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La Banque du Canada pourrait hausser son taux directeur jusqu’à 3,0 %

Le siège de la Banque du Canada, au 234, rue Wellington, à Ottawa.

La Banque du Canada a effectué plusieurs hausses de son taux directeur pour tenter de contrôler l'inflation.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le taux directeur de la Banque du Canada pourrait atteindre 3 % d’ici la fin de l’année. Une hausse de 75 points de base n’est pas exclue par la banque centrale, qui cherche à éviter qu’une spirale inflationniste ne s’empare de l’économie canadienne.

C’est certain qu’on pense qu’il faut aller vers le haut de la fourchette de 2 à 3 %, a dit le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Paul Beaudry, à Zone économie. La banque évalue son taux neutre entre 2 et 3 %. Le taux actuel est à 1,5 %, après une hausse de 50 points de base mercredi.

Pour y arriver rapidement, la banque centrale n’exclut pas d’augmenter son taux directeur de 75 points de base en juillet. C’est dans le possible, dit Paul Beaudry.

Ce n’est pas quelque chose qu’on a décidé de faire, mais on va le considérer si c’est nécessaire. Encore là, ça dépend un peu des développements qui se font dans l’économie. Si on voit vraiment l’inflation continuer à augmenter, qu’on continue à voir cette surchauffe de l’économie, ça se pourrait qu’on considère ça. [...] On veut avoir toutes ces possibilités-là, que les gens comprennent que ce sont des possibilités qui peuvent arriver, dépendamment des développements économiques au Canada.

La prochaine décision de la Banque du Canada est prévue pour le 13 juillet prochain.

Devant l'inflation qui va continuer de grimper, la banque du Canada pourrait encore doubler le taux directeur et le faire passer à 3 % d'ici la fin de l'année. L'institution admet avoir sous-estimé l'inflation et commis des erreurs. Entrevue avec Paul Beaudry, sous-gouverneur de la banque du Canada.

Des erreurs ont été commises

Alors que l’inflation a dépassé systématiquement ses prévisions au cours de la dernière année, la Banque du Canada reconnaît aujourd’hui avoir fait des erreurs dans son évaluation du coût de la vie. Dans son discours, Paul Beaudry a dit que l’institution va présenter une première analyse des erreurs qu'on a faites dans nos prévisions d'inflation en juillet.

Certainement qu’on reconnaît qu’on a fait des erreurs, a déclaré Paul Beaudry à Zone économie. Vraiment, c’est un temps très difficile pour prédire l’inflation. Une grande partie de l’inflation est dominée par le prix du pétrole, le prix de certains aliments, les prix des commodités. Ce sont toutes des choses très difficiles à prédire. […] On essaye déjà d’apprendre de nos erreurs.

Il identifie trois raisons pour expliquer la mauvaise évaluation de la Banque du Canada. D’abord, la banque s’attendait à ce que les troubles dans l’offre, qui sont d’origine extérieure, soient passagers, comme c’est souvent le cas. Ensuite, durant une bonne partie de l’année 2021, l’économie tournait plus lentement que sa capacité potentielle. Puis la banque s’inquiétait de l’impact d’un resserrement prématuré sur les gens qui avaient perdu leur emploi durant la pandémie. Avec les règles sanitaires et économiques toujours partiellement en vigueur, il était difficile, selon Paul Beaudry, de procéder à un changement à la politique monétaire.

« Le risque qu’on gérait, c’est celui que l’inflation élevée finisse par influencer les attentes et commence à s’enraciner si elle durait plus longtemps que prévu. Il paraissait raisonnable de prendre ce risque à ce moment-là, vu qu’on observait des capacités excédentaires dans l’économie et qu’on pensait que les sources de l’inflation élevée attribuables à l’offre ne seraient probablement que temporaires. »

— Une citation de  Paul Beaudry, sous-gouverneur de la Banque du Canada

Aujourd’hui, la demande est maintenant considérée comme étant excédentaire. Et l’offre demeure perturbée par les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, par la guerre et les confinements également. Résultat : il y a maintenant un risque plus grand que les attentes d’inflation se désancrent et que l’inflation élevée s’enracine. Et c’est ici que la banque dit devoir agir avec fermeté. On ne laissera pas cette inflation élevée s’enraciner, a déclaré Paul Beaudry.

L’inflation s’enracine quand elle se nourrit d’elle-même. Les prix augmentent parce que d’autres prix augmentent aussi, et parce que le coût de la main-d’œuvre grimpe. Ce coût grimpe parce que les travailleurs veulent être en mesure de payer les prix plus élevés des biens et services. Aucune force extérieure continue, comme des ruptures d’approvisionnement ou un raffermissement de la demande, n’est nécessaire pour alimenter ce type d’inflation. Elle en vient à augmenter pratiquement d’elle-même, en grande partie parce que les gens s’attendent à ce qu’elle reste élevée ou continue de monter.

Paul Beaudry rappelle que la Banque du Canada est intervenue massivement pour soutenir l’économie durant la pandémie en achetant des obligations du gouvernement. Le bilan de la banque a atteint 575 milliards de dollars en 2021. Il est aujourd’hui à 465 milliards et l’institution prévoit arriver à environ 280 milliards à la fin de 2023.

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