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L’inflation fait mal au gouvernement de Dennis King, dit un politologue

Dennis King en conférence de presse.

Le taux de satisfaction à l'égard du gouvernement de Dennis King a connu une baisse de 9 % entre février et mai dernier (archives).

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Le taux de satisfaction à l'égard du gouvernement du premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a connu une baisse dans les trois derniers mois. L'inflation serait l’un des facteurs qui ont contribué à cette baisse, selon Don Desserud, politologue à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

La province affiche le taux d’inflation le plus élevé du pays. En avril dernier, il était de 8,9 %.

Le prix du litre d'essence a dépassé le cap des 2 $ à la mi-mai, un record à l'île.

« Le public observe la montée des prix, des choses qu’il voit tous les jours, je pense que le prix des combustibles est l’élément le plus crucial dans tout cela. »

— Une citation de  Don Desserud, politologue

Selon la firme Narrative Research, si les élections se déroulaient aujourd’hui, les progressistes conservateurs de l’île seraient le choix préféré de 50 % des électeurs.

Néanmoins, il s’agit d’une baisse de 16 % par rapport à février.

Le gouvernement de Dennis King a aussi connu une baisse de 9 % du taux de satisfaction à l'égard de son gouvernement, entre février et mai dernier.

Le professeur de sciences politiques Don Desserud considère que les appuis provinciaux pour le Parti vert ne se traduiront pas automatiquement en appuis pour les verts au fédéral.

Le professeur de sciences politiques Don Desserud s’attend à ce que le gouvernement provincial réagisse aux données durant l’été, en présentant des moyens pour changer la tendance.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

L’entrée en vigueur de la taxe carbone, qui a aussi provoqué une hausse des prix à la pompe, aurait aussi joué un rôle dans le taux de satisfaction, rappelle Don Desserud.

La firme Narrative Research a interviewé 401 personnes.

L’opposition encouragée

Les données du sondage encouragent les partis d’opposition, selon Don Desserud.

Cela nous montre que les gens qui ne veulent plus appuyer le gouvernement de Dennis King sont désormais divisés entre les deux principaux partis, explique-t-il.

Les verts et les libéraux ont connu chacun une hausse de 6 % de leur popularité, indique le sondage.

Sonny Gallant est debout. Il regarde la caméra.

Sonny Gallant est le chef par intérim du Parti libéral de l'Île-du-Prince-Édouard (archives).

Photo : Julien Lecacheur

Le politologue ajoute que les libéraux représentent le groupe pour lequel ces données sont le plus encourageantes, car leur stratégie pour les prochaines élections n’est pas encore définie.

Ils vont se dire que, malgré le fait qu’on n’ait pas un leader, qu’on ait perdu deux élections partielles, qu’on soit le troisième parti en importance, on continue d’avancer, explique le politologue.

Le Parti libéral de l’île est dirigé de façon intérimaire depuis 2019.

Ce parti a perdu deux de ses châteaux forts aux mains des progressistes-conservateurs de Dennis King lors des élections partielles, notamment dans les circonscriptions électorales de Cornwall-Meadowbank et Charlottetown-Winslow.

Un changement de ton chez les verts

Don Desserud rappelle que les verts ont déployé une stratégie plus agressive durant la dernière session à l’Assemblée législative.

Néanmoins, il est encore tôt pour affirmer que le changement de ton de l’opposition officielle envers le gouvernement provincial a eu un effet sur la popularité du parti, selon lui.

Cela a été une stratégie risquée, dit-il.

Les chefs de parti assis côte à côte lors d'un débat public.

Le leader du Parti vert de l'île, Peter Bevan-Baker (à droite), et l'actuel premier ministre Dennis King (à gauche) lors d'un débat en 2019 (archives).

Photo : Radio-Canada / Élisa Serret

Il est possible que certains électeurs se méfient des changements brusques de comportement, explique le politologue.

Don Desserud rappelle que, depuis 2019, les verts ont toujours maintenu une relation de collaboration avec le gouvernement.

Mon souci est que cela pourrait se révéler contre-productif pour eux. Les partis ont des personnalités, et vous ne pouvez pas changer du jour au lendemain et vouloir que les gens vous prennent au sérieux. Ils vont dire que vous n’êtes pas la personne qu’ils connaissaient, explique-t-il.

Don Desserud s’attend néanmoins à ce que l’opposition officielle soit plus dynamique lors de la prochaine session législative à l'automne, en prévision de la tenue des élections en octobre 2023.

Il s’attend aussi à ce que le gouvernement provincial réagisse aux données durant l’été, en présentant des mesures pour changer la tendance.

Je soupçonne qu’on verra plus d’annonces du gouvernement provincial en matière de fonds cet été, précise-t-il.

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