau a siégé de façon virtuelle lors de la reprise des travaux à la Chambre des communes, en 2021 (archives).

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

La whip du Bloc québécois, Claude de Bellefeuille, fait partie des parlementaires dont le travail est actuellement perturbé par l’annulation de comités, au moment de mettre la touche finale à ses dossiers avant la fin de la session.

Aujourd'hui [mardi, NDLR], ce sont cinq comités [qui sont annulés] Pourquoi? Parce qu'il n’y a pas d'espace technologique ni d'interprète pour en prendre plus , dit-elle.

Déjà, en 2019, le Bureau de la traduction cherchait des solutions, alors que l’on dénotait dès lors des problèmes d’ouïe préoccupants chez des interprètes du fédéral.

La présidente-directrice générale du Bureau de la traduction de Services publics et Approvisionnement Canada, Lucie Séguin, affirme que son équipe a aussi collaboré avec les collègues de la Chambre des communes pour conseiller l'achat de consoles qui protègent la santé auditive des interprètes, également la distribution d'équipement tel que des casques d'écoute avec micros intégrés.

Un ordinateur portable montre une visioconférence à laquelle participent de nombreuses personnes.

Souvent, en 2020, ils étaient près de 300 députés fédéraux à assister virtuellement aux travaux de la Chambre des communes (archives).

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Même si des solutions ont été mises de l’avant pour résoudre le problème, la situation presse selon le sénateur conservateur Claude Carignan.

Si on veut régler le problème, on doit embaucher; on doit être plus attirant; on doit s'occuper de ces gens-là pour qu'on puisse fonctionner. Ce n’est pas normal que le Parlement, en ce moment, soit affecté dans son fonctionnement, affirme le sénateur.

De son côté, le whip en chef du gouvernement, Steven MacKinnon, souligne que son bureau continue de « travailler en étroite collaboration avec l'administration de la Chambre pour veiller à ce que les services d'interprétation soient disponibles ».

L’ACEP demande ainsi à la ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement, Filomena Tassi, aussi responsable du Bureau de la traduction, d'intervenir afin de régler pour de bon le problème d'équipement qui cause des blessures auditives à ses membres.

En attendant, les membres du Parlement, comme la bloquiste Claude de Bellefeuille, sont de plus en plus sensibles au bien-être de ces travailleurs de l'ombre.

Nous - les députés francophones - sans eux, on ne peut pas faire notre travail. Moi, ce que je dis ne peut pas être interprété. Les interprètes sont nos yeux et nos oreilles, on en a besoin , soutient la députée.

Avec les informations d’Alexandra Angers et de Mohamed Tiéné

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