Le premier cas suspect de variole simienne au N.-B. serait lié à un voyage

Plus de 250 cas ont été recensés dans 23 pays où la variole simienne n'avait précédemment jamais été repérée, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Photo : Reuters / Lukas Barth
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
La variole simienne pourrait être arrivée au Nouveau-Brunswick. La ministre de la Santé Dorothy Shephard indique qu'un cas possible du virus a été signalé dans la province. Ce cas possible serait lié à un voyage.
Mme Shephard a dévoilé cette information lors de la période de questions à l’Assemblée législative, mercredi.
Nous avons maintenant un cas suspect de variole simienne dans notre province
, a-t-elle répondu au chef de l’opposition Roger Melanson, qui l’avait questionné sur la surmortalité dans la province.
Dorothy Shephard indique que le cas a été identifié pour la première fois au début de mai, mais n'a pas encore été confirmé par le laboratoire national de microbiologie, situé à Winnipeg.

La ministre de la Santé Dorothy Shephard dit que la confirmation du cas est importante avant de décider de la stratégie de la santé publique à propos de la variole simienne.
Photo : Radio-Canada
Tant qu'elle ne recevra pas de confirmation, la ministre dit qu'elle ne divulguera aucun détail sur la personne concernée, ou sur la région de la province dans laquelle elle vit.
Une fois que nous aurons une confirmation du cas, la santé publique pourra donner plus d'information et expliquer quelle sera la stratégie à venir
, a souligné Mme Shephard.
Dans un communiqué de presse en fin de journée mercredi, la province précise toutefois que ce possible cas serait lié à un voyage. On ne précise pas s'il s'agit d'un voyage à l'étranger ou ailleurs au pays.
La santé publique affirme que les contacts étroits de la personne ont été avisés et dit ne pas avoir de raison de croire que son infection se soit transmise.
Le gouvernement rappelle qu'il n’y a aucun cas confirmé de variole simienne dans la province à ce moment-ci. La santé publique ne croit pas que le public soit à risque.
Une maladie en général bénigne
La variole simienne fait partie de la famille des orthopoxvirus, comme la variole humaine, mais est beaucoup moins dangereuse.
Les symptômes des deux maladies sont semblables : on parle de fièvre, de maux de tête, de douleurs musculaires, d’inflammation des ganglions et de pustules qui se développent à la surface de la peau.
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Santé Canada indique que la variole simienne est généralement une maladie bénigne, mais que certaines personnes risquent d'être très malades, et des décès peuvent survenir.
Selon les plus récentes informations de Santé Canada qui datent du 27 mai, il y a un cas confirmé en Ontario et 52 au Québec.
Rien d'alarmant, selon un virologue
Il n’y a aucune raison de s’alarmer de la situation, déclare Benoit Barbeau, un expert en virologie qui est professeur au département des sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM).
C'est intrigant de voir à quel point il y a des éclosions ici et là
, reconnaît-il, mais cette situation n’est aucunement hors de contrôle
. Il s’agit d'un virus qui n'est pas aussi transmissible que le SARS-CoV-2, qui cause la COVID-19.
Dans toutes les provinces du Canada, on verra des cas apparaître ici et là, mais ça ne veut pas dire pour autant, loin de là, qu'on sera aux prises avec une situation aussi dramatique que ce qu'on va vécu dans les deux dernières années avec la pandémie
, dit Benoit Barbeau.
Dans une société post-restrictions
où les individus sont davantage en contact les uns avec les autres, M. Barbeau prédit une plus forte prévalence
de certains virus qui ont moins circulé depuis 2020. On doit s'attendre à voir des situations hors du commun
, déclare-t-il.
Sans pour autant être catastrophique
, dit le professeur Barbeau, on va avoir certaines surprises [...] mais il ne faudrait pas nécessairement craindre que la situation dégénère comme on l'a vécu.
Il rappelle que des traitements et un vaccin existent et ont démontré leur efficacité. Il souligne que la variole simienne s’est déjà propagée hors des régions d’Afrique où elle est endémique, sans conséquence dramatique, comme en 2003 dans le Midwest américain, où une éclosion a touché plus de 70 personnes, sans faire de morts.
Par ailleurs, ce virus connu depuis des décennies n’a pas démontré une grande capacité à se transformer ou à devenir résistant. Ça aussi, c'est de bon augure
, conclut Benoit Barbeau.
Avec des renseignements de Frédéric Cammarano et de La Presse canadienne
