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Que sait-on de la variole simienne?

Une image en noir et blanc, captée au microscope.

Cette image captée au microscope montre des virions matures de forme ovale de la variole simienne, à gauche, et des virions immatures sphériques, à droite, obtenus à partir d'un échantillon de peau humaine associé à l'épidémie américaine de 2003.

Photo : Cynthia S. Goldsmith et Russell Regner

Le nombre de cas de variole simienne augmente de jour en jour. Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne croit pas que cette maladie deviendra pandémique, la multiplication des cas est tout de même surveillée de près par les autorités sanitaires. Pour mieux comprendre, voici les réponses à six questions beaucoup entendues.

1. Qu’est-ce que la variole simienne?

Également appelée variole du singe (orthopoxvirose simienne), cette maladie a été détectée pour la première fois dans les années 1950, lorsque deux épidémies se sont produites dans des colonies de singes utilisées à des fins de recherche. Le premier cas humain a été signalé en 1970 en République démocratique du Congo (RDC).

La variole simienne est endémique en Afrique de l’Ouest et est généralement rare ailleurs dans le monde.

Cette maladie, aussi appelée petite vérole, est souvent considérée comme une forme bénigne de la variole. Rappelons que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la variole maladie éradiquée dans le monde en 1980.

2. Quels sont les symptômes?

Des éruptions cutanées sur les mains d'un homme.

Des éruptions cutanées peuvent survenir chez les personnes aux prises avec la variole simienne.

Photo : Brian W.J. Mahy

Les symptômes rapportés consistent en des lésions cutanées au niveau de la bouche et des organes génitaux similaires à celles provoquées par la varicelle. Ces symptômes peuvent être précédés ou accompagnés de fièvre, de sueurs nocturnes, de maux de tête, de ganglions enflés et de douleurs articulaires ou musculaires.

La période d'incubation varie de 5 à 21 jours. Une personne infectée peut être contagieuse cinq jours avant les premiers symptômes et continue de l’être pendant toute la période où elle présente des lésions cutanées.

La plupart des patients ne sont pas hospitalisés et, généralement, les symptômes finissent par disparaître sans traitement.

Des cas très rares de complications graves peuvent toutefois survenir. Pour les infections graves, il existe certains traitements antiviraux expérimentaux, tels que le técovirimat, le cidofovir ou le brincidofovir.

Le taux de mortalité de cette souche (ouest-africaine) de la maladie est de 1 %. Le taux de mortalité est un peu plus élevé chez les enfants et chez les personnes immunodéprimées.

3. Combien y a-t-il de cas?

Des éprouvettes contenant des échantillons du virus.

Le nombre de cas de variole simienne augmente rapidement à travers le monde.

Photo : Reuters / DADO RUVIC

Le premier cas de variole simienne à l’extérieur de l'Afrique a été détecté au Royaume-Uni le 6 mai dernier, d'après l'OMS. La personne infectée revenait d'un voyage au Nigeria.

Le 23 mai, quelque 200 cas étaient recensés ailleurs qu’en Afrique; le 30 mai, plus de 250 cas.

Selon un décompte de chercheurs du groupe Global.health (Nouvelle fenêtre), en date du 2 juin 2022, il y avait environ 775 cas confirmés dans près de 30 pays et environ une centaine de cas suspectés. Aucun décès n’a été signalé.

Les pays comptant le plus de cas confirmés sont : l’Angleterre (199), l’Espagne (156) et le Portugal (138).


Mise à jour : En date du 23 juillet 2022, il y a désormais plus de 16 000 cas dans 75 pays à travers le monde. L'OMS a d'ailleurs déclenché son plus haut niveau d'alerte. Au Canada, le nombre de cas est de plus de 600 en date du 23 juillet 2022.


Le Canada compte une soixantaine de cas, la grande majorité au Québec. Dans la province, le nombre de cas confirmés est passé de 25 à plus du double en moins d'une semaine.

Pour l’instant, on parle d'un cas probable quand une personne présente des symptômes du virus et qu'elle a eu un contact avec un cas confirmé ou probable ou qu'elle a voyagé dans une région où un cas confirmé avait été détecté. Les personnes n'ayant pas de lien épidémiologique mais présentant les signes et symptômes associés à la maladie sont classées comme des cas suspects.

En Afrique, 7 des 54 pays africains ont signalé la présence de la maladie et il y a eu environ trois fois plus de cas de variole simienne que d'habitude. Selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, on a recensé plus de 1400 cas suspectés et 63 décès au Cameroun, en République centrafricaine, au Congo et au Nigeria. Moins de 50 cas ont été confirmés, puisque les capacités de dépistage sont limitées dans ces pays.

Le séquençage génétique n'a pas montré de lien direct avec l'éclosion en dehors de l'Afrique, selon les responsables de la santé. La flambée actuelle laisse donc penser que le virus s'est propagé à l'échelle mondiale sans être détecté pendant un certain temps.

4. Comment se propage le virus?

La maladie se transmet généralement d’animaux infectés aux humains, mais elle peut aussi être propagée par les humains. Elle peut se transmettre lors de contacts physiques étroits avec une personne infectée, ses vêtements ou ses draps.

Par contre, certaines questions demeurent sans réponse. Par exemple, on ne sait pas si les personnes infectées mais asymptomatiques peuvent propager la maladie ni si la maladie pourrait se transmettre par les airs, comme c’est le cas pour la rougeole ou la COVID-19. On croit que la transmission aérienne est moins courante, mais pas impossible.

Plusieurs des cas touchent des hommes qui ont eu des relations sexuelles avec d’autres hommes, mais l’OMS tient à rappeler que la variole simienne n’est pas considérée comme étant une maladie transmise sexuellement. La maladie serait transmise en raison de contacts étroits et non en raison de l'activité sexuelle elle-même.

5. Peut-on prévenir la variole simienne?

Le vaccin contre la variole est également efficace à 85 % contre la variole simienne et il semble que l’immunité conférée par la vaccination dure plus de 25 ans.

Toutefois, les programmes de vaccination systématique ont pris fin au Canada et à travers le monde au début des années 1970.

Pour l’instant, on ne recommande pas des campagnes de vaccination à grande échelle. Plusieurs pays, dont le Canada et le Royaume-Uni, vaccinent certaines personnes à haut risque, notamment celles qui ont eu des contacts étroits avec des personnes suspectées d'infection.

6. Pourquoi autant de cas en ce moment?

Des travailleurs de la santé prennent des échantillons.

Des milliers de cas ont été signalés dans certaines régions d'Afrique ces dernières années.

Photo : Getty Images / Melina Mara

C'est la première fois que l’OMS observe autant de cas dans autant de pays en même temps, ailleurs qu’en Afrique.

En 2003, une épidémie de variole simienne avait frappé les États-Unis. Quelque 70 cas avaient été recensés; aucun n’avait mené à un décès.

De nombreux scientifiques ne sont toutefois pas surpris de voir cette explosion de cas à travers le monde.

Le nombre de cas de variole simienne en Afrique augmente depuis plusieurs années (Nouvelle fenêtre).

De 2005 à 2007, on a recensé moins de 800 cas en RDC. Plus de 2800 cas suspects ont été signalés en 2018, puis 3800 en 2019.

En 2020, on a enregistré près de 6300 cas, dont 229 décès. Les cas augmentaient aussi dans les pays voisins du Soudan et de la République du Congo. Au Nigeria, plus de 500 cas ont été enregistrés depuis 2017.

Des chercheurs avaient d’ailleurs averti en 2010 (Nouvelle fenêtre) que, parce qu’une grande proportion de la population n’a jamais reçu le vaccin contre la variole, la souche simienne pourrait se propager au-delà de la République démocratique du Congo.

D’ailleurs, la majorité des cas en République du Congo depuis les dernières années sont des jeunes qui n'ont jamais été vaccinés contre la variole.

De plus, d'après ces mêmes chercheurs, les migrations animales provoquées par les changements climatiques et la déforestation alimentent les interactions entre les humains et les animaux, ce qui facilite la propagation de virus tels que la variole simienne aux humains.

Le nombre élevé de cas en Afrique, combiné à plus de déplacements depuis la levée des restrictions en lien avec la pandémie de COVID-19, pourrait avoir créé les conditions idéales pour sa propagation rapide.

Selon l’OMS, il n'y a pas encore de preuves concrètes que le virus a muté. Il faut noter que ces orthopoxviroses ont tendance à être assez stables.

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