•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hydro-Québec partiellement blâmée pour la mort accidentelle d’un travailleur

Des travaux de déboisement.

Martin Tremblay transportait du gravier destiné à la construction d'un chemin d'accès à une future ligne électrique de 735 kV lorsqu'il a effectué une sortie de route mortelle, le 19 juillet 2021 (archives).

Photo : Courtoisie

Radio-Canada

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et sécurité du travail (CNESST) a publié les conclusions de son enquête sur le décès accidentel du travailleur Martin Tremblay sur un chantier d'Hydro-Québec au nord de Baie-Comeau le 19 juillet 2021.

L'enquête révèle que l'opérateur de machinerie lourde a perdu le contrôle de son camion dans une courbe après la descente d'une pente raide d’un chantier de déboisement pour le projet de la ligne Micoua-Saguenay.

L’inspecteur et chef d’équipe à la CNESST, Robin Michaud, avance que trois éléments distincts ont causé le décès de M. Tremblay.

Le premier: l’accident lui-même. « C’était une forte pente d'environ 200 m de long suivie d’une courbe assez prononcée, » explique l’inspecteur.

La CNESST blâme également la signalisation déficiente du chemin emprunté puisqu'elles auraient entraîné le conducteur à dévaler la pente trop rapidement et à effectuer une sortie de route mortelle.

« La côte n’avait pas de panneaux de signalisation et la vitesse n’était pas signalée nulle part.  »

— Une citation de  Robin Michaud, inspecteur et chef d'équipe à la CNESST

Une conception hasardeuse de la route de construction est elle aussi pointée du doigt. Le maître-œuvre du chantier, Hydro-Québec, écope de l’entièreté du blâme quant il en revient à la sécurité des travailleurs sur le site, selon les normes de construction du Québec.

On s’est ramassé avec une route très peu large, tandis que le véhicule, lui, l’est. On parle d’un véhicule de 3,5 m de largeur sur une route de 5 m de largeur. 

La marge de manœuvre des conducteurs pour éviter une sortie de route représente moins d’un mètre de chaque côté du chemin, soit une fois et demi la largeur des pneus du camion-benne, selon M. Michaud.

Le moindre petit coup de volant peut nous rapprocher dangereusement du bord de la route et il n’y avait rien pour protéger les abords du fossé de 8 m de profondeur.

La CNESST indique notamment que la conception et la signalisation déficientes du chemin emprunté auraient entraîné le conducteur à dévaler la pente trop rapidement et à effectuer une sortie de route mortelle.

La Commission indique avoir rapidement exigé du maître d'œuvre, Hydro-Québec, qu'il mette en place une signalisation adéquate et une protection en bordure des fossés de plus de trois mètres de profondeur. Le rapport d’enquête indique que la société d’État s’est conformée aux exigences émises.

Le rapport d’enquête dénonce finalement le manque de formation requise pour manipuler un véhicule lourd tel que le camion-benne qu’opérait M. Tremblay lors de son décès. Hamel Constructions, le sous-traitant d’Hydro-Québec pour lequel M. Tremblay travaillait, devrait offrir un encadrement plus soutenu à ses employés qui opèrent une telle flotte.

La CNESST presse le gouvernement à réévaluer la classe de permis de conduire exigée pour la conduite d'un véhicule lourd. À l'heure actuelle, tous les détenteurs des permis de classe 5, soit la classe de permis requise pour conduire un véhicule de promenade régulier, sont considérés comme aptes à conduire un véhicule-outil.

La CNESST affirme qu’elle transmettra prochainement son rapport d’enquête à plusieurs organisations telles que la Commission de la construction du Québec ainsi que le Comité paritaire de prévention du secteur forestier pour que leurs membres prennent conscience des conclusions de l’enquête.

Hydro-Québec réagit au rapport d'enquête en réitérant ses condoléances aux proches de M. Tremblay et en rappelant entre autres les mesures de sécurité qu'elle a instauré peu de temps après le décès du travailleur.

La porte-parole de la société d'État, Caroline Des Rosiers, indique que des efforts ont été faits pour favoriser la sensibilisation des travailleurs au respect des limites de vitesse, au port de la ceinture de sécurité et à l’adaptation de la conduite en fonction des conditions routières, et l’installation de signalisation présentant les dangers et les limites de vitesse pendant la construction des chemins .

Avec les informations de Lambert Gagné-Coulombe

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !