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Plan pour le transport aérien régional : critiques et applaudissements

Une vue du dessous de l'avion prise en vol.

Le ministre des Transports a présenté mardi les modalités du Programme d'accès aérien aux régions (archives).

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Les précisions de Québec sur son programme en matière de transport aérien régional sont bien accueillies par les transporteurs aériens et par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), mais critiquées par Québec solidaire et le Parti québécois.

À compter de mercredi, il sera possible de se procurer des billets d’avion au coût maximal de 250 $ pour un aller-simple, avec une limite de six allers simples par personne par année.

Pour Daniel Côté, président de l’UMQ et maire de Gaspé, les précisions apportées mardi par le ministre des Transports, François Bonnardel, sur le Programme d’accès aérien aux régions (PAAR) sont positives.

Ça va donner une grosse chance de relancer le transport aérien régional, de stimuler l’achalandage. Et plus il y aura d’achalandage à bord des avions en transport aérien régional, plus ça va stimuler l’offre et bonifier la desserte, et ultimement, ça va permettre d’avoir des tarifs encore plus abordables, espérons-le, indique-t-il.

« On verra où ça nous mènera, mais on part en confiance. »

— Une citation de  Daniel Côté, président de l’UMQ

Le maire de Gaspé se réjouit aussi de l’abandon du plafond annuel de 3000 $ auquel les résidents des régions éloignées et isolées étaient assujettis pour obtenir un remboursement situé entre 30 % et 60  du coût de leur billet d’avion.

François Bonnardel regarde Sylvain Dicaire, à sa gauche

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a présenté mardi les modalités du Programme d'accès aérien aux régions.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

De son côté, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, et membre du comité de travail sur les aéroports régionaux de l’UMQ, se dit très satisfait des détails du plan dévoilés par le gouvernement du Québec.

Il croit que ce programme va permettre de rendre plus raisonnable le coût du billet sur les liaisons existantes.

Ça permet à tous les Québécois de toutes les régions du Québec de pouvoir en profiter. C’est très positif, ça permet d’amener une concurrence, de remplir plus les avions qui voyagent, croit-il.

Remplir les avions

Le copropriétaire de Pascan Aviation, Yani Gagnon, est aussi satisfait. Il espère toutefois que ces rabais sur le prix du billet entraîneront une augmentation du volume à longueur d’année, et non juste durant la période estivale.

Il faut dynamiser le volume passager, mais il faut le dynamiser 12 mois par année, indique-t-il.

Un homme en complet se tient devant des avions dans un hangar.

Le vice-président de Pascan Aviation, Yani Gagnon. La compagnie transporte environ 3000 passagers par mois.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

L’homme d’affaires aurait cependant aimé voir dans le programme une compensation aux transporteurs aériens pour les aider à faire face à une explosion du coût du carburant, qui aurait triplé en un an.

Est-ce que l’augmentation de volume va tellement améliorer le taux de remplissage que ça va compenser pour les augmentations de coûts ? On verra, lance Yani Gagnon.

Un programme pour les citadins ?

Pour sa part, le porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de transports, Joël Arseneau, est déçu du nouveau programme du gouvernement du Québec.

Pour le député des Îles-de-la-Madeleine, il s’agit d’un programme qui vise surtout à aider les résidents des grands centres qui souhaitent visiter les régions.

Il note que pour avoir accès au rabais, le voyageur doit avoir une liaison aérienne avec Montréal, Québec ou Saint-Hubert. Il n’est pas possible, par exemple, de profiter du rabais en faisant la liaison Gaspé–Sept-Îles, une aberration, selon le député madelinot.

Ce n’est pas un programme qui vient en soutien au transport aérien régional et aux gens qui habitent les régions, soutient-il.

Il est cependant rare que les transporteurs aériens offrent de telles liaisons interrégionales sans passer par Québec, Montréal ou Saint-Hubert.

Pour Joël Arseneau, le programme de Québec ne répond pas aux demandes des communautés éloignées. Nous, on s’imaginait que ça voulait dire davantage de fréquence, qu’on ait un service plus fiable, qu’on a de la concurrence, qu’on ait plus de sièges et des tarifs abordables. Là, on nous dit que, pour les régions, le programme de réduction des tarifs aériens qui existait auparavant demeure.

« C’est le statu quo. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine
Un avion du transporteur aérien Pascan est sur le tarmac de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine.

Un avion du transporteur aérien Pascan Aviation est sur le tarmac de l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le député des Îles-de-la-Madeleine croit qu’une réforme complète du modèle de transport aérien régional est nécessaire.

Bruno Paradis, président du conseil d’administration de la Régie intermunicipale de l’aéroport régional de Mont-Joli, espère que le PAAR pourra augmenter l’achalandage, mais se désole que l’accès au rabais passe par des liaisons avec Montréal, Québec ou Saint-Hubert.

Les gens des régions devront aller faire du tourisme et des visites à Québec, Montréal et Saint-Hubert. Le Québec devra visiter les grands centres, et les grands centres pourront visiter le Québec, constate-t-il.

M. Paradis regrette aussi que le plan de Québec ne vienne pas assurer une cohésion sur le long terme du transport aérien en région. Là, on vient subventionner le billet. Est-ce que ça va donner les résultats escomptés ? On le souhaite, indique-t-il.

« On est encore loin des objectifs qu’on s’était donnés. »

— Une citation de  Bruno Paradis, président du conseil d’administration de la Régie intermunicipale de l’aéroport régional de Mont-Joli

De son côté, Québec solidaire critique les restrictions autour du nombre d’allers-retours couverts par le programme. Selon la députée Émilise Lessard-Therrien, responsable en matière de développement régional, offrir seulement trois allers-retours à 500 $ n’est pas suffisant.

À quelques mois des élections provinciales, elle dénonce l’électoralisme de la mesure.

Avec les informations de Jean-François Deschênes et de Laurence Vachon

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