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Près du quart des employés âgés de 11 à 15 ans dans un casse-croûte de Granby

Une jeune femme travaille au gril dans un casse-croûte.

Près du quart des employés du casse-croûte la Grande gueule sont âgés de 11 à 15 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La rareté de la main-d’œuvre incite des employeurs à offrir des emplois à de jeunes travailleurs. À Granby, le casse-croûte la Grande gueule en est un bon exemple. Près du quart de ses employés sont âgés de 11 à 15 ans. 

Au Québec, il n’y a pas d’âge minimum légal pour travailler. Les enfants de moins de 14 ans doivent toutefois obtenir une signature d'autorisation d’un parent. 

Amanda travaille au casse-croûte la Grande gueule à 11 ans. Elle indique qu'elle avait envie d’aller travailler. Ses parents ont confirmé à Radio-Canada qu’elle réussit très bien à l’école, et que son travail contribue à son développement. 

Quand j’ai des dépenses à faire, ils me les paient, donc ils m’ont dit "si tu trouves ça trop difficile, tu peux arrêter" [...] Mais j’aimerais économiser pour m’acheter une maison, avoir mon permis de conduire, souligne la jeune fille.

Le propriétaire du casse-croûte, Pascal Lamarche, dit avoir dû faire certains ajustements pour sa jeune main-d'œuvre, en adaptant notamment leur horaire autour de l’école. Il constate cependant que la présence des jeunes est très positive pour l’entreprise. Il croit aussi que ce genre d’emploi peut les aider à se développer. 

Les jeunes viennent travailler parce qu’ils ont envie de travailler. Je crois qu’il faut valoriser ça beaucoup plus que les empêcher. Sinon, j’ai de la difficulté à comprendre qu’il faudrait leur dire de ralentir. Non, tu veux avancer, vas-y, on va t’aider. C’est comme ça que j’ai ma vision dans l’entreprise, et ça va toujours rester comme ça, pénurie de main-d’œuvre ou non!, s’exclame-t-il. 

Pour des types d'emplois plus dangereux, l'embauche de jeunes travailleurs soulève toutefois certaines inquiétudes. Le débat a même été discuté mardi à l’Assemblée nationale, où le ministre du Travail Jean Boulet a annoncé le début d'une réflexion sur le sujet. Depuis 2018, le nombre d’accidents dénoncés à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail [CNESST] a plus que doublé pour les jeunes de moins de 16 ans. 

S’il faut intervenir de manière législative, on le fera en temps opportun. Mais actuellement, je me fie aux partis pour s’assurer de protéger la santé, la sécurité, l’intégrité physique et psychique des enfants. C’est un enjeu qui nous préoccupe énormément, a indiqué le ministre. 

Me Sarah Dennene, qui est avocate spécialisée en droit du travail, croit d’ailleurs qu’il faudrait imposer un âge minimum pour certains types d’emplois et proposer des réformes afin d'éviter les dérapages. 

L’enfant a une autonomie et va se développer de manière graduelle. Il est autonome aussi. On va vouloir protéger cette autonomie-là, mais il faut que ce soit en équilibre avec la protection. C’est ça la question. En ce moment, dans l’état du droit actuel, bien que la Loi sur la protection de la jeunesse vient protéger contre l'exploitation, les paramètres de protection ne sont pas suffisants, en tout cas de mon point de vue, remarque-t-elle. 

La loi actuelle oblige notamment les employeurs à prioriser le succès scolaire des jeunes employés. 

Lorsqu’un travailleur est mineur, c’est l’école qui prime. L’employeur ne peut donner des tâches à son jeune employé de sorte qu’il manque l’école ou de sorte à l’empêcher d’aller à l’école. C’est très important de bien comprendre ça, explique le porte-parole de la CNESST Nicolas Bégin.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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