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Enseignement postsecondaire : un enjeu électoral, surtout dans le Nord ontarien

Le campus de l'Université Laurentienne.

L'Université Laurentienne a aboli plusieurs programmes en 2021, en raison de difficultés financières.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

Si la crise financière de l'Université Laurentienne a fait de l'éducation postsecondaire un enjeu électoral majeur à Sudbury et ailleurs dans le Nord de l'Ontario, ce n’est pas nécessairement le cas dans le reste dans la province.

L’enseignement collégial et universitaire se situe loin derrière la hausse du coût de la vie, la crise du logement et la santé dans les sujets qui préoccupent les électeurs, selon des experts.

David Tabachnick, professeur de sciences politiques à l’Université Nipissing, explique que l’éducation postsecondaire n’est pas historiquement parmi les enjeux les plus importants lors des élections provinciales.

Il affirme que c’est encore vrai cette année, sauf dans le Nord, malgré le sous-financement des universités ontariennes.

« On pourrait penser que cette crise, qui se manifeste d’une certaine manière dans la débâcle de la Laurentienne, aurait attiré plus l’attention. C’était certainement le cas à Sudbury. Mais je n’observe pas cette question comme un enjeu majeur à travers la province. »

— Une citation de  David Tabachnick, professeur de sciences politiques à l’Université Nipissing

La réduction de 10 % des frais de scolarité de la province en 2019 et le prolongement du gel des droits de scolarité ont amplifié les problèmes de gestion interne de la Laurentienne, selon M. Tabachnick.

Il note qu'il a vu quelques promesses à saveur politique entourant la Laurentienne, dont une récente annonce de l’achat de propriétés et de terrain pour aider l’Université à rembourser ses dettes.

Il rappelle que les gouvernements font régulièrement des annonces juste avant une élection pour aller chercher des votes.

Larry Savage, professeur en relations de travail à l’Université Brock, à St. Catharines, admet que le coût de la vie et la santé ont fait ombrage à l’éducation postsecondaire pendant la campagne électorale.

Il explique que la crise financière de la Laurentienne a poussé l'Union des associations des professeurs des universités de l'Ontario (OCUFA) à intensifier ses efforts de sensibilisation à travers la province.

Un panneau d'affichage avec le logo de l'Université Laurentienne.

L'Université Laurentienne est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis le 1er février 2021, et cette protection vient d'être prolongée jusqu'au 30 septembre 2022.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Le groupe a recensé 19 circonscriptions qui ont une université ou qui se trouvent à proximité d'un tel établissement, dont 12 étaient représentées par les progressistes-conservateurs à la dissolution du Parlement.

Les priorités de l'OCUFA sont d'augmenter les subventions de fonctionnement des universités de la province et d’abroger le projet de loi 124.

Ce projet de loi limite les augmentations de salaire des employés du secteur public à 1 % par an. Les travailleurs de la santé, comme les infirmières, ont critiqué cette loi, mais celle-ci touche également les travailleurs de l'enseignement postsecondaire comme les professeurs.

Cela est devenu particulièrement important, puisque l'inflation en Ontario est maintenant de 7 %, note M. Savage.

J'espère que les gens vont se rendre compte que, sans les universités, nous, nos civilisations, nos cultures et nos systèmes serons en grande difficulté, a déclaré pour sa part Sarah Winters, présidente de l’Association des professeurs de l’Université Nipissing.

Ce que promettent les partis

Dans le budget présenté quelques jours avant le déclenchement des élections, le Parti progressiste-conservateur a indiqué vouloir investir 42,5 millions de dollars sur deux ans pour former plus de médecins dans la province.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a promis de s'éloigner du modèle de financement des universités basé sur le rendement prôné par les progressistes-conservateurs pour plutôt assurer un financement fiable et le renouvellement du corps professoral.

Le NPD promet également d'éliminer les intérêts sur les prêts étudiants.

Le Parti libéral de l'Ontario maintiendrait le gel actuel des droits de scolarité pour les étudiants canadiens, mais il augmenterait les subventions de fonctionnement aux universités.

Le Parti vert a promis d'éliminer complètement les droits de scolarité postsecondaires, de fournir plus de financement aux universités et de payer davantage les professeurs.

Les libéraux, les verts et les néo-démocrates ont tous dit qu'ils appuieraient les plans de l'Université de Sudbury visant à obtenir son indépendance en tant qu'établissement francophone.

Les progressistes-conservateurs ont été plus discrets sur le sujet pendant la campagne, mais ils ont demandé au gouvernement fédéral de fournir des fonds à l’Université de Sudbury pour préparer une demande d'évaluation.

Avec les informations de Kate Rutherford et de Jonathan Migneault, de CBC

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