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Procès de Roger et Anthony Bilodeau : le jury commence à délibérer

Anthony Bilodeau lors de son procès le 25 mai 2022.

Anthony Bilodeau a témoigné n'avoir jamais été « aussi effrayé de sa vie » et avoir apporté son arme sans intention de s'en servir.

Photo : Radio-Canada / Jim Stokes

Les plaidoyers finaux ont été entendus dans le procès d’Anthony et Roger Bilodeau lundi. Le jury doit maintenant décider si le duo père-fils est coupable de l’homicide de deux chasseurs métis en 2020, ou s’il accepte la thèse de la légitime défense.

Le jury peut déclarer chacun des deux accusés coupable de meurtre au second degré, coupable d’homicide involontaire, ou non coupable.

La question, pour le jury, n’est pas de savoir si Anthony Bilodeau a tiré sur Jacob Sansom et son oncle, Maurice Cardinal, mais pourquoi.

Pour une dernière fois, lundi, les avocats de la défense ont tenté de convaincre les jurés que M. Bilodeau avait une crainte réelle et justifiée pour sa sécurité ainsi que celle de son père et de son jeune frère.

Ils affirment que Jacob Sansom était en train d’essayer d’étrangler Roger Bilodeau quand son fils, Anthony, est arrivé sur les lieux.

Si Anthony n’était pas arrivé, [son petit frère] et Roger n’auraient pas survécu à cette soirée, a plaidé Me Brian Beresh.

La Couronne conteste cette version des faits. Selon elle, ni Jacob Sansom ni Maurice Cardinal ne posaient de danger immédiat à ce moment.

Anthony Bilodeau n’avait aucune raison d'introduire une arme à feu dans une bagarre à mains nues qui semblait s'essouffler, selon le procureur.

Une poursuite en voiture et une requête pour une arme à feu

La Couronne et la défense sont d’accord sur un certain nombre de faits qui se sont déroulés le 27 mars 2020 à Glendon, à 215 kilomètres au nord-est d’Edmonton.

Jacob Sansom, 33 ans, et son oncle, Maurice Cardinal, 58 ans, avaient passé la journée à chasser l’orignal et à visiter des amis.

Jacob Sansom et Maurice Cardinal.

Jacob Sansom (à gauche) et Maurice Cardinal chassaient près du lac Siebert lorsqu'ils ont été tués. Cette photo a été prise le jour de leur mort.

Photo : Gracieuseté : Mike Sansom

Averti que leur camionnette bleue avait circulé sur son terrain sans permission, Roger Bilodeau les a poursuivis à bord de son propre véhicule, avec son fils de 16 ans à bord. Il a suivi la voiture sur 7 kilomètres, à une vitesse atteignant parfois 152 km/h.

Tout en conduisant, M. Bilodeau a appelé son fils Anthony et lui a demandé d’amener une arme à feu.

Quand ce dernier a rejoint les deux véhicules, arrêtés à une intersection, il a tiré une fois sur Jacob Sansom, puis trois fois sur Maurice Cardinal.

Une fenêtre brisée et un col de chemise déchiré

La défense affirme que Roger Bilodeau avait suivi M. Sansom et M. Cardinal simplement dans l’intention de leur demander ce qu’ils faisaient sur son terrain et qu’il a demandé à son fils d’amener une arme à feu par précaution, car il soupçonnait que c’était peut-être des voleurs qui pourraient être armés.

C’est facile en rétrospective de dire qu’il a fait des erreurs [...] mais suivre quelqu’un pour lui demander ce qu’il faisait sur sa propriété ne fait pas de lui un meurtrier, a plaidé son avocat, lundi.

Brian Beresh, qui défend Anthony Bilodeau, a demandé aux jurés de se mettre dans les souliers de son client.

Il affirme que ce dernier a entendu de violentes menaces proférées contre son père et que, quand il est arrivé sur place, Jacob Sansom était en train de l’étrangler.

Anthony Bilodeau n’avait pas d’expérience qui l’aurait préparé à gérer ce avec quoi il a été confronté. Il a dû gérer un événement soudain, par une nuit froide et sombre dans les Prairies, avec de l’information limitée, affirme-t-il.

Quand Jacob Sansom a été tué, Maurice Cardinal est sorti du véhicule avec son fusil de chasse à la main.

Me Beresh affirme qu’il menaçait de tuer Anthony Bilodeau pour se venger.

La Couronne convient que Jacob Sansom était probablement en état d'ébriété et énervé. Elle admet aussi qu’il y a eu une confrontation physique entre lui et Bilodeau père.

D’ailleurs, la fenêtre brisée du véhicule et le col déchiré de la chemise de Roger Bilodeau en témoignent.

Selon le procureur, la confrontation était toutefois terminée lorsque Anthony Bilodeau est arrivé.

Il a souligné que lorsque les inspecteurs ont demandé à Roger Bilodeau s’il avait été frappé, il avait dit non, ou peut-être une fois à l’épaule sans jamais parler de s’être fait étrangler.

La Couronne a par ailleurs rappelé que M. Cardinal n’a pas pointé son fusil sur les Bilodeau, et que l’arme n’était pas chargée quand elle a été récupérée par la police.

Anthony Bilodeau a tiré non pas une, mais trois fois sur lui.

Ça n’indique pas une intention de protéger. Ça indique une intention de tuer, a plaidé le procureur.

Selon lui, les Bilodeau ont ensuite laissé les deux hommes mourir de leurs blessures sans tenter d’appeler les secours ou la police.

L’accusé a menti aux policiers

Anthony Bilodeau a par ailleurs avoué avoir menti aux policiers, détruit l’arme qu’il avait utilisée et modifié l’apparence de son véhicule pour tenter de camoufler son lien avec l’incident.

La défense dit que c’est parce qu’il avait encore peur d’être puni pour avoir défendu sa famille et que sa version des faits n’a jamais changé depuis qu’il a tout avoué.

Roger Bilodeau pourrait être reconnu coupable même s’il n'a tiré sur personne, si le jury conclut qu’il partageait une intention criminelle avec Anthony Bilodeau, et qu’il était au courant des homicides qui en ont découlé.

Le jury a été séquestré et peut maintenant commencer ses délibérations.

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