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La grève des ingénieurs au Québec risque de retarder d’importants chantiers en Outaouais

Les ingénieurs du gouvernement sont en grève depuis le 24 mai.

Les ingénieurs du gouvernement sont en grève.(Archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le mouvement de débrayage que viennent de relancer les 1800 ingénieurs du gouvernement du Québec retardera de nombreux travaux et des chantiers de construction, dont celui de l’élargissement de l’autoroute 50 (A-50) en Outaouais. Les grévistes réclament un meilleur salaire et une plus grande autonomie professionnelle.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a confirmé, mercredi par courriel, qu'« en raison de l’absence des ingénieurs occasionnée par la grève en cours, des travaux routiers seront suspendus, notamment sur l’autoroute 50.

Le projet d’élargissement de l’A-50 entre la fin des 4 voies à Gatineau et l’est du chemin Doherty à L’Ange-Gardien et le projet de réfection de l’autoroute 50 entre l’échangeur du boulevard Lorrain et la montée Mineault à Gatineau seront suspendus à partir du lundi 6 juin en fin de journée, a indiqué Marie Chantal Baguia, conseillère en communication pour le MTQ, en précisant que les suspensions se feront graduellement.

Par ailleurs, à partir de jeudi, les travaux d’asphaltage de la rue Papineau à Plaisance seront suspendus, ajoute le MTQ.

Des élus déçus

Le débrayage de ces professionnels, dont la majorité travaille pour le ministère des Transports, déçoit plusieurs maires de l’Outaouais.

C’est notamment le cas du maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, qui avoue être un peu découragé.

Benoît Lauzon en entrevue à Radio-Canada.

Le maire de Thurso, Benoît Lauzon.

Photo : Radio-Canada / David Richard

C'est sûr que c’est décevant, ça fait longtemps que les gens attendent après ces investissements-là. Par contre, on respecte les droits des travailleurs et on va s'assurer que le gouvernement va s'impliquer le plus rapidement possible pour que les travaux reprennent pour donner un service et surtout une autoroute sécuritaire aux citoyens de Papineau, a-t-il commenté, mercredi.

Le maire de L’Ange-Gardien, Marc Louis-Seize, se dit lui aussi déçu de la situation. Il croit que c’est un pas de recul. Ce dernier dit avoir hâte de voir le chantier de l'Autoroute 50 avancer, mais il laisse le gouvernement gérer la situation.

D’autres voix semblent moins préoccupées dans la région. Elles disent que puisque des travailleurs du secteur privé ont été embauchés pour le chantier de l’élargissement de l’autoroute 50, grève ou pas, les travaux ne devraient pas être perturbés outre mesure.

À un cheveu de signer une entente, dénonce le syndicat

Les négociations entre le gouvernement du Québec et l’Association professionnelle des ingénieurs du Québec (APIGQ) sont rompues depuis la nuit de mardi à mercredi.

Pourtant, Marc-André Martin, le président du syndicat, affirme que les discussions se déroulaient rondement.

Tout était bien ficelé et on était à un cheveu de s’entendre, résume-t-il.

Le syndicaliste affirme que l’optimisme a cependant cédé sa place à la frustration en fin de journée mardi, en apprenant que la contre-offre du syndicat était rejetée.

La présidente du Conseil du Trésor a décidé de faire avorter l’entente pour une question de pause-café et d’échelon d'avancement pour les plus jeunes, dénonce M. Martin.

Les ingénieurs recherchent une plus grande autonomie professionnelle et une meilleure rémunération. Les ingénieurs se disent sous-payés par rapport au secteur privé. Ce sont des revendications de longue date, rappelle Marc-André Martin.

« Ça fait des années qu’on réclame d’ajuster la rémunération des ingénieurs à leur juste valeur.[...] Il est temps de donner un grand coup de barre »,a-t-il dit.

« Il n’y a aucun gouvernement qui a pris le leadership d'[ajuster nos salaires] depuis la commission Charbonneau. Il est grand temps que le gouvernement en place mette les deux mains sur le volant et qu’il le fasse. »

— Une citation de  Marc-André Martin, président de l'APIGQ

Les ingénieurs membres de l’APIGQ ont commencé leurs moyens de pression en juillet 2021, en refusant de travailler les soirs, les nuits et les fins de semaine. Ils ont débrayé le 23 avril 2022, pour ensuite suspendre leurs moyens de pression un mois plus tard, afin, disent-ils, de montrer leur bonne foi à la table des négociations.

Cet arrêt de travail risque d’affecter la surveillance des chantiers de construction, l’autorisation de lancer un chantier et la négociation de contrats avec les firmes de génie-conseil.

En Outaouais, ils sont une quarantaine d’ingénieurs à faire la grève.

La majorité d'entre eux travaillent au ministère des Transports du Québec (MTQ), mais cela concerne aussi quatre ingénieurs du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) et un ingénieur de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ).

Avec les informations de Rebecca Kwan

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