•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La CMM réitère son opposition à l’aménagement d’un dépotoir nucléaire à Chalk River

L'impact potentiel du projet sur les sources d’approvisionnement en eau potable est évoqué.

Une usine se trouve en bordure d'une rivière.

Les installations de Chalk River en bordure de la rivière des Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Les municipalités du Grand Montréal demeurent contre la construction d’une installation de gestion des déchets radioactifs sur le site de Chalk River, en Ontario, même si elles conviennent que le projet a été « amélioré » depuis sa mouture précédente.

C'est, pour l'essentiel, ce qu'est venue expliquer lundi la représentante de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) dans ce dossier, Maja Vodanovic, à la première journée de l'audience publique sur la demande de permis déposée par les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC), un consortium privé dirigé par SNC-Lavalin.

Mme Vodanovic, qui est aussi la mairesse de l'arrondissement de Lachine et la responsable de l'eau au comité exécutif de la Ville de Montréal, est venue partager avec la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) les préoccupations des 82 municipalités du Grand Montréal par rapport à ce projet.

Son mémoire fait suite à une résolution datée du 28 avril, dans laquelle la CMM s'oppose au projet sous sa forme actuelle, compte tenu notamment de son impact potentiel sur les sources d’approvisionnement en eau potable.

Car les installations nucléaires de Chalk River sont situées à 300 km en amont du Grand Montréal, en bordure de la rivière des Outaouais. D'où l'intérêt de la CMM dans ce dossier – un intérêt qu'elle partage notamment avec les résidents du Pontiac et la mairesse de Gatineau, France Bélisle, qui s'oppose elle aussi au projet.

Un héritage de 70 ans à gérer

Le mémoire de la CMM s'accompagne d'un rapport de l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (ACRO), un organisme français regroupant des experts du domaine nucléaire, qui décortiquent les documents soumis par les LNC en appui à sa demande de permis.

En activité depuis 70 ans, le complexe nucléaire de Chalk River compte environ 120 bâtiments vétustes qui doivent aujourd'hui être démolis. C'est essentiellement pour entreposer ces débris que les LNC, qui ont été désignés par Énergie atomique du Canada pour gérer le site, veulent aujourd'hui aménager un nouveau dépotoir.

Leur souhait : construire près de la surface du sol un monticule artificiel composé d'une dizaine de « cellules » – des couches de matériaux naturels et synthétiques – qui seraient superposées les unes aux autres au fil du temps.

Les LNC souhaiteraient exploiter cette installation pendant environ 50 ans. À terme, le monticule atteindrait 18 mètres de hauteur, avec une capacité de stockage évaluée à 1 million de mètres cubes.

Cette solution remplacera la pratique actuelle des LNC, qui consiste à entreposer les déchets dans un lieu temporaire, explique l'ACRO.

Un croquis du monticule.

L'installation de gestion des déchets près de la surface que souhaitent construire les LNC.

Photo : Radio-Canada / LNC

Une telle entreprise, présentée publiquement pour la première fois devant la CCSN lors d'une audience tenue en janvier 2018, avait d'abord suscité la consternation auprès de plusieurs parties prenantes, dont la CMM, qui avait voté en avril suivant une résolution pour s'opposer au projet.

Pour tenter de rassurer les opposants, le promoteur du projet a promis depuis de ne pas entreposer de déchets radioactifs de moyenne activité, comme il le souhaitait au départ. Mais des inquiétudes persistent, notamment en ce qui a trait à la rivière des Outaouais, une des principales sources d’eau potable des Montréalais.

Dans son mémoire, la CMM se questionne par exemple sur la capacité d’une entité privée d’assurer la surveillance à long terme du site, qui doit s’échelonner sur plus de 500 ans.

Devant la CCSN, Mme Vodanovic a aussi déploré lundi que, contrairement à ce qu'il avait promis, le gouvernement canadien n'a pas encore modernisé sa stratégie de gestion des déchets nucléaires, malgré la demande en ce sens formulée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

La CMM est d’avis que le projet de Chalk River, qui est le premier dépôt permanent de déchets nucléaires au pays, ne devrait pas être approuvé avant que cette stratégie ne soit adoptée, a-t-elle déclaré.

L'audience devant la CCSN se poursuit toute la semaine, jusqu'à vendredi. Elle se tient à Pembroke, en Ontario. Outre la CMM, plusieurs dizaines d'intervenants doivent prendre la parole.

Si la CCSN approuve le projet malgré tout, le mémoire de la CMM recommande à tout le moins d'obliger le promoteur à bonifier son projet, voire à considérer de confier la gestion du projet à une entité indépendante du "producteur" principal des déchets.

La section Commentaires est fermée

Les commentaires sont modérés et publiés du lundi au vendredi entre 6 h et 23 h 30 (heure de l’est).

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.