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Vaero : entre Montréal et Zenon Park

« J'en ai joué, des noces, dans cette église! » L'artiste Vaero revisite un repaire chéri de son enfance, le temps d'y faire résonner sa musique.

L'autrice-compositrice-interprète fransaskoise Vaero en performance dans l'église de Zénon Park en Saskatchewan.

L'autrice-compositrice-interprète fransaskoise Vaero interprète une chanson dans l'église de Zenon Park, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Francis Marchildon

Francis Marchildon

La Fransaskoise Véronique Poulin, alias Vaero, a profité d’un séjour prolongé à Zenon Park, en Saskatchewan, pour se ressourcer auprès des siens et remplir son bagage musical avant de retourner s’établir à Montréal.

Après trois ans dans la métropole montréalaise, l’autrice-compositrice-interprète, chanteuse et multiinstrumentiste a effectué un retour aux sources à l’été 2020, en plein cœur de la pandémie, dans le petit village rural où elle a grandi.

Elle y aura passé deux ans, qui s’achèvent prochainement, riches en expériences humaines, particulièrement auprès de son père, dont elle a pu partager les derniers mois de vie.

Mon père était pas mal malade, et puis j’ai eu six bons mois avec lui, alors c’était vraiment pour moi comme une grande bénédiction, raconte-t-elle.

L'artiste Vaero en performance dans l'église de Zénon Park en Saskatchewan.

L'artiste Vaero interprète sa chanson bilingue «Will You Say» dans l'église de Zenon Park, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Francis Marchildon

Réfléchir et se recentrer

Elle s’est également laissée porter par un souffle créatif pour concocter, avec le réalisateur Mario Lepage, un projet d'enregistrement musical qui donnera naissance à Will You Say.

Cette première chanson bilingue, qui évoque les tiraillements et les grands changements de la vie, la chanteuse l'interprète, à l'invitation de L’atelier culturel, dans l’église de son enfance.

« Le fait que c’est bilingue, c’est un gros "switch" pour moi. Mais c’est une des chansons où le texte en anglais fait vraiment ressortir l’émotion de ce que je ressentais. »

— Une citation de  Vaero, autrice-compositrice-interprète
La chanteuse Vaero debout devant son clavier et ordinateur dans l'église de Zenon Park.

La chanteuse Vaero debout devant son clavier et ordinateur dans l'église de Zenon Park

Photo : Radio-Canada / Francis Marchildon

L’émotion qu’elle cherche à exprimer, c’est ce sentiment de vouloir quelque chose de plus pour être heureuse; un changement, un déménagement (entre Montréal et Zenon Park), une nouvelle relation, une nouvelle perspective, et les questions que cela soulève.

Je me questionnais sur les grandes décisions de ma vie, comme le déménagement à Montréal. Je me demandais : "est-ce que c’est vraiment ça qui va me rendre heureuse?"

Dans la trame narrative de sa chanson, ce questionnement s’exprime autour d’un voyage sur la route entre amoureux.

On voyage ensemble, et l’espoir, c’est que cette personne se sente aussi bien avec moi que moi je me sens avec elle.

Les rencontres, l’action et les nouvelles expériences sont justement les forces d’attraction qui avaient motivé en 2017 le premier déménagement vers Montréal de la jeune femme qui avait grandi dans les Prairies.

Vue aérienne du village fransaskois Zénon Park en Saskatchewan.

Vue aérienne du village fransaskois Zenon Park. L'artiste fransaskoise Vaero a grandi sur une ferme à cinq kilomètres du village.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

De passage dans la tranquillité de Zenon Park, Vaero a pu réfléchir sur le rythme de vie qui lui convient le mieux.

C'est d’un extrême à l’autre, alors ç'a été intéressant de voir un peu dans ce spectre où moi, j’appartiens, et où moi, je me situe aussi.

Porter la liberté et les grands espaces

Septième d’une famille de huit enfants, la musicienne a eu une enfance à la ferme marquée par la liberté et les grands espaces.

Je pouvais aller n’importe où : dans les champs ou chez les voisins, en bicyclette, ou aller nourrir les poules, sans dire à mes parents où j’allais, se souvient-elle.

Ce sentiment d’indépendance et ce goût de l’aventure et du risque ont nourri son parcours artistique.

Vue aérienne du silo à grain de Zénon Park en Saskatchewan.

Vue aérienne du silo à grains de Zenon Park, en Saskatchewan

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Elle est passée par le Festival international de la chanson de Granby, la Place des Arts de Montréal, le Festival en chanson de Petite-Vallée et Vue sur la relève, en plus de faire de nombreuses tournées en tant que membre du groupe folk alternatif anglophone Young Benjamins.

En mai 2019, son microalbum Le nœud a remporté le prix Trille du meilleur microalbum.

Redonner à la communauté

Ce retour à Zenon Park a aussi été bénéfique pour l’école du village, qui cherchait désespérément des employés de soutien avec des talents artistiques comme ceux de Vaero.

Ainsi, elle a travaillé à l’école Notre-Dame-des-Vertus aux côtés d’amis d’enfance qui, eux aussi, font maintenant partie du personnel enseignant.

On est les "go-getter" qui essaient d’encourager les jeunes à faire de la musique et à faire des projets intéressants.

L'école Notre-Dame-des-Vertus de Zenon Park, en Saskatchewan, en mai 2022.

L'école Notre-Dame-des-Vertus, de Zenon Park, où l'artiste Vaero a travaillé

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

En plus de ses années d’études en enseignement musical à l’Université de Regina et de son expérience comme aide-enseignante, Vaero donnait déjà des leçons de musique en présence à Montréal et à distance par visioconférence

La musicienne et chanteuse avait donc le bagage idéal pour travailler en milieu scolaire. Son amour pour les enfants et pour les blagues lui a aussi bien servi, affirme-t-elle.

J’ai un petit peu le côté de mon père et de mon grand-père dans mes petites jokes plates. Puis les jeunes sont comme : "ah, Madame!" Mais c’est moi. C’est un peu ce que je retiens de ce côté Poulin.

Définir son projet musical

Ce grand-père dont elle parle est le légendaire Henri Poulin, patriarche de la musique traditionnelle fransaskoise, un chanteur animé et un caleux de quadrilles très apprécié.

L'autrice-compositrice-interprète Véronique Poulin en performance dans l'église de Zenon Park, en Saskatchewan, en mai 2022.

Loin des rigodons de son enfance, l'intro de la chanson de Vaero jouée au violon est planante et émouvante.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Le tout premier souvenir musical de Vaero est rattaché aux chansons à répondre chez son grand-père. Les fameuses soirées du temps des Fêtes chez Henri pouvaient réunir 50 membres de la parenté!

Mon grand-père avait créé comme un personnage qui était vraiment embarquant. Tout le monde voyait mon grand-père Henri comme la personne qui allait faire "swinger" le party. C’était toujours le party chez Henri.

Même si elle jouait quelques gigues au violon et accompagnait des chansons à répondre au piano, Vaero a vite constaté qu’elle n’avait pas l'élan de ses frères Mario et David, membres du groupe de musique traditionnelle Les Cireux d’Semelles. Elle a donc choisi une autre voie musicale.

Je les voyais aller, puis je me disais : "OK, ils l’ont l’affaire. Ils vont faire de la musique traditionnelle, et moi, je vais faire mon propre truc".

L'artiste Vaero joue du clavier lors d'une performance à l'église de Zénon Park en Saskatchewan.

L'artiste Vaero joue du clavier lors d'une performance à l'église de Zenon Park, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Francis Marchildon

C’est lors de son passage au Chant’Ouest en 2008 que Vaero a compris qu’elle voulait exprimer autre chose avec sa musique.

Si le traditionnel demeure dans son sang et dans ses listes d’écoute, l'univers musical de Vaero, en 2022, se situe entre le folk pop et l'électro, où se fusionnent instruments à cordes, claviers, boucles et pédales d'effets.

Curieusement, l’exploration initiale de cette nouvelle voie musicale s’est faite dans un lieu très traditionnel : l’église de Zenon Park.

L'église de Zenon Park, en Saskatchewan, en mai 2022.

L'église de Zenon Park, en Saskatchewan, en mai 2022

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Un de ses repaires d’adolescence où elle aimait se réfugier, l’église est devenue plus que l’endroit des rassemblements familiaux et communautaires quand elle jouait l’orgue à la messe; elle s'est aussi transformée en refuge créatif.

« Les acoustiques sont incroyables! Après l’école, je m’assoyais au piano et, en même temps que je pratiquais mes chansons de messe, je composais quelque chose, puis je l’essayais. J’ai écrit pas mal de chansons ici. »

— Une citation de  Vaero, autrice-compositrice-interprète

Repartir à l’aventure

Comme pour boucler la boucle de ce retour aux sources, Vaero fait un dernier passage dans cette église pour y interpréter, le temps d’un enregistrement, sa musique et ces sons qui, en quelque sorte, ont pris naissance dans ces lieux de son enfance.

Vaero repartira ensuite à l’aventure. Elle ira d’abord en tournée comme musicienne et choriste avec la formation musicale d'éemi et Marie-Clo, puis elle s’installera de nouveau à Montréal, où se trouve une nouvelle force d’attraction.

En deux ans, j’ai quand même eu la chance de faire beaucoup de choses, puis j’ai un peu fait ce que je voulais faire. Mais c’est sûr que Montréal me rappelle, puis j’ai quelqu’un qui m’attend, alors… tu sais? conclut Vaero en riant.

Son nouvel album sera quant à lui lancé à l’automne.

Portail de L'atelier culturel.

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