•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deux pêcheurs sauvent la vie d’un collègue dans la Péninsule acadienne

Yvon Haché et Jean-Yvon Noël, deux pêcheurs de homard.

Yvon Haché et Jean-Yvon Noël ont sauvé d'une mort certaine un collègue pêcheur de homard lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

C'est tout un exploit qu'ont réussi deux pêcheurs de homard tôt lundi matin au quai de Le Goulet, dans la Péninsule acadienne : grâce à leur sang-froid et à leurs connaissances des manœuvres de réanimation cardiorespiratoire (RCR), ils ont sauvé un autre pêcheur d’une mort certaine.

La victime se portait mieux aux dernières nouvelles et l'homme est hospitalisé à Saint-Jean pour y soigner une fibrillation cardiaque.

Il a vraiment été chanceux dans sa malchance.

Alors qu’il arrivait au quai de Le Goulet vers 4 h 15 lundi, le pêcheur a éprouvé un vif malaise à bord de son camion.

Dans le temps de le dire, les pêcheurs Yvon Haché et Jean-Yvon Noël ont compris que la situation était critique et sont venus à sa rescousse.

Des bateaux de pêche au homard au quai de Le Goulet, dans la Péninsule acadienne.

Des bateaux de pêche au homard au quai de Le Goulet, dans la Péninsule acadienne

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

La victime a été doublement chanceuse, car en plus d’une intervention rapide, les deux confrères de mer sont également pompiers volontaires. Ils connaissent donc les techniques de réanimation puisque ça fait partie de leur formation.

Ils ont sorti la victime de son véhicule et ils ont procédé aux manœuvres de réanimation.

Pendant plus de 20 minutes, les deux sauveteurs ont assuré le pompage du sang et l’oxygénation nécessaires pour maintenir l’homme en vie le temps que les ambulanciers arrivent et prennent la relève.

« J’ai vu le camion arriver et s’arrêter. Je me suis aperçu que son conducteur n’était pas normal. On l’a sorti du véhicule et on a tout de suite commencé les manœuvres de réanimation. »

— Une citation de  Jean-Yvon Noël, pêcheur et pompier volontaire

Yvon Haché a reconnu l'urgence de l’action et a couru vers la victime. Il a remarqué que ses lèvres étaient bleues.

On m'a dit qu’on a pompé 23 minutes, selon des gens qui ont calculé. On sentait un pouls minime. J’ai eu peur qu’on ne le sauve pas. Il a alors commencé à respirer par lui-même. On a fait ça dans le calme, on a eu une bonne communication. Un autre prenait le pouls et une quatrième personne a appelé tout de suite le 911, raconte-t-il.

« On a sauvé une vie »

Yvon Haché n’y croyait pas encore, plus de 24 heures après les événements. Il soutient que les chances de réussite dans de telles manœuvres ne sont que de 4 %.

On a sauvé une vie, a-t-il dit, encore sous le choc.

Pour Jean-Yvon Noël, la forte adrénaline de cet instant fait maintenant place au calme.

Je me sens plus relax, mais on dirait que tant que je ne reverrai pas cette personne, je n’arriverai pas à le croire. Mais je sais qu’on a réussi quelque chose. Ça va certainement nous prendre encore une couple de jours pour réaliser ce que nous avons fait ici. Il avait un ange avec lui, croit celui qui n’en revient toujours pas de tous les messages de félicitations reçus sur les réseaux sociaux.

On n’a jamais arrêté. Jean-Yvon a pompé et moi, j’ai soufflé. On ne pensait à rien d’autre, a enchaîné Yvon Haché, lui aussi sonné par les marques d’appréciation.

Un exploit remarqué

Témoin de tous ces événements, Gino Roussel s’est dit extrêmement impressionné par les actions de ses collègues pêcheurs. Il accompagne Jean-Yvon sur un même homardier.

Je me sens en sécurité avec un gars comme lui à bord, admet-il après cet exploit. C’était sa deuxième intervention d’urgence en deux jours. Notre capitaine s’est coincé les doigts dans l’équipement la veille. Je suis pas mal fier de Jean-Yvon et c’est un maudit bon pêcheur en plus!

Ce coup du destin fait croire aux deux héros en l’importance de connaître les techniques de base en premiers soins. Alors que Jean-Yvon suggère l’installation de défibrillateurs sur les quais, Yvon est convaincu qu’il ne faut jamais se fier aux statistiques dans le feu de l’action.

On nous dit qu’on a 4 % de chance de sauver quelqu’un en RCR. Ça veut dire qu’on a 96 % de chance de le perdre. Mais lundi, le 4 % était avec nous. C’est le premier qu’on parvient à réanimer tous les deux. Tout était contre nous. Mais quand tu es en action, tu ne penses pas à ça. On lui a redonné la vie. On lui a redonné une seconde chance, se réjouit-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !