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La ministre Anand soutient la prolongation du mandat du chef de la police militaire

Gros plan d'Anita Anand.

La ministre de la Défense, Anita Anand.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

La ministre de la Défense, Anita Anand, soutient la décision du chef d'état-major, le général Wayne Eyre, de maintenir à son poste pendant encore deux ans le Grand Prévôt des Forces canadiennes, commandant de la police militaire.

La prolongation du mandat a été annoncée tard mardi, alors que le même jour, la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire du Canada demandait au brigadier-général Simon Trudeau de présenter ses excuses à deux cadets militaires.

Ces excuses concernaient de graves problèmes dans le traitement d'un cas d'inconduite sexuelle présumée et d'une tentative de suicide au Collège militaire royal de Kingston, en Ontario.

Bien que la Commission d'examen des plaintes affirme que le brigadier-général Trudeau a effectivement envoyé des lettres d'excuses au cadet et à la cadette, l'incident fait suite à de nombreuses questions sur la conduite et les normes de la police militaire.

La ministre Anand a déclaré en conférence de presse mercredi matin qu'elle avait néanmoins confiance dans la décision du général Eyre de maintenir M. Trudeau à son poste pendant deux autres années.

Le général Eyre a annoncé mardi que le mandat de M. Trudeau était prolongé pour qu'il supervise les réformes de la police militaire et du système judiciaire, en réponse à plusieurs rapports récents, dont un cette semaine de la juge à la retraite de la Cour suprême Louise Arbour.

Dans un rapport cinglant, Mme Arbour formulait des dizaines de recommandations pour lutter contre les inconduites sexuelles au sein de l'armée, notamment le transfert permanent aux autorités civiles des enquêtes et de la poursuite des affaires sexuelles de nature criminelle.

La juge en conférence de presse accompagnée par la ministre de la Défense Anita Anand.

La juge Louise Arbour a déposé lundi son rapport sur le harcèlement et les inconduites sexuelles dans l'armée.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

« Il est important de continuer à assurer le transfert des affaires du système de justice militaire au système de justice civile. »

— Une citation de  Anita Anand, ministre de la Défense

Il est important pour nous de nous rappeler de travailler fort sur les valeurs qui sont si importantes, et c'est ce que nous ferons tous les jours avec [le maintien en poste de M. Trudeau] et tous les membres des Forces armées canadiennes qui occupent des postes de direction, a-t-elle affirmé.

Mme Arbour recommandait aussi de réexaminer la nécessité de maintenir des collèges militaires pour former des officiers, que certains considèrent comme des terreaux propices aux attitudes sexualisées dans les Forces armées.

Une enquête bâclée

La Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire a révélé mardi qu'elle avait demandé au brigadier-général Trudeau de s'excuser auprès de deux cadets, après qu'une enquête eut révélé que la police militaire avait gravement bâclé un dossier en 2019.

L'enquête a notamment révélé que la police militaire n'avait pas mené une enquête appropriée après qu'une élève-officière du Collège militaire royal de Kingston eut signalé qu'un camarade de classe la harcelait et avait commis des crimes à caractère sexuel à son encontre.

La Commission a également constaté que la police militaire n'avait pas fait grand-chose pour répondre aux craintes de la cadette, ou à ses préoccupations selon lesquelles l'autre étudiant souffrait de problèmes de santé mentale.

L'étudiant a également tenté de se suicider à deux reprises après que la police militaire lui a dit qu'il ferait probablement face à des accusations criminelles, a indiqué la Commission. Mais aucune accusation n'a finalement été portée dans cette affaire.

M. Trudeau a dû défendre l'indépendance et le professionnalisme de ses enquêteurs à plusieurs reprises, l'année dernière, alors que les membres d'un comité des Communes l'ont interrogé sur la façon dont ils traitaient les cas d'inconduite sexuelle dans l'armée.

Ces questions ont coïncidé avec des allégations d'inconduites sexuelles visant plusieurs hauts gradés de l'armée, dont l'ancien chef d'état-major de la défense Jonathan Vance et son successeur Art McDonald. Le général Vance a finalement plaidé coupable à un chef d'accusation d'entrave à la justice et il a été condamné à 80 heures de travaux communautaires. L'amiral McDonald n'a pas été accusé.

La prolongation du mandat de M. Trudeau faisait partie de dizaines de nouvelles nominations dévoilées mardi par l'armée, qui a aussi annoncé le départ à la retraite d'une trentaine d'officiers supérieurs.

Parmi ceux qui prennent leur retraite figure le vice-amiral Haydn Edmundson, qui avait été accusé l'an dernier d'agression sexuelle et d'actes indécents. Il prendra sa retraite avant un procès prévu en août 2023.

L'annonce de mardi a également confirmé le départ à la retraite du lieutenant-général Trevor Cadieu, qui avait raccroché son uniforme en avril dernier alors qu'il faisait l'objet d'une enquête pour inconduite sexuelle présumée, avant de partir pour l'Ukraine afin de se porter volontaire pour combattre l'invasion russe.

La ministre Anand n'a pas voulu dire mercredi si elle avait été informée de la retraite de M. Cadieu et de son départ pour l'Ukraine.

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