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La décriminalisation des drogues en Colombie-Britannique fait réagir en Ontario

Les opioïdes sont des médicaments aux propriétés analgésiques utilisés principalement pour soulager la douleur.

De mars à décembre 2020, plus de 2000 Ontariens sont morts de surdose d'opioïdes, selon un rapport.

Photo : Getty Images / Stas_V

En Ontario, plusieurs intervenants du milieu communautaire croient que la province devrait suivre l’exemple de la Colombie-Britannique, qui compte décriminaliser la possession de petites quantités de drogues illégales à partir de l’an prochain.

À partir du 31 janvier 2023, la Colombie-Britannique n’arrêtera plus les personnes avec de petites quantités de drogues illégales afin de contrer la crise de surdoses d'opioïdes dans la province.

Avec cette nouvelle mesure, qui sera en place pour trois ans, les Britanno-Colombiens de 18 ans et plus pourront avoir une quantité cumulative de 2,5 g d'opioïdes, de cocaïne, de méthamphétamine ou de MDMA pour leur consommation personnelle.

« Il faut plusieurs interventions différentes pour répondre à la crise de surdoses d'opioïdes, et la décriminalisation est une stratégie importante. »

— Une citation de  Gillian Kolla, chercheuse à l'Institut canadien de recherche sur l'usage des substances

Gillian Kolla, une chercheuse à l’Institut canadien de recherche sur l'usage de substances, applaudit cette décision, mais croit que le changement aurait dû être fait au niveau fédéral, plutôt que juste en Colombie-Britannique.

Ça ne fait pas sens. On est en train de dire qu’on reconnaît que la criminalisation n’a pas fonctionné en Colombie-Britannique, mais pourquoi on laisse la loi en place ailleurs au pays? demande-t-elle.

Elle ajoute que l’Ontario, tout comme la Colombie-Britannique, a un grand problème de surdose d'opioïdes. Selon elle, décriminaliser peut aider à contrer ce problème.

En général, les personnes qui utilisent des drogues se cachent, surtout de la police. On espère qu’avoir moins de pression de la police va permettre aux gens de consommer des drogues avec d’autres personnes, ce qui risque d’éviter les surdoses mortelles, explique-t-elle.

Même son de cloche du côté de Laura MacDonald, une infirmière au Centre de santé communautaire du quartier Regent Park, à Toronto.

Criminaliser quelque chose, c’est l’ultime stigmatisation. Cela fait en sorte que les personnes qui commettent des crimes se cachent, même de ceux et celles qui pourraient les aider, dit-elle.

De son côté, le docteur Naheed Dosani espère que la décision de la Colombie-Britannique va inspirer l’Ontario.

« L’exemption en Colombie-Britannique est un pas dans la bonne direction, mais ce n’est pas assez. »

— Une citation de  Dr Naheed Dosani, médecin en soins palliatifs

La crise de surdoses d’opioïdes a un impact important en Ontario aussi et des Ontariens sont en train de mourir, constate-t-il.

Pendant la première année de la pandémie, du mois de mars au mois de décembre 2020, plus de 2000 Ontariens sont morts de surdose d'opioïdes, selon un rapport du réseau Ontario Drug Policy Research Network.

Les chefs des partis provinciaux réagissent

Au dernier jour de la campagne électorale en Ontario, les partis ont dû se positionner sur la question de la décriminalisation de la possession simple de drogues illégales.

La cheffe néo-démocrate, Andrea Horwath, a rappelé mercredi que la décriminalisation de la possession simple faisait partie de la plateforme de son parti pour lutter contre la crise des surdoses.

Le NPD éliminerait aussi le gel imposé à l'établissement de nouveaux sites de consommation de drogues supervisée en Ontario et améliorerait l'accès aux traitements. Mme Horwath a également rappelé mercredi que l'initiative en Colombie-Britannique avait été pilotée par un gouvernement néo-démocrate.

Le chef libéral, Steven Del Duca, n'a pas répondu aux questions des journalistes mercredi matin, mais une porte-parole de son équipe de campagne a déclaré que le parti n'envisageait pas de décriminaliser les drogues.

Le chef progressiste-conservateur, Doug Ford, ne devrait pas répondre aux questions des médias mercredi et son équipe de campagne n'a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires sur la question des drogues.

Les chefs de partis sont en campagne électorale pour la dernière journée complète, mercredi, avant que les électeurs ne se rendent aux urnes jeudi. Les sondages suggèrent que les conservateurs de Doug Ford sont favoris, avec une forte possibilité de former un deuxième gouvernement majoritaire consécutif.

Avec les informations de La Presse canadienne

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