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Transport aérien régional : le plan de Québec en vigueur dès mercredi

François Bonnardel regarde Sylvain Dicaire, à sa gauche.

Le ministre François Bonnardel, au centre, était accompagné pour l'annonce des modalités du PAAR du président et chef de la direction de Pascan Aviation, Julian Roberts (à sa droite), et du directeur des finances d'Air Creebec, Sylvain Dicaire.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Il aura fallu attendre la veille de l'entrée en vigueur du programme abaissant les coûts du transport aérien régional annoncé en avril par Québec pour avoir des précisions, qui ont été données mardi par le ministre des Transports, François Bonnardel.

Le Programme d'accès aérien aux régions (PAAR), dont l'objectif est de pérenniser l'industrie aérienne régionale et de stimuler le tourisme, permettra comme promis de profiter de liaisons aériennes au Québec à prix avantageux.

Pour la première fois, par exemple, il en coûtera ainsi moins cher de prendre l'avion pour aller en Abitibi ou aux Îles-de-la-Madeleine que pour traverser l'Atlantique.

C'est un programme qui est inédit, c'est du jamais-vu, a déclaré le ministre Bonnardel en conférence de presse.

« Jamais un gouvernement au Canada n'a bonifié ou offert des billets à des prix aussi [...] peu coûteux, à 500 $ pour voyager sur un territoire X. »

— Une citation de  François Bonnardel, ministre des Transports du Québec

Doté d'un budget de 86 millions de dollars jusqu'au 31 mars 2024, ce programme à deux volets, dont la durée prévue est de cinq ans, est réservé aux particuliers et exclut les entreprises et autres organisations qui achètent des billets.

Comme le gouvernement l'avait déjà annoncé, l'un des volets permettra aux transporteurs aériens, grâce à des compensations financières, d'offrir des billets d'avion au coût maximal de 500 $ pour un aller-retour (ou 250 $ par aller simple) sur certaines liaisons ayant comme point de départ ou d'arrivée Montréal, Québec ou Saint-Hubert.

Le programme du ministère des Transports (MTQ) proposera 98 800 billets subventionnés par an, un nombre de beaucoup supérieur à la demande anticipée.

Ce sera un franc succès, a estimé le ministre Bonnardel, si autant de billets sont vendus.

Le programme ne servira pas à ajouter de nouvelles liaisons aériennes entre des villes québécoises, mais vise celles qui existent déjà, a précisé le ministre.

[Pour] nous, ce qui était important, c'était de s'assurer de bonifier et d'assurer la pérennité de ces dessertes dans les prochaines années, a soutenu le ministre Bonnardel.

Une carte du Québec sur laquelle sont tracés les itinéraires admissibles.

Les liaisons aériennes régionales admissibles au volet sur l'offre de billets d'avion à prix maximal déterminé

Photo : Gouvernement du Québec

Il y aura une limite de trois billets aller-retour (ou six allers simples) par personne par année financière se terminant le 31 mars.

Et les billets à 500 $ seront offerts selon le principe du « premier arrivé, premier servi ».

Les touristes et étudiants étrangers pourront aussi se prévaloir de ces tarifs. Les affirmations du ministre Bonnardel à ce sujet lors de l'annonce, le 19 avril, et les jours suivants étaient contradictoires.

En avril, l'opposition avait d'ailleurs dénoncé un plan mal ficelé.

Les voyageurs qui achètent des billets à 500 $ devront attester qu'ils s'engagent à respecter la limite d'achat.

L’acheteur devra s’engager à respecter les conditions du programme. Le MTQ souligne qu'il aura accès aux informations sur les passagers bénéficiant du programme et qu'il pourra faire des vérifications.

Advenant une fausse déclaration, le passager devra rembourser les sommes versées au transporteur aérien par le gouvernement pour son ou ses billets et sera exclu du programme.

Québec solidaire croit que le gouvernement rate sa cible. Si le gouvernement, son objectif c'est d'améliorer la desserte aérienne comme les régions le demandent, bien il n'aurait pas investi dans des mesures ponctuelles comme celle-là, a argué la députée de Rouyn-Noranda, Émilise Lessard-Therrien. En quoi des billets à 500 $ [vont] me donner plus de choix pour me rendre à Montréal en avion?

Le maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine et vice-président de la Fédération québécoise des municipalités, Jonathan Lapierre, accueille favorablement le nouveau programme, mais souligne qu'il ne résoudra pas à lui seul les lacunes dans le transport aérien régional.

« L’annonce de l’accessibilité de billets à 500 $ est un pas dans la bonne direction, mais ne vient pas tout régler en matière de transport aérien régional. »

— Une citation de  Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine

Il y a une question de desserte, de fréquence, de compétition, de tarification, mais il faut aussi créer des habitudes de déplacement, que ce soit des régions vers les grands centres ou les grands centres vers les régions, a-t-il expliqué en entrevue à RDI Économie.

Lors de l'annonce de sa stratégie, attendue depuis près de deux ans, le gouvernement prévoyait 261 millions de dollars sur cinq ans. Après deux ans, le gouvernement vérifiera si sa stratégie a les effets escomptés.

Disparition du plafond de remboursement annuel pour les résidents de régions éloignées

Un autre volet, qui vient remplacer le Programme de réduction des tarifs aériens (PRTA), prévoit comme celui-ci le remboursement des tarifs aériens pour les résidents des régions éloignées.

Les régions ciblées sont celles de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’Abitibi-Témiscamingue et d'Eeyou Istchee Baie-James, les mêmes qui étaient jusqu'ici admissibles au PRTA.

Les résidents des régions éloignées continueront d'avoir droit à des remboursements variant de 30 % à 60 %, selon la région de résidence, mais le plafond annuel de 3000 $ auquel ils étaient assujettis en vertu du programme précédent est aboli.

Ils pourront en outre bénéficier du tarif des deux volets du programme le plus avantageux pour eux.

Permettre à l'industrie de « reprendre son envol »

Durement frappés par la pandémie de COVID-19, les transporteurs aériens offrant des liaisons régionales espèrent que la stratégie stimulera la demande des passagers.

On croit vraiment que ce programme va ramener du monde sur les vols, a soutenu aux côtés du ministre Bonnardel le directeur des finances d'Air Creebec, Sylvain Dicaire, dont l'entreprise propose des vols dans un peu moins d'une dizaine de destinations au Québec.

Les deux responsables de transporteurs aériens qui ont pris la parole ont assuré vouloir faire de ce programme une réussite.

« On va tout faire [...] pendant la première année du programme pour qu'il prenne son envol, pour utiliser une expression en aviation. »

— Une citation de  Sylvain Dicaire, directeur des finances d'Air Creebec

Six transporteurs aériens, soit Air Canada, Air Creebec, Air Inuit, Air Liaison, PAL Airlines et Pascan Aviation, ont jusqu'ici conclu des ententes avec Québec.

Au cours de la conférence de presse, le ministre Bonnardel a confirmé que ces ententes avaient été finalisées au cours des dernières semaines, des derniers jours, même.

Selon les sources de Radio-Canada, le MTQ n'avait pas encore réussi à conclure d'entente avec les transporteurs vendredi après-midi dernier, cinq jours avant l'entrée en vigueur du programme. Plusieurs transporteurs trouvaient alors la compensation offerte par Québec insuffisante.

Les transporteurs présents à la conférence de presse ont cependant vanté le programme mis en place et les efforts gouvernementaux.

Je travaille dans l'aviation régionale depuis 1999, et c'est la première fois que je vois un gouvernement aussi dévoué et impliqué dans le secteur, a affirmé le président et chef de la direction de Pascan Aviation, Julian Roberts, dont l'entreprise dessert une dizaine de municipalités au Québec.

Les transporteurs aériens régionaux craignent toutefois que la compensation offerte par le gouvernement ne suffise pas à couvrir les coûts réels du billet, alourdis par la montée du prix du carburant, et anticipent qu'elle devra être revue à la hausse.

Le prix du carburant a triplé sur 12 mois, doublé depuis le début de la guerre en Ukraine, souligne Yani Gagnon, copropriétaire de Pascan Aviation.

Avec des informations d'Alexandre Duval

Avec les informations de La Presse canadienne

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